De longues heures durant, les fans ont attendu devant les portes de La Fabrique à Milan. C'est un public conquis d'avance qui a exulté lorsque Indochine s'est avancé sur scène. Le groupe de rock français a enflammé la salle avec ses plus grands standards. Nicola Sirkis et sa bande ont fait escale lundi à Milan dans le cadre de leur European City Club Tour. Lepetitjournal.com a profité de ce passage éclair dans la cité lombarde pour rencontrer deux membres incontournables de la formation : Nicola Sirkis, chanteur et leader du groupe, et Oli de Sat, guitariste et compositeur depuis le début des années 2000.
Le petitjournal.com : Vous avez entamé une tournée européenne il y a deux jours à Barcelone. Comment s'est déroulé ce premier concert ?
Oli de Sat : Super bien !
Nicola Sirkis : Plus que bien. On ne pouvait pas espérer mieux. Ces derniers temps, il y a eu beaucoup de changement. Nous avons un nouveau batteur, une nouvelle équipe de son. Et nous avons fait de cette version club, une version de combat. Et puis, nous avons la chance d'avoir des fans qui nous suivent dans le monde entier.
Ce soir, vous avez choisi La Fabrique pour votre deuxième date. Comment sentez-vous cette salle ?
NS : Plutôt pas mal. A Barcelone, c'était un vieux théâtre, un peu décrépi. La Fabrique à l'air d'être quelque chose d'un peu plus concret.
Pourquoi avez-vous choisi de venir à Milan pour votre seule date italienne ?
NS : Et bien je ne sais pas. Il faut demander à Live Nation (société qui organise des spectacles NDLR). J'aurais plutôt vu Rome, mais après tout, pourquoi pas Milan ? Nous avons bien donné un concert à Barcelone et pas Madrid.
Quel rapport entretenez-vous avec cette ville et avec l'Italie ?
NS : Aucun (rires) !
ODS : On est là pour en avoir justement.
NS : Aucun, aucun, aucun. Malheureusement, nous sommes là pour réparer une erreur : la malhonnêteté de notre contrat avec Sony. J'ai demandé à la Lune aurait pu commencer à marchoter ici, il y a 10 - 15 ans mais rien n'a été fait. Quand on a cartonné en Amérique latine ou en Scandinavie, il y avait du travail derrière. Nous sommes en train de changer cela. J'ai d'ailleurs fait récemment une version italienne de College Boy. C'est maintenant dans les mains de la maison de disque.
Y-a-t il des artistes italiens, de rock ou d'un autre genre musical, que vous appréciez ?
NS : Zucchero (rires). si, si, si... (hésitation) Hier, dans le tour bus nous avons écouté tous les vieux tubes italiens... Ti amo (il fredonne la chanson).
ODS : J'aime bien celui qui a fait des musiques de Don Giovanni...
NS : Mozart ? (rires) Des artistes spécifiquement italiens... Je n'en trouve pas... le rock italien... Nous connaissons plus le rock allemand, genre Rammestein, etc. Sabrina, Boys boys boys ? (rires) Nous pouvons comprendre que les Italiens ne nous connaissent pas.
Parlez-vous italien ?
NS : E si, prego! un peu ! Comment on dit un peu ? (rires)
Comment allez-vous vous adresser au public ce soir : en français, en italien ?
NS : En français... Mais la tournée est européenne, donc on fait la totale : en allemand, en espagnol, en norvégien. Danke schön, danke well, takk, grazie mille, muchas grazias.
ODS : Et puis, il y a une majorité de Français dans les salles.
Quel accueil vous réserve le public européen ?
NS : C'est un accueil très curieux. Lorsque nous avons joué en Angleterre, à Londres, il y avait des Irlandais, un peu hallucinés, qui ne semblaient pas se rendre compte. C'est un nouveau public à conquérir. Les Italiens ne nous connaissent pas du tout. Tu passes la frontière et tu deviens absolument inconnu.
Votre groupe a plus de 30 ans et un nombre important de tubes à son actif. Vous ne vous lassez pas ? Vous
NS : Sinon on serait pas là ! Si j'ai décidé de continuer le groupe au bout de 33 ans, avec tous les écueils que nous avons eus, c'est que j'aime toujours jouer ces morceaux. Je crois à l'intemporalité de notre musique. Par exemple, je ne me lasse pas de faire L'Aventurier. Et notre groupe, au bout du 13e album, est toujours attendu.
Comment faites-vous pour sélectionner les chansons jouées lors d'une tournée ?
ODS : C'est le plus difficile ! Il faut jongler entre les nouveaux morceaux et les anciens. Forcément, nous ne pouvons pas tout jouer. Donc, nous faisons la sélection en fonction des humeurs de chacun. On ne peut pas contenter tout le monde ! Mais nous ne voulons pas faire de tournée best of ou de tournée prétexte. Quand nous partons sur un tour, il y a toujours 60 % de nouveaux morceaux.
Que pourra-ton retrouver lors du concert ce soir?
NS : Ce soir, vous retrouverez tous les albums. Il y a vraiment un résumé des 33 ans. C'est une palette. Il n'y a pas d'album oublié, je crois, peut-être juste Un jour dans notre vie.
Vous finissez votre Europe city club tour le 18 avril à Amsterdam, deux ans après la sortie de votre dernier album. Est-ce que cette tournée européenne ferme la page de Black city parade ?
NS : Oui ! A moins que ... A moins que nous recommencions en septembre aux Etats-Unis. Mais ce n'est pas sûr. On verra. C'est une belle fin. L'album a été pensé, écrit et enregistré dans le monde. Et nous terminons dans des petits clubs, en Europe.
ODS : C'était une tournée de gros Zénith, avec de grosses structures d'écran. Finir entre guillemets dans le plus simple appareil montre qu'Indochine existe dans toutes sortes de configuration. Avec le succès d'avant-hier, on peut dire que ça marche, quoi qