

Juin. Encore une année scolaire qui se termine. Mais pour Pascal Panthène, coordonnateur délégué de la direction de l'Agence pour l'enseignement Français à l'étranger pour l'Europe du sud, c'est une page qui se tourne. Acteur majeur de l'animation des établissements français sur la zone à laquelle appartient l'Italie, la rédaction lui a posé quelques questions sur son engagement pour les jeunes qui fréquentent les écoles françaises.
Lepetitjournal.com : Depuis 2012 vous êtes CDAEFE, c'est-à-dire Coordonnateur délégué de la Direction de l'Agence pour l'Enseignement Français à l'Etranger pour l'Europe du sud. En quoi cela consiste-t-il ?

Pascal Panthène entouré d'Hélène Farnaud-Defromont, la Directrice de l'AEFE et des Chefs d'Etablissements (Proviseurs et Directeurs) de la zone Europe du Sud-Est à Sofia, en février 2014 à Sofia.
Pascal Panthène : Ma mission en tant que coordonnateur est de veiller, en liaison avec les postes diplomatiques, à l'application des directives de l'Agence et à sa mise en œuvre, au niveau local par les chefs d'établissement, les directeurs administratif et financier (DAF), les inspecteurs de l'éducation nationale (IEN) et tous les personnels de l'AEFE. En coordination avec les différents services de l'AEFE et des postes diplomatiques, je suis force de proposition, notamment en matière budgétaire, de gestion de personnel, de gouvernance, de questions immobilières et d'aide à la scolarité. Je contribue également à la mise en œuvre des mesures de déconcentration et de mutualisation des moyens, je suis l'interlocuteur des comités de gestion des établissements conventionnés et accompagne la gestion des établissements en gestion directe (EGD). Enfin, je préside le comité de pilotage de la mutualisation de la zone Europe du sud-est et siège comme expert dans celui de l'Europe ibérique.
L'AEFE est géographiquement divisée en plusieurs zones. Pouvez-vous nous présenter la zone de l'Europe du sud à laquelle appartient l'Italie ?
En Europe, les établissements sont répartis en 4 zones : la zone "Europe du Nord Ouest / Scandinavie", la zone "Europe Ibérique", la zone "Europe centrale et orientale" et la zone "Europe du Sud-Est" à laquelle appartient l'Italie et dont l'établissement-support est le lycée Chateaubriand de Rome. Elle comprend : L'Italie, la Grèce, la Turquie, la Bulgarie, la Roumanie, la Serbie, la Croatie, l'Albanie, la Slovénie, la Bosnie-Herzégovine, Chypre, Israël et Jérusalem, soit 26 établissements scolaires et près de 20.000 élèves.
L'Italie compte 5 établissements avec des statuts différents (gestion directe, conventionné ou en partenariat) : le Lycée Chateaubriand à Rome et son annexe l'Ecole Française Alexandre Dumas à Naples, l'Institut Saint-Dominique à Rome, le Lycée Stendhal à Milan, le Lycée Victor Hugo à Florence et le Lycée Giono à Turin.
Comme vous pouvez le constater, la zone montre une grande hétérogénéité et une richesse remarquable avec 13 langues, 3 religions monothéistes (le Christianisme, le Judaïsme et l'Islam) et un patrimoine historique exceptionnel.
Vous avez fait toute votre carrière dans des lycées français à l'étranger. Comment percevez-vous l'évolution de ces lycéens ?
Au delà de ma mission sur l'Europe du sud, je pilote en effet avec mon homologue pour L'Europe du Nord, Monsieur William NGUYEN, la vie lycéenne dans le réseau des établissements français en Europe: un portail de la vie lycéenne et les rencontres des vice-présidents de la vie lycéenne (les CVL). C'est un sujet qui m'a toujours intéressé, car il est une des spécificités de notre système éducatif. Faire en sorte que les lycéens puissent être en apprentissage de leur citoyenneté et les rendre toujours plus responsables est pour moi fondamental.
Environ tous les 2 ans, nous organisons les rencontres des vice-présidents de la vie lycéenne ce qui leur permet de se rencontrer, mais aussi d'être force de proposition pour le développement du réseau de l'AEFE. Il est important qu'ils se sentent acteurs de la politique menée dans leur lycée et plus largement sur l'ensemble du réseau des établissements. Nous étions justement à Milan fin mai pour l'Exposition universelle, accueillis par le lycée Stendhal. En 2008 nous nous étions réunis à Bruxelles, dans le cadre de la Présidence française de l'Union Européenne, puis à la Haye et Berlin en 2013 dans le cadre des manifestations du 50ème anniversaire du Traité de l'Elysée.
C'est aussi sur leur impulsion qu'est née la plateforme web Vila. Dernièrement, ils ont été à l'initiative de la mobilité lycéenne au sein du réseau sur la base d'échanges pour une durée d'un trimestre dans un autre lycée du réseau. Ces échanges ne sont pas à vocation purement linguistique; ils doivent leur permettre de s'ouvrir sur le monde.
Ça fait 40 ans que je fais ce métier et les élèves m'éblouissent toujours !

