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EMPLOI – Le monde du travail italien pas si chaotique …

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 4 décembre 2008

Entre une apparence de "chaos"et plusieurs entreprises à la pointe, le marché du travail italien présente des situations très diverses? L'un des "chasseurs de tête"italiens les plus connus, Gianni Dell'Orto, a expliqué la spécificité italienne et donné quelques conseils à l'occasion d'une conférence organisée par l'association Milan Accueil

Gianni Dell'Orto (Photo Neusearch)

"L'Italie c'est le chaos". Avec un sourire, c'est par ces mots que Gianni Dell'Orto a commencé sa conférence, signifiant aux Français travaillant en Italie qu'il a bien compris leur sentiment. Mais ça n'est pas qu'une impression. Selon lui, c'est la réalité ! "Logique", explique-t-il, car le pays n'a pas eu pendant longtemps d'Etat centralisé. A la place, l'administration était divisée entre régions indépendantes, différentes mafias locales (Camorra napolitaine, Ndrangheta, Mafia sicilienne), et le Vatican. Et ensuite, même avec un Etat unique, le pays n'a pas été mieux géré, précise Gianni Dell'Orto, en raison notamment de la brièveté des gouvernements. Or, jusqu'aux années 90, l'Etat détenait au moins 50 % des entreprises. Selon lui, le marché italien était donc à l'image du pays : "chaotique, pas très performant...". C'est pourquoi "hormis Fiat, il n'y a pas de grosses industries en Italie, tandis qu'en Hollande, pays grand comme la seule Lombardie, il y en a des dizaines (Unilever, Shell?) "

Entreprises privées ou publiques, entrepreneuriales ou multinationales aux antipodes
"Pas très performant"? tout le monde n'est pourtant pas concerné par ce jugement ! Dans le privé on s'est débrouillé seul et souvent très bien. Ainsi, si l'Italie est au top dans des domaines comme le mobilier et le design, la mode mais aussi l'électronique, l'électromécanique, c'est grâce à des sociétés privées, fait remarquer Gianni Dell'Orto.
De grandes différences existent aussi côté organisation interne. Dans beaucoup de moyennes entreprises à succès, l'entrepreneur gère à sa façon et en fonction de ses intuitions. Il n'y a pas d'organisation rigide. Structures déconcertantes pour un Français où il faut savoir s'imposer pour réussir. Mais il existe des organisations plus classiques, généralement au sein des multinationales, avec un cahier des charges bien balisé et une répartition des tâches.

Quelles qualités doit avoir un Français pour réussir chez les Italiens ?
En priorité : "être brillant". Car il faut que la présence d'un Français plutôt que d'un Italien soit justifiée, explique Gianni Dell'Orto. Il faut également pouvoir communiquer en italien. Enfin, surtout pour les managers, "ne pas arriver en conqueror"ie ne pas critiquer. Car les Italiens sont en général bien plus sensibles que les Français. "Ainsi, s'il y a des grèves de métro et qu'eux s'en plaignent, évitez, vous, de faire également des critiques, ils seraient vexés. Au contraire, essayez de vous intégrer et manifestez du plaisir à découvrir les coutumes italiennes", conseille le chasseur de tête. Il est très important, ajoute-t-il, de prendre en compte, dans le management, ce côté plus sensible et moins rationnel des Italiens.
En tous cas, si elle est difficile, semble sous entendre Gianni Dell'Orto, "une expérience de managing en Italie est considérée comme un atout pour un Français pour la suite !", insiste-t-il.
Gersende DELCROIX. (www.lepetitjournal.com - Milan) jeudi 4 décembre 2008

Qui est Gianni Dell'Orto ?
Il est l'un des plus grands "Executive search"italien (chasseur de têtes), qui, ces trente dernières années, a sélectionné le top management de plusieurs grandes entreprises. Entrepreneur, il a participé au lancement d'Egon Zehnder International qui a introduit pour la première fois la profession d'executive search en Italie. Il a créé le groupe Amrop International dont il a été le Président mondial et a lancé en Italie Heidrick and Struggles International. Il a aussi été à la direction de Spencer &Stuart. Actuellement, il est à la tête de Neusearch, société spécialisée dans la recherche de talents, fondée en 2000.
Il a écrit : Neo-management. L'azienda e l'anima. Leader e talenti nell'era dell'incertezza (Passerini Walter et Dell'Orto Gianni). Editeur : Franco Angeli Editore. Prix : ? 13,50

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Publié le 4 décembre 2008, mis à jour le 4 décembre 2008
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