Lundi 30 mars, Sergio Mattarella effectuait sa première visite officielle à Paris. Le président de la République, accueilli par François Hollande à l'Elysée, a défendu l'idée d'une Europe plus forte pour lutter contre la crise mais aussi contre le terrorisme. Après un passage à Berlin et Bruxelles, il appelle les pays fondateurs de l'Union européenne à jouer leur rôle de locomotive.
"L'Italie, la France et l'Allemagne doivent se mettre à la tête d'un nouveau mouvement qui stimule l'intégration européenne", annonçait Sergio Mattarella lundi 30 mars lors d'une conférence de presse à l'Elysée. Le président de la République italienne a rencontré son homologue français lors d'une tournée des pays fondateurs de l'Union européenne. Après Berlin et Bruxelles, le nouveau chef de l'Etat a tenu à rappeler depuis Paris leur rôle quant aux politiques communautaires, certes économiques mais aussi sécuritaires.
Sergio Mattarella est arrivé à Paris au lendemain de la débâcle du Parti Socialiste français aux élections départementales. Un sujet que François Hollande a subtilement évité lors de la conférence de presse préférant parler de croissance, de reprise et de création d'emploi. Une reprise timide en France qui montre ses limites. Après une légère baisse du nombre de chômeurs, la courbe est repartie à la hausse en février, tout comme en Italie.
L'Italie pour contrer l'axe franco-allemand ?
"Nous devons mettre en place une politique axée sur la croissance", a prôné le président italien. Européen convaincu, il a expressément demandé aux pays fondateurs de jouer leur rôle de locomotive. Mais, Sergio Mattarella a également tenu à replacer l'Italie au centre des décisions. "L'axe franco-allemand ne suffit pas au fondement de nouvelles frontières d'intégration", a-t-il lancé. Et d'ajouter : "L'Italie est fondamentale pour donner un équilibre et plus de force à la phase deux de l'Union".
Un positionnement non sans rappeler celui de Matteo Renzi qui avait prôné un rapprochement plus net entre la France et l'Italie. A écouter le président de la République, il existe un "niveau excellent de relations" entre les deux pays qui se vérifie notamment dans de nouvelles infrastructures comme la ligne de train à grande vitesse Lyon-Turin, objet principal de la dernière visite du Premier ministre à Paris le mois dernier.
Un peu plus tôt dans la journée, Sergio Mattarella s'était rendu au siège de l'Agence Spatiale Européenne (ESA), située à Paris. Il a été accueilli par l'astronaute italienne Samantha Cristoforetti, qui lui a souhaité la bienvenue depuis la station spatiale internationale, dans laquelle elle se trouve depuis novembre dernier. L'occasion pour le président de la République de souligner l'engagement italien, rappelant que Rome était le troisième financeur de l'ESA.
Plus d'Europe
Le chef de l'Etat italien a également fait l'éloge de la communauté européenne, la plaçant au centre de son discours. "La crise économique a été un test pour un nouvel équilibre", a-t-il dit concluant qu'il s'agit de "la démonstration qu'on a besoin de plus d'Europe (…) pour le futur de nos pays". Pour Mattarella, l'Europe est également la réponse à la crise en Ukraine, au chaos en Libye ou à la montée du terrorisme contre lequel "il faut un engagement commun".
Cet engagement, selon le président italien, ne se conclut pas après une marche contre l'énième attentat mais doit continuer et donner vie à "un partenariat de civilisation internationale" qui lutte "contre l'agression faite à la civilisation et à la culture". Quant aux réponses, elles ne doivent pas être uniquement militaires mais également culturelles contre une campagne de haine et de recrutement des jeunes sur internet".
Concernant la Libye, Sergio Mattarella appelle les dirigeants européens à mettre leur "égoïsme national" de côté et à soutenir une médiation de la part de l'ONU. Selon lui, le risque, si l'instabilité persiste dans le pays, est que l'Etat islamique installe "des bases proches de l'Europe". Conscient du risque d'un télescopage entre l'immigration clandestine, majoritairement depuis les côtes libyennes, et l'Etat islamique, il exhorte les pays européens à s'allier. Trois points importants sur lesquels l'Europe devra travailler : la collaboration avec les pays émigrants, la lutte contre le financement du terrorisme et une réponse européenne commune quant à l'accueil des migrants.
Aurélien Bureau (Lepetitjournal.com de Rome) - mercredi 1er avril 2015
Crédits photo : © Présidence de la République - L. Blevennec
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