Le réseau des lycées français à l'étranger est victime de son succès. Par ailleurs les Français qui vivent à l'étranger ne peuvent pas toujours assurer une scolarité à leurs enfants pour des questions de budget. Qu'en pensez-vous ?
En effet, en moyenne sur l'ensemble du réseau, les élèves français représentent 1/3 des enfants scolarisés et les élèves étrangers 2/3.
La scolarisation des enfants français est une priorité, mais nous ne devons pas négliger l'impact sur la politique d'influence de la France de la scolarisation d'élèves du pays-hôte. Nous devons veiller que ces élèves aussi soient attirés par l'enseignement supérieur en France. A ce sujet, les délégués lycéens ont proposé de développer sur la base d'initiative des chefs d'établissements la possibilité à des élèves étrangers scolarisés dans le réseau de passer un trimestre en France afin d'y avoir une première expérience.
Pour développer l'offre de scolarisation en français, l'AEFE accompagne aussi des établissements locaux proposant un enseignement bilingue en leur octroyant le label "FrancEducation".
Dans le cadre de vos fonctions, vous suivez les programmes FLAM. A Turin et à Rome des associations existent depuis plusieurs années. A Milan, une association vient de se créer et devrait commencer ses activités en septembre. Avec l'évolution de la typologie des profils des expatriés et de plus en plus d'enfants biculturels, pensez-vous que ce dispositif est voué à se développer en Italie ?
L'AEFE suit les programmes FLAM. C'est un outil que nous souhaitons développer pour des communautés françaises plus isolées. Le Ministre des Affaires Étrangères et celui de l'Éducation nationale ont demandé un rapport sur l'avenir de l'enseignement français en Europe à Monsieur François Perret, Doyen honoraire de l'inspection générale, qui a également été directeur du Centre International d'Études Pédagogiques (CIEP). Dans le cadre de cette mission, il a visité un certain nombre d'établissements. Il était en Italie en avril dernier. Il devrait remettre son rapport fin juillet. Attendons !
L'AEFE vient de fêter ses 25 ans. Quelles sont les grandes orientations de l'AEFE en 2015 ?
Le nouveau plan d'orientation stratégique pour les trois prochaines années a été validé par le ministère des Affaires Étrangères. Ses principaux axes sont les suivants : conserver et maintenir l'excellence; gérer l'entrée dans le numérique; diversifier notre offre en français et à la française.
Un message ?
Merci aux parents qui nous font confiance ! Vos enfants ont beaucoup de chance car ils bénéficient d'une éducation d'une qualité reconnue, porteuse de valeurs humanistes.
Propos recueillis par Sophie Her (Lepetitjournal.com de Rome) - mercredi 24 juin 2015
Crédits photo : AEFE
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