À l’occasion des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Milan-Cortina 2026, la ministre des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative, Marina Ferrari, s’est rendu en Italie du 5 au 8 février pour accompagner la délégation française, représenter la France aux côtés des athlètes et inscrire ce déplacement dans la préparation stratégique des JOP d’hiver Alpes françaises 20230. Lepetitjournal.com l’a rencontrée au Chalet France, à l’Institut français Milano. Interview.


Les Jeux Olympiques et Paralympiques de Milan-Cortina inaugurent un modèle éclaté sur plusieurs sites. Représentent-ils un exemple à suivre pour Alpes françaises 2030 ?
Sans aucun doute. Présente du 5 au 9 février sur la plupart des sites olympiques, puis de nouveau à la fin du mois, mon programme prévoit des rencontres politiques, diplomatiques, économiques et sportives. C’est un déplacement d’inspiration. L’expérience italienne va nous servir, le savoir-faire italien est extrêmement enrichissant.
A mon arrivée à Milan jeudi, j’ai pu visiter le village olympique, non seulement pour rencontrer des athlètes français, mais aussi car le village d’Alpes 2030, qui sera réalisé à Nice, ambitionne lui aussi d’être reconverti en logements étudiants. Le village olympique milanais deviendra le plus grand parc de logements étudiants en Italie, il est donc important de visiter comment les infrastructures ont été construites et pensées.
Par ailleurs, nos territoires sont assez proches : les Alpes italiennes comme les Alpes françaises sont peuplées de villages qui vivent toute l’année. Il est donc intéressant de voir comment les Jeux viennent s’imbriquer dans cette configuration, comment ces villages et les populations s’approprient l’événement. Etant savoyarde, j’ai vécu l’expérience de 1992 à Albertville, mais les Jeux Olympiques de l’époque n’avaient pas l’ampleur de ceux d’aujourd’hui.

La loi olympique a été définitivement adoptée jeudi, après quelques mois de retard sur le calendrier. C’est une étape cruciale, vous avez exprimé votre satisfaction. Quelles sont désormais les grandes échéances et priorités ?
La prochaine étape va être de promulguer cette loi, d’ici un mois j’espère, ce qui va nous permettre de lancer certains chantiers grâce à une simplification des permis de construire.
La carte des sites de compétition devrait aussi être définie d’ici le printemps prochain. Je rappelle que notre ambition est d’avoir les Jeux les plus sobres en termes environnemental et budgétaire. Aussi, nous souhaitons nous donner le plus de temps possible car s’agissant de Jeux éclatés, chaque site fait l’objet d’une expertise particulière.
Le budget du COJOP (Comité d'Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques) et de la Solidéo (Société de livraison des ouvrages olympiques) ont été votés, nous rentrons désormais dans le détail de chaque équipement. Je préfère que l’on soit prudent au démarrage pour éviter les mauvaises surprises ensuite, plutôt que l’inverse.
La patinoire de Turin est-elle encore une option pour accueillir les épreuves de patinage de vitesse ?
En raison de l'absence d'infrastructure "longue piste" adaptée dans les Alpes françaises, l'Oval Lingotto de Turin reste sérieusement envisagé. Ce site, déjà utilisé pour les Jeux Olympiques de Turin 2006, est en concurrence avec Thialf aux Pays-Bas.
Le fait que la France prenne le relais de l’Italie, pays ami et partenaire européen, pour l’organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques d’hiver, a-t-il une symbolique particulièrement pour vous ?
Cet événement envoie un message fort sur les liens qui unissent nos deux pays. L’Italie et la France sont les due sorelle (les deux sœurs), et a fortiori pour moi [Marina Ferrrari est italienne par son père, ndr]. Au-delà de mes origines familiales, je viens de la Savoie, région frontalière qui entretient des échanges très importants avec l’Italie : de mobilité avec le Lyon-Turin, d’échanges universitaires aussi, l’université de Savoie Mont Blanc étant une université européenne, Unita, dont le chef de file est l’université de Turin.
Si la France et l’Italie jouissent déjà d’une grande proximité culturelle, économique, politique, il est important que l’on continue à tisser ces liens entre nos deux pays, et plus que jamais dans le contexte international que l’on vit aujourd’hui. Le couple franco-italien est l’un des piliers de la construction européenne, il ne faut pas l’oublier.
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