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ESABAC – Un double diplôme franco-italien en plein essor

Par Marie-Astrid Roy | Publié le 06/06/2017 à 22:13 | Mis à jour le 26/02/2018 à 09:27
Cartographie_Esabac

Alors que la fin de l'année scolaire approche, les élèves de quinta (dernière année de lycée), s'apprêtent à passer l'examen final. Parmi eux, des centaines d'étudiants sont en train de se préparer au double-diplôme : italien (esame di stato) et français (baccalauréat). Un sésame pour étudier en Italie, en France ou même à l'étranger.


L'EsaBac, le diplôme permettant d'obtenir à la fois l'Esame di Stato italien et le Baccalauréat français attire de plus en plus d'élèves. Fort de son succès, les lycées offrant cette filière augmentent chaque année. Ils étaient 50 en 2013, 123 en 2014 et déjà 350 en 2017, 7 ans après sa création. Il concerne près de 6.000 élèves en Italie, aussi bien des filières classiques, linguistiques, scientifiques que techniques. C'est dans la Péninsule que le double diplôme connaît le plus de succès. En France, seuls 52 lycées EsaBac existent en 2017.
« Dans un pays où le tout anglais prédomine, de la maternelle à la terminale, l'EsaBac est une manière pour les familles de conserver une seconde langue », explique Claudie Pion, attachée de coopération pour le français dans le Nord de l'Italie.
Et leur nombre devrait encore augmenter grâce à la création prochaine de l'EsaBac dans la filière touristique. « C'est très important puisque l'Italie est le premier partenaire touristique de la France », précise Madame Pion.

 

Sésame

Le double diplôme représente un sésame, une porte grande ouverte pour un avenir professionnel franco-italien. Et pour cause, l'accès à l'enseignement supérieur se voit facilité dans les deux pays. Les élèves EsaBac italiens sont considérés sans distinction comme des élèves de l'Académie de Nice. Ils peuvent ainsi prétendre à entrer dans les universités françaises, écoles prépa ou BTS concernés par la filière technique effectuée.
L'EsaBac se dévoile également être un sésame pour les universités étrangères.  « Le diplôme est très bien vu et pas seulement en France et en Italie. A Londres par exemple, il n'est pas rare que des élèves EsaBac intègrent d'excellentes universités », continue Claudie Pion.

Métissage des cultures

S'il favorise la mobilité, l'EsaBac permet aussi de stimuler la créativité. « Il s'agit bien d'un parcours bilingue intégré et non de l'enseignement du français en plus du reste », précise l'attachée de coopération pour le français. Le parcours de 6 heures supplémentaires par semaine est en général programmé sur trois ans, à partir du triennio. On enseigne la littérature (4 heures par semaine) et l'histoire en français (2 heures par semaine), parfois les mathématiques et les sciences selon les écoles.
Les programmes font ainsi l'objet d'un vrai projet de coopération éducative grâce à un métissage des cultures. Les lecteurs doivent par exemple devenir capables de mettre en relation les littératures des deux pays : Pétraque et Ronsard ou encore Goldoni et Molière.

Outre le programme, on y apprend aussi une double méthode de travail. Et pour cause, « les méthodes d'enseignement, la manière de penser et de s'organiser sont très différentes entre la France et l'Italie », explique Madame Pion. Dans le Belpaese, la méthode est chronologique, on apprend l'histoire et la littérature de façon temporelle et il faut tout apprendre par c?ur. Dans l'Hexagone, l'approche se fait par thématique, on apprend davantage à raisonner, à synthétiser.

 

Scuola-lavoro en français

Dans le cadre de l'alternance scuola-lavoro qui oblige les élèves de lycées à effectuer 200 heures de formation dans une entreprise, les institutions françaises (Ambassade de France et Institut français) ont signé un protocole avec les institutions italiennes afin de permettre aux élèves EsaBac d'effectuer leur stage dans les nombreuses filiales françaises situées en Italie. Plus de 50 entreprises françaises en Lombardie ont répondu présent afin de permettre à ces élèves de se rapprocher un peu plus de la France. Parmi elles, Boiron, Edison, Décathlon, Hermès, Alstom ou encore Leroy Merlin.

La pratique de langue est associée à la découverte de nouvelles expériences. Comme pour Irene Banfi, élève de 16 ans au lycée Legnani à Saronno, qui après 18 heures de formation au Palazzo Reale à Milan, conduit elle-même des visites guidées de l'exposition Manet dans un français presque parfait. Après avoir commenté une trentaine de tableaux avec une grande aisance, l'étudiante avoue : « Au début j'ai été un peu obligée de suivre cette voie lorsque mon lycée a créé la filière EsaBac à la rentrée dernière. Mais aujourd'hui je ne regrette pas, c'est une vraie opportunité en plus, à commencer par ce que je fais aujourd'hui avec l'exposition Manet ».
 


Marie-Astrid Roy - (www.lepetitjournal.com/Milan) - Mercredi 7 juin 2017

Informations pratiques :

La procédure d'admission dépend de chaque lycée (test, dossier). En général, l'entrée se fait au triennio, parfois au biennio, avec comme condition un niveau de langue B1. Certains lycées peuvent établir des conditions supplémentaires.
Trouver la liste des lycées Esabac mise à jour : ici

A Milan, cinq lycées proposent la filière Esabac à ce jour : Da Vinci, Setti Carraro-Dalla Chiesa, Galvani, Frisi et Marconi

Photo : Irene Banfi (16 ans), élève EsaBacde 16 ans au Lycée Legnani à Saronno, guide en français au Palazzo Reale

1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

dominique sam 10/02/2018 - 15:32

interview etudiante Banfi : vous lui faites dire qu'elle a suivi sa voix...or il s'agit de sa VOIE (difference entre voce e via)

Répondre

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