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L’Italie coupée en deux : on vit 4 ans de plus à Florence qu’à Naples

Par Lepetitjournal Milan | Publié le 20/02/2018 à 21:43 | Mis à jour le 20/02/2018 à 21:49
Santé italie

Si l’on connaît déjà bien le fossé qui sépare le Nord du Sud de l’Italie, un rapport de l’Observatoire de la Santé révèle que cela a un fort impact sur l’espérance de vie des Italiens.

Si l’on connaît déjà bien le fossé économique qui sépare le Nord du Sud de l’Italie, un rapport de l’Observatoire de la Santé sur les régions italiennes, révèle que cet écart a un fort impact sur l’espérance de vie des Italiens. Et ceux qui font les frais de cette Italie à deux vitesses, sont principalement les Italiens Sud. A Naples, en 2017, la longévité est de 2 ans inférieure (80,6) à la moyenne nationale et de près de 4 ans inférieure à celle de Florence (84). Outre la ville de Toscane, les villes où l’on vit le plus longtemps sont Monza et Trévise avec un peu plus d’un an d’avantage sur un italien moyen.
En effet, malgré un service de santé national, en Italie, on vit plus longtemps selon son lieu de résidence et son niveau d’instruction.

Double facteur : niveau d’instruction et région

En Italie, les plus instruits vivent plus longtemps alors que ceux qui ont une santé plus faible n’ont pas atteint un bac+3. Le niveau économique engendré par le niveau d’études aurait en effet une incidence sur l’accès aux soins : un tiers de ceux qui possèdent un niveau licence renoncent à des soins pour raisons économiques, contre deux tiers pour ceux n’ayant aucun diplôme, précise le rapport. Aussi, un citoyen peut espérer vivre 77 ans si son niveau d’instruction est bas, contre 82 ans s’il possède au moins un diplôme universitaire. Et chez les femmes, la différence est mineure mais reste significative : 83 ans pour les moins instruites contre 86 ans pour les diplômées.

« Echec des politiques »

« Le service national de santé nait aussi avec l’objectif de dépasser les déséquilibres territoriaux dans ses conditions socio-sanitaires du pays. Mais les chiffres témoignent de l’échec des politiques », dénonce le directeur scientifique de l’Observatoire. Ces déséquilibres dans l’accès aux soins pénalisent la population de niveau social plus bas avec un impact significatif sur la capacité à prévenir et diagnostiquer rapidement les pathologies. En clair, le service national de santé assure la longévité des italiens mais pas l’équité sociale et territoriale.
Reste que le système universel de santé italien incarne l’un des meilleurs d’Europe selon le rapport qui compare la Péninsule à certains pays de l’Union européenne. Il se veut notamment bien plus efficace que les systèmes de type mutualiste dans lesquels la part de personnes qui se trouvent en mauvaises conditions de santé est de presque 15 points plus élevée que ceux ayant un titre d’étude plus bas. L’Italie est le pays qui a le niveau d’écart mineur, après la Suède, avec 6,6 points de différence entre les plus et les moins instruits.

 

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