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LEGISLATIVES - Daphna Poznanski-Benhamou : "C’est agir de manière créative pour étendre les droits des Français de la circonscription et améliorer leur vie quotidienne"

Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 24 mai 2017

C'est au tour de Dapha Poznanski-Benhamou, candidate indépendante aux législatives de notre circonscription, de se prêter au jeu des questions pour lepetitjournal.com. La candidate parle ici de son parcours, de ses liens avec l'Italie, et présente ses propositions pour les Français de l'étranger.

 

 

Lepetitjournal.com de Rome : Pouvez-vous nous résumer votre parcours et nous préciser quelles ont été vos motivations pour entrer en politique ? 

Daphna POZNANSKI-BENHAMOU : Je suis née à Oran que j'ai quitté enfant en 1962 pour Marseille. Dès 12 ans, je me suis portée volontaire pour m'occuper de soutien scolaire aux enfants en bas âge dans un quartier en difficulté. C'était ma première découverte de la responsabilité dans un cadre collectif. J'ai obtenu une maîtrise en droit administratif et un diplôme de relations internationales à Nice, puis une maîtrise en littérature en Israël où je me suis installée en 1979. Consultante juridique, je suis mariée, j'ai trois enfants. En 1993, pour défendre les droits des Français d'Israël, j'ai créé une association, l'ADFI. Depuis 2000, j'ai été élue Conseillère au Conseil Supérieur des Français de l'étranger, puis à l'Assemblée des Français de l'étranger pour y défendre les droits de tous les Français résidant hors de France. De sensibilité sociale, j'ai été investie par le PS en 2012 dans notre circonscription. Elue, j'ai vu mon élection annulée en février 2013 sur des détails techniques à propos de règlements publiés en mars 2012 alors que la campagne électorale avait débuté en juin 2011. J'ai démissionné du Parti Socialiste, déçue par l'action du gouvernement, et en particulier, par la mauvaise prise en compte de la situation des retraités. En 2014, j'ai été réélue à l'Assemblée des Français de l'étranger comme candidate indépendante. Je me présente aux législatives sans étiquette, comme candidate du rassemblement pour mobiliser toutes les forces positives, quelle que soit leur sensibilité politique.

LPJC : Etre députée de la 8ème circonscription, qu'est-ce que ça représente pour vous? Quels sont vos liens avec cette circonscription?

DPB : Un député fait la loi, contrôle l'action du gouvernement, porte et défend les revendications de ses électeurs au sein de l'Assemblée Nationale. Mes principales motivations pour me présenter à cette élection, c'est agir de manière créative pour étendre les droits des Français de la circonscription et améliorer leur vie quotidienne. C'est aussi vouloir travailler avec les autres députés des Français de l'étranger dans un esprit de rassemblement pour faire aboutir nos initiatives. 

Fille de la Méditerranée, ayant baigné dans les études de latin jusqu'au bac, je suis très attachée à l'Italie et en particulier, aux Français d'Italie. Députée durant 7 mois (juin 2012-février 2013) de notre circonscription,  j'ai aidé sur ma réserve parlementaire l'un des plus beaux fleurons de l'enseignement français à l'étranger, le lycée Chateaubriand à Rome. J'ai reçu à l'Assemblée Nationale 50 élèves de ce lycée. J'ai également inauguré le lycée français à Florence avec Matteo Renzi, alors maire de Florence. J'ai assuré des permanences à Rome, à Milan, à Turin et j'ai rencontré à chacun de mes déplacements les Autorités françaises, les agents consulaires et culturels, les associations. Je reviens d'ailleurs de Rome, Florence, Milan, Turin où j'ai retrouvé avec beaucoup d'émotion nos compatriotes et salué les équipes en charge de la communauté française, enseignants, parents d'élèves, intervenants culturels, entrepreneurs, associatifs. 

LPJC : Avez-vous un lien particulier avec l'Italie?

DPB : Je comprends l'italien, mon époux le parle, j'ai choisi mon suppléant en Italie, Alexandre Pieri, ingénieur à Turin, référent En Marche en Italie pour les élections présidentielles, et enfin… j'avoue avoir écrit un roman historique, “La Vipère d'Azur”, paru aux éditions Calmann-Lévy, sur la vie d'un célèbre Italien, Giangaleazzo Visconti.

LPJC : Quelles sont vos 3 priorités/propositions parmi les problématiques concernant les Français vivant à l'étranger (emploi, fiscalité, éducation, culture, représentation, administration) ? 

DPB : 1) Rétablir l'aide à l'emploi des Français résidant hors de France supprimée par le gouvernement sortant et soutenir les structures associatives d'aide à l'emploi dans notre circonscription.
2) Veiller à l'Enseignement français à l'étranger en augmentant le budget des bourses scolaires, en revisitant les critères du barème afin d'éviter toute déscolarisation des élèves français, et puis, en réaffirmant le principe du renouvellement des détachements d'enseignants de même qu'en obtenant les primo-détachements pour les ex-recrutés locaux après leur stage en France, enfin, en refusant la mobilité forcée des enseignants résidents, en faisant appliquer une meilleure prise en charge des enfants handicapés dans les établissements français à l'étranger.
3) Et j'ajouterai une autre de mes priorités, faire cesser le matraquage fiscal à l'égard des Français non-résidents, par exemple, en renégociant les conventions bilatérales de non-double imposition dans la circonscription. En janvier 2013, j'étais déjà intervenue auprès du ministre du Budget sur la situation fiscale des enseignants du lycée Jean Giono de Turin. 

LPJC : Quelles sont les mesures envisagées pour l'Italie plus particulièrement ? 

DPB : Le lycée Chateaubriand s'apprête à engager des travaux pour 10 millions d'euros dont 6 millions seront à la charge des parents d'élèves qu'il faudra soutenir dans leur effort financier sur plusieurs années. Nous devrons trouver un modèle de développement plus approprié pour l'excellent lycée Stendhal à Milan qui arrive à saturation. Je souhaite aussi agir en faveur d'une révision de la convention bilatérale franco-italienne de non-double imposition qui a très mal vieilli. Elue, je soutiendrai la nécessité de revoir et de simplifier la structure de fonctionnement des associations FLAM en prônant une fédération d'associations qui permettrait de sortir du casse-tête bureaucratique imposé aux parents et donc de réaliser des économies d'échelle. Et comme ailleurs dans notre circonscription, je m'attaquerai aux difficultés qui bloquent encore l'équivalence des diplômes.

LPJC : Quel bilan portez-vous sur l'action du député sortant? Sur quel (s) plan (s) auriez-vous agi différemment ?

DPB : La principale critique que l'on pourrait adresser au député sortant, c'est l'approche strictement communautariste de son rôle de député, ce qui l'a amené à négliger totalement de traiter les dossiers essentiels concernant les droits des Français de notre circonscription. Elue, j'entends bien demeurer à l'écoute et au service de tous nos compatriotes.

LPJC : Quelle est votre réaction à l'élection d'Emmanuel Macron ? Si vous êtes élu(e), allez-vous soutenir son travail ou être dans l'opposition ? 

DPB : Une réaction positive dans la mesure où son élection a fait barrage à l'extrême-droite. J'ai choisi d'être une candidate indépendante, de rassemblement, pour défendre au mieux nos droits sans me soumettre à des diktats. Je soutiendrai tous les projets susceptibles de redresser la France. En cohérence avec mes convictions, je resterai vigilante et je défendrai une Europe plus juste, plus sociale, plus solidaire et plus proche des besoins réels de ses citoyens.

 

La rédaction (Lepetitjournal.com de Rome) - Jeudi 25 mai 2017.

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Publié le 24 mai 2017, mis à jour le 24 mai 2017
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