Édition internationale

METEO – Rome est-elle armée contre les intempéries ?

Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

Après les intempéries qui ont frappé le sud de la France et le nord de l'Italie, les interrogations sont grandes à Rome. La cité éternelle a certes échappé aux pluies diluviennes, mais est-elle prête à affronter de telles catastrophes météorologiques ? On est en droit de se poser la question après le fiasco du 20 octobre dernier

Le sud de le France a été durement touché par les intempéries mais l'Italie n'a pas échappé à cette vague nuageuse. Les régions de Ligurie mais aussi de Toscane ont subi de plein fouet les caprices du ciel. Naples a été également touchée et des victimes sont recensées dans toutes ces villes qui ont vu tomber des mois de précipitations en l'espace de quelques heures. Entre Campanie et Ligure, le Latium a été miraculeusement épargné malgré les prévisions pessimistes de tous les spécialistes météorologiques du pays. Rome a néanmoins connu un avant-goût de ces inondations le 20 octobre 2011.

Le Tibre en crue, décembre 2008, source : italiamigliore.forumattivo.com

Au milieu de la nuit, un orage éclate et déverse des pluies torrentielles qui inondent des pans entiers de la cité éternelle. La ville est alors saturée de toute part devant des stations de métro submergées, des lacs de ville et un trafic automobile bloqué par les eaux. Certes, les pluies torrentielles sont les principales responsables de la situation mais la municipalité est ciblée par les critiques. Ainsi, des milliers de bouches d'égout obstruées par les feuilles mortes n'auraient pas fait l'objet d'un nettoyage empêchant donc l'évacuation normale des eaux. Selon Carla, étudiante à la Sapienza "C'est une honte pour une capitale comme Rome. L'argent ne manque pas notamment grâce au tourisme, mais il est si mal utilisé" déclare-t-elle.

Le précédent de 2008

Si Rome jouit d'un climat méditerranéen marqué par son ensoleillement tout au long du printemps, de l'été et même parfois de l'automne, l'hiver est lui synonyme de pluie. Chaque année, le plan de prévention des dégâts des eaux est source de crispation pour les Romains qui se préoccupent de leur sécurité. Pourtant les précipitations sont très courantes de novembre à mars. Le Tibre est visé en premier lieu puisqu'il passe en plein c?ur de la ville même si Rome n'a jamais connu d'inondations dramatiques comme celles de Florence en 1966. Du coup, la municipalité ne s'est jamais réellement inquiétée et les autorités se sont peut-être reposées sur leurs lauriers. 2008 a alors sonné comme une douloureuse piqure de rappel.

Crue du Tibre, décembre 2008

Les souvenirs du 12 décembre 2008 sont restés bien ancrés dans la mémoire des Romains. Alessandra, quadragénaire active et Romaine de toujours s'en souvient encore. "Cette année là, chacun s'est rappelé que la nature est toujours la plus forte". La pluie est tombée sur la ville sans discontinuer pendant près de deux semaines et le niveau du Tibre n'a cessé de monter. Le fleuve romain atteint même la limite critique de douze mètres au dessus de son niveau et le fort courant emporte tout avec lui, notamment de nombreux déchets qui mettent en péril les embarcations. L'image de ces bateaux encastrés dans le pont Sant' Angelo est encore dans tous les esprits. "Aux informations, on entendait parler que de cela, il s'agissait presque d'un drame pour la ville" rappelle Alessandra.

Des mesures adéquates ?

A l'époque, il avait fallu près de six mois pour rouvrir la navigation dans la ville et beaucoup plus de temps pour nettoyer le fleuve de tous les déchets amenés par les fortes pluies. La mairie avait donc dépêché une équipe d'urgence de 250 volontaires pour déblayer les ponts des morceaux de bois que le courant avait porté. En 2010, quand le niveau des eaux du Tibre a atteint près de 11 mètres, le dispositif avait fonctionné tant bien que mal sans que l'on sache s'il aurait été suffisant en cas de crues encore plus importantes.

embarcations qui s'écrasent sur le Pont Milvio

Si la ville a su retenir les leçons du passé en ce qui concerne les risques de la montée du Tibre, elle ne s'attendait absolument pas à ce qu'un orage puisse inonder la ville de la sorte. L'incident a fait réfléchir la municipalité qui craint un nouvel épisode avant la fin de l'hiver en mars prochain. La municipalité a ainsi recruté près de 4.000 volontaires qui seront déployés si les caprices de la nature s'abattent à nouveau sur la ville. Il ne s'agit là que d'une mesure préventive car pour le moment, les prévisions météorologiques annoncent peu de pluie jusqu'à la fin du mois.

Jean-Marie Cornuaille (www.lepetitjournal.com-Rome) Lundi 20 novembre 2011

 

 

A lire aussi: DELUGE - Rome paralysée par les intempéries , article LPJ de Rome du 21 octobre 2011

 

 

lepetitjournal.com rome
Publié le 21 novembre 2011, mis à jour le 5 janvier 2018
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos