LECTURE - Notre séléction de livres pour l'été

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 27/07/2016 à 09:15 | Mis à jour le 27/07/2016 à 09:59

 

Les vacances approchent et, avec elles, la perspective de quelques heures de détente, allongé dans un hamac, bercé par le doux bruit des cigales. Et pour vous accompagner dans vos heures de farniente, à la plage ou dans le métro déserté par les aoûtiens pour ceux qui ne partent pas, rien de tel qu'un bon livre. La librairie française a donc préparé spécialement pour vous, lecteur de Lepetitjournal.com, une sélection de 4 ouvrages pour un été littéraire où chacun trouvera son bonheur.

 La librairie française de Rome, Piazza San Luigi dei Francesi

 

ROME MISES EN SCENES de Edouard Dor, Espaces et Signes  

Parce qu'il y a des jours où l'on ne supporte plus Rome, les longues attentes des bus qui arrivent cahotant et déjà pleins, les hordes de touristes qui flânent dans les rues et bloquent le passage, la lenteur administrative et les répliques tantôt drôles tantôt agaçantes des Romains.

Parce qu'il y a des fois où l'on en a marre de faire pour la énième fois, avec des amis qui viennent nous rendre visite, le grand tour touristique Colosseo - Panteon ? San Pietro.

Parce que Rome a mille facettes qui vaillent la peine d'être découvertes et redécouvertes sous un jour nouveau. Pour toutes ces raisons et pour nous aider à nous réconcilier avec l'Urbs dans ces moments d'exaspération, quoi de mieux que de quitter les sentiers battus pour se laisser guider par Antonionni, De Sica, Moretti... Et pourquoi ne pas transformer une simple promenade en jeu de piste ?

Partir sur les traces de Fellini jeune provinciale et suivre ses pérégrinations de Termini à San Lorenzo ; louer un Vespa pour faire le tour des banlieues romaines ou encore partir à l'exploration de Casal Bertone au Tuscolano en compagnie de Mamma Roma.

Comme toute expatriée, j'ai chez moi une panoplie de guide de Rome en tout genre, mais ce petit livre qui retrace les moments forts de plus de quarante films donne l'occasion de revoir nos classiques et de poser un nouveau regard sur la ville tout en s'amusant.

Une idée alternative pour tous ceux qui passent un été romain.

 

J'ENQUETE de Joel Egloff, Buchet et Chastel

Ne vous laissez pas duper par son titre, « J'enquête » n'est pas un polar... bien au contraire.

Tout commence le soir de Noël, dans une tranquille ville de province. Ou du moins ce qui « était » une tranquille petite ville de province, rétorque le sacristain. Car un drame vient de secouer tous ses habitants : le Petit Jésus de la crèche sur la place de l'Église a été ''enlevé'' !

Heureusement, le narrateur, un ancien gardien de square reconverti depuis peu en détective privé, répond à l'appel désemparé du Père et de son sacristain et s'installe à l'hôtel du village pour enquêter sur ce ''mystérieux mystère''.

Ici, tout est banal et gris, les jours défilent gentiment, les uns après les autres, au rythme des deux trois notes insignifiantes que l'enquêteur improvisé gribouille sur son carnet. Le décor est toujours le même. Les situations souvent absurdes. Les personnages ne changent pas. Les dialogues sont presque laconiques. Le texte est, comme son titre, simple et direct. Mais le résultat est... irrésistible !

Egloff réussit un formidable tour de passe en écrivant un roman qui ne parle pratiquement de rien mais qui nous tient en haleine jusqu'à la fin.

 Et, dixit l'enquêteur, « Si cela vous intéresse la prochaine fois ; je vous raconterai comment j'ai retrouvé la vieille tortue du jardin botanique de Chanville, disparue pendant plus d'un mois, c'est assez cocasse, vous verrez. » 

Sourire assuré.

