

Du 22 au 27 septembre, l'Assemblée des Français de l'Etranger se réunit à Paris pour évoquer les grands dossiers qui préoccupent les citoyens établis hors de France. Dominique Depriester, Conseiller de l'AFE, y sera présent. Il revient sur les grands dossiers de cette rentrée.
Le Petit Journal : En juillet a été adopté au congrès à Versailles le projet de loi de modernisation des institutions de la Vème République. Il a pour conséquence notamment de permettre la représentation des français établis hors de France par des députés. Etes-vous satisfait ?
Dominique Depriester : Je me réjouis bien sûr de voir adoptée une réforme portée par la gauche depuis des années. A présent, les deux millions de Français de l'étranger sont traités sur un pied d'égalité avec ceux de la métropole et leurs intérêts seront défendus dans les deux chambres. Je regrette cependant que cette réforme constitutionnelle n'ait pas été l'occasion d'une réforme plus en profondeur de nos institutions, par exemple celle du mode d'élection des sénateurs.
Dominique Depriester est Conseiller de l'Assemblée des Français de l'Etranger depuis 2 ans. (photo S.F.)
Depuis l'année dernière, la gratuité des frais de scolarité s'instaure peu à peu pour les élèves au niveau du lycée. En 2007, vous aviez évoqué votre travail pour augmenter le budget des bourses afin de les répartir sur tous les niveaux scolaires. A-t-on avancé sur ce point ?
Non, le budget des bourses augmente moins vite que les frais de scolarité. Je suis persuadé que la mesure de gratuité pour les élèves français de lycée est une mesure injuste. Elle ne touche que quelques dizaines d'élèves à Rome alors que plusieurs centaines de familles voient les frais de scolarité augmenter très sensiblement dans le même temps. Le budget consacré à cette mesure aurait permis de doubler le nombre d'élèves boursiers, à tous les niveaux de la scolarité. On aurait ainsi pu faire bénéficier de l'enseignement français des enfants français qui en sont, jusqu'ici, injustement écartés pour l'unique raison du coût trop élevé de la scolarité.
Où en est-on du projet de création d'une collectivité territoriale d'outre frontière ? Quel serait son intérêt ?
Pas d'avancée pour l'instant mais la création de députés des Français de l'étranger devrait être l'occasion de repenser la totalité de la représentation politique des Français à l'étranger. Le principal intérêt d'une telle collectivité territoriale réside dans la décentralisation des décisions relatives à nos compatriotes qui permettrait une progression de l'efficacité de l'action publique à leur profit.
A la rentrée 2007, vous craigniez une baisse de l'allocation allouée au consulat pour l'aide sociale. Vos craintes ont-elle été confirmées ?
Cette année ne s'annonce pas mieux : on parle d'une réduction de 17 à 11 millions d'euros de l'aide sociale versée à nos concitoyens de l'étranger.
A Rome, le budget réservé aux « secours occasionnels », c'est-à-dire aux aides à des Français qui seraient en situation de détresse ponctuelle, est devenu insuffisant malgré l'implication des associations caritatives qui doivent régulièrement intervenir pour secourir nos concitoyens. Qu'elles en soient remerciées, mais n'oublions pas que la solidarité nationale doit demeurer une priorité.
Le Comité pour l'emploi a été supprimé en 2007 au consulat. Avez-vous envisagé de mettre en place une structure relais à Rome pour aider les personnes en recherche ?
Un groupe de travail, unissant les différentes associations françaises de Rome, Madame le Consul et les conseillers à l'AFE, s'est mis en place pour épauler les personnes en recherche d'emploi. La solution pourrait également consister dans une meilleure prise en compte des chercheurs d'emploi français du Latium de la part du service emploi de la chambre de commerce de Milan qui a aujourd'hui à sa charge l'ensemble de la péninsule.
Propos recueillis par Sara Fredaigue (www.lepetitjournal.com - Rome) jeudi 25 septembre 2008
Pour aller plus loin :
RENCONTRE - Dominique Depriester, un conseiller engagé
COMMUNAUTE - Raymond Petri-Guasco, Conseiller de l'Assemblée des Français de l'Etranger
Election AFE - Liste ADFE : "Il faut renforcer le service public à l'étranger"



































