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JERÔME GAUTHERET - « En Italie, la vie quotidienne est une série d’arrangements »

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 21/03/2017 à 23:00 | Mis à jour le 27/03/2017 à 08:39
Photo : Jérôme Gautheret, correspondant permanent du journal Le Monde
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Jérôme Gautheret, correspondant permanent du journal Le Monde à Rome depuis octobre 2016, nous livre sa vision de l'Italie à travers son quotidien de journaliste. Rencontre avec l'expatrié romain à l'occasion d'une conférence organisée par Milan Accueil, sur la vie politique italienne.

 

Lepetitjournal.com/Milan : Être correspondant en Italie, quelle différence ?

Jérôme Gautheret : C'est un poste très demandé, plutôt de fin de carrière. On s'imagine bien finir comme journaliste en Italie. J'ai eu la chance de l'avoir car je m'intéresse à beaucoup de choses. L'avantage de l'Italie pour un correspondant, c'est que ça ne se limite pas à du journalisme politique, le portefeuille est beaucoup plus vaste : culture, gastronomie?

Lepetitjournal.com/Milan : Au quotidien, en quoi consiste votre travail, sachant que l'Italie fait rarement la Une des journaux français ?

Jérôme Gautheret : J'écris deux à trois articles par semaine quand même. Le Monde boucle en fin de matinée, donc j'écris mes articles de 5h30 à 8h30. Le reste du temps je lis et j'ai mes rendez-vous. Je pars en reportage le plus possible aussi. Rome est une ville très séduisante, il s'y passe beaucoup de choses mais Rome n'est pas l'Italie. Il faut partir de Rome !

Lepetitjournal.com/Milan : De Rome justement, comment voit-on l'Italie ?

Jérôme Gautheret : La première chose qui m'a frappé, c'est le faste, le luxe, le décorum lié au pouvoir. Cela créé une distance avec les personnes physiques... Le pouvoir créé l'éloignement. En effet, tout est démultiplié. Le palais du Quirinal qui est absolument grandiose par exemple, était la résidence des papes, puis des rois et aujourd'hui des présidents de la République, dont la fonction est pratiquement purement représentative par ailleurs. En France, on a fait la Révolution, les présidents ne résident pas à Versailles !
On se rend compte du poids de l'Eglise aussi. Surtout à Rome. Ici, à Milan, j'étais surpris de ne pas croiser une seule soutane ce matin ! Cela se ressent en politique. Il y a quelques jours par exemple, après le suicide assisté en Suisse de DJ Fabo, les bancs de l'Assemblée étaient vides lors d'une discussion de la loi sur la fin de vie. On se doute clairement que l'Eglise est derrière. Il ne faut pas toucher à la loi. Mais l'Eglise est aussi un facteur de fluidité, de stabilité très forte dans le pays. C'est aussi pour cela que ça n'explose pas.

Lepetitjournal.com/Milan : En tant que journaliste, quel est votre regard sur la presse italienne ?

Jérôme Gautheret : Elle est foisonnante ! Les journaux vont mal, ils ne sont pas tous très bons, mais il y en a plein.
Les journaux sont épais aussi.  Le bémol : il s'agit d'une presse bavarde, approximative, pas précise au sens où nous, nous l'entendons. Par exemple, les citations sont souvent anonymes?

Pour eux, le journalisme c'est surtout de l'écriture je crois. Parfois, on est même aux limites de la fiction !

Lepetitjournal.com/Milan : Ce qui vous agace le plus en Italie ?

Jérôme Gautheret : La bureaucratie, elle ne fonctionne pas du tout et ils adorent ça ! Les transports aussi. Avoir une enfant à Rome, c'est l'enfer. Milan, c'est super, j'ai passé ma matinée dans le métro ce matin et ça marche ! A Rome, la vie est sublime mais tellement chaotique?

Ce qui vous réjouit le plus ?

Jérôme Gautheret : La ville de Rome. Elle est extraordinaire.  La semaine dernière encore, j'ai eu l'occasion de monter sur le toit du Panthéon. J'ai admiré le panorama?et là, il n'y a plus rien à dire. Au final, en Italie, si les débuts ne sont pas toujours faciles, la vie devient ensuite super. La vie quotidienne est en fait une série d'arrangements avec tout son environnement. Et les Italiens sont vraiment très sympas !

 

Marie-Astrid Roy - (www.lepetitjournal.com de Milan) - Mercredi 22 mars 2017

 

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