Mercredi 2 décembre 2020

Homotransphobie : un projet de loi divise l’Italie depuis 20 ans

Par Chloris Ploegaerts | Publié le 19/10/2020 à 23:15 | Mis à jour le 19/10/2020 à 23:15
parlement italien

A l’approche de la reprise des débats parlementaires sur la loi contre l’homotransphobie le 22 octobre, soutiens et opposants au texte sont descendus dans la rue samedi 17 octobre dans plusieurs grandes villes italiennes. Décryptage d’une mesure controversée depuis plus de vingt ans.  

Un nouvel épisode du feuilleton législatif contre l’homotransphobie en Italie s’ouvre le 22 octobre prochain. Le projet de loi Zan, du nom de son rapporteur du Parti démocrate Alessandro Zan, sera de nouveau examiné par les députés italiens après de multiples reports.
De quoi raviver les divisions entre partisans et détracteurs du texte, qui se sont donné rendez-vous le week-end dernier. Les mouvements catholiques d’extrême droite ont manifesté à Rome, pendant qu’une mobilisation en faveur de la loi a été organisée à Milan et dans une cinquantaine d’autres villes.

A l’origine de ces divisions : une lacune juridique que la loi Zan cherche à combler. Car contrairement à d’autres pays européens, le code pénal italien ne prévoit pas de sanctions spécifiques contre les violences homophobes. La question est pourtant débattue depuis 1996, avec la première tentative de réforme initiée par le député communiste Nichi Ventola. Dès lors, l’idée était d’élargir la loi Mancino de 1993 punissant les discriminations racistes et religieuses, pour y intégrer l’orientation sexuelle.

Vers de nouvelles sanctions contre l’homophobie

Le projet de loi actuel poursuit ce même objectif en ajoutant les notions de sexe, comprenant ainsi les comportements misogynes et d’identité de genre. Il prévoit notamment six mois à quatre ans de réclusion en cas d’incitation à la haine envers les personnes LGBT. Il est également question d’instituer une journée nationale de lutte contre l’homophobie le 17 mai, en référence à la date où l’homosexualité a cessé d’être considérée comme une maladie mentale par l’OMS en 1990. Le texte inclut par ailleurs le financement de programmes de sensibilisation et de protection des victimes et la production de statistiques nationales sur les délits homophobes.

Avant le retour de la loi au parlement, un tragique fait divers avait déjà ravivé la polémique à la rentrée. Le 11 septembre 2020, Maria Paola Gaglione, une jeune femme de 22 ans originaire de Caiavano, près de Naples, décédait après avoir été percutée en scooter par son frère. Ce dernier, incarcéré pour homicide volontaire, lui reprochait sa relation avec un compagnon transgenre. Son histoire avait remis en doute la fermeté de l’arsenal législatif en matière de transphobie.  

 

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