 

UNE COLERE NOIRE de Ta-Nehisi Coates

Quels plus justes mots pour présenter ce livre que ceux de Toni Morrison (dont au passage, je conseille vivement ''Home'' paru en 2013), il s'agit là d'une '' lecture indispensable''

Ta-Nahesi Coates, journaliste afro-américain, offre à son fils adolescent le récit de son cheminement intellectuel et de son combat dans une société illusoire et hypocrite où le corps noir n'a pas sa place.

Coates évoque son enfance dans les année 80-90 à Baltimore, sa confrontation avec la violence et sa quête de sens qui a petit à petit construit sa réflexion qu'il souhaite partager et transmettre à son fils.

« Peut-être ? » écrit-il - «  y avait-il eu d'autres corps moqués, terrorisés, rendus vulnérables (?) Peut-être qu'être appelé « noir » n'avait rien à voir avec tout ça ; peut-être qu'appeler quelqu'un « noir », c'était juste une façon de donner un nom à celui qui était en  bas de l'échelle, un être humain devenu objet, à un objet devenu paria. »

L'auteur décrit avec lucidité la société américaine, utilisant le « Rêve américain » comme des ?illères. Car, explique Coates, oublier que sécurité et abondance ne sont synonymes de liberté et d'égalité, c'est prendre le risque de prendre une balle ou de perdre son identité.

 

Coates ne lance pas un message d'espoir ni un appel à la violence mais une incitation à la prise de conscience, à la vigilance. A lire et à faire lire aussi aux adolescents.

 

LE RESTE DE LEUR VIE de Jean-Paul Didierlaurent ; Au diable vauvert

Encore toute empreinte de la belle découverte du « Liseur du 6h27 », qui soit dit en passant a dernièrement conquis le public italien, je n'ai pas résisté à la vue du petit dernier de Didierlaurent « Le reste de leur vie ». Didierlaurent est resté fidèle à lui-même et relève le défi du deuxième roman en basant son livre sur un sujet qui ferait pourtant fuir plus d'un lecteur : la vieillesse et la mort.

Le choix de personnages est limpide : d'un côté il y a Manelle, une jeune assistante à domicile très attachée à Samuel, un octogénaire bienveillant ; de l'autre Ambroise, une jeune thanatopracteur qui vit avec sa grand-mère bien aimée, Elisabeth, diabétique spécialisée en pâtisseries bretonnes.

L'une soigne les vivants, l'autre soigne les morts tandis que leur propre vie tourne autour de leur métier.

Une fois les personnages présentés, ils ne restent plus qu'à les mettre en action et à les faire se croiser au cours d'un road movie en corbillard à travers la France, direction la Suisse, où la « Délivrance » attend Samuel.

Évidemment, on devine facilement le dénouement de la rencontre entre Manelle et Ambroise mais, c'est l'été et l'écriture fraiche de Didierlaurent nous enchante, alors on lui pardonne aisément une trame amoureuse convenue.

Et cela n'en ôte pas moins tout le charme du livre qui sait parler avec délicatesse et réalisme d'un grand tabou de notre société  :

« L'homme de science se tortilla sur son fauteuil, Ces deux-là lui foutaient en l'ai son plan de dialogue avec leurs questions à brule-pourpoint, Ils grillaient les étapes ; sautaient les séquences protocolaire, Bien sûr que non ; qu'elle n'était pas opérable, cette saleté, mais il fallait annoncer tout ça dans les règles, emballer la sentence au milieu de belles expressions toutes prêtes, pommader le moral du patient d'une bonne couche anesthésiant avant de lui expliquer qu'il était  foutu, définitivement foutu. » 

Bonne lecture à tous ! 

Sélection réalisée par Delphine de La librairie française de Rome

Libraire française de Rome
Piazza San Luigi dei Francesi 23
00186 Rome
Italie

+39 06 68307

Manon Botticelli  (Lepetitjournal.com de Rome) - Jeudi 28 juillet 2016

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Marie Astrid Roy

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