

En Italie, une personne sur dix est obèse et quatre sur dix est en surpoids. Des données en perpétuelle augmentation qui inquiètent les scientifiques. Au-delà de l'aspect médical, l'obésité représenterait un coût de 9 milliards d'euros dans la Péninsule. Et ce chiffre pourrait exploser dans les années à venir, l'OMS estimant que d'ici 15 ans, 70 % des Italiens seront en surpoids.
Le poids de l'obésité ne se mesure pas uniquement sur la balance. L'obésité et le surpoids représentent une dépense annuelle pour le système sanitaire national de 4,5 milliards d'euros, auxquels s'ajoutent 4,5 milliards d'euros d'origine non sanitaire comme la perte de productivité, l'absentéisme au travail et la mortalité précoce. Un tiers des dépenses liées à l'obésité serait même imputable au diabète.
C'est ce qu'a mis en relief l'Italian Barometer Diabetes Forum, qui s'est tenu les 2 et 3 juillet dernier. Un rendez-vous organisé par l'Université Tor Vergata de Rome et le Italian Barometer Diabetes Observatory (IBDO) sous le patronage du président de la République et en collaboration avec la présidence du Conseil des ministres ainsi que du ministère de la Santé.
10 % des Italiens obèses et 40 % en surpoids
Pour sa huitième édition, le Forum a mis l'accent sur le coût de l'obésité et du diabète dans la société à travers un rapport élaboré par un groupe d'experts qui a récolté et synthétisé de nombreuses données sur l'obésité en Italie. Autre document sur lequel s'est appuyé le Forum, la 2015 Milan Declaration auquel ont participé toutes les associations scientifiques rattachées à la Società Italiana dell'Obesità (SIO) et de la European Association for the Study of Obesity (EASO). Le but étant de sensibiliser les gouvernements et les autorités compétentes en les poussant à agir rapidement à reconnaître et à traiter l'obésité.
En Italie, "10 % de la population est obèse et 40 % en surpoids. Mais selon les prévisions de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), ce chiffre pourrait être multiplié par deux d'ici 15 ans et le surpoids pourrait concerner 70 % de la population" explique Paolo Sbraccia, président de la Società Italiana dell'Obesità. Au niveau mondial, les estimations de l'OMS portent à 58 % le diabète, 21 % les maladies cardiovasculaires et entre 8 et 42 % le risque de développer un cancer lié à l'obésité.
Même son de cloche au ministère de la Santé. Le directeur général de la prévention soutient que le surpoids et l'obésité représentent la cinquième cause de mortalité et les décès liés à l'obésité seraient de l'ordre de 2,8 millions par an dans le monde.
Le coût de l'obésité en constante augmentation
Cette montée en puissance de l'obésité se traduit par un coût social, sanitaire et économique qui pourrait devenir insoutenable dans les années à venir. Selon Antonio Nicolucci, coordinateur des données de l'IBDO, un patient atteint d'obésité sévère ou très sévère coute entre 450 et 550 euros de plus par an en comparaison avec une personne non obèse. La majeure partie de ces dépenses est à attribuer aux hospitalisations répétées.
A noter, qu'une personne en simple surpoids "ne coûterait que" 37,40 euros de plus par an. "Mais en Italie, on en dénombre 21 millions, ce qui porte le surcoût des dépenses sanitaires à plus de 780 millions d'euros par an".
Au vu de ces données, l'estimation globale pourrait donc atteindre 4,5 millions d'euros, rien qu'au niveau sanitaire. Dans sa totalité, le coût de l'obésité est estimé à 9 milliards d'euros en Italie. Et les perspectives ne laissent guère d'espoir à court terme, la population en surpoids explosant. Les scientifiques ont alors donné l'alerte et exhortent les pouvoirs publics de prendre des mesures, notamment de prévention.
Aurélien Bureau (Lepetitjournal.com de Rome) - mercredi 22 juillet 2015
Crédits photo : Corbis LD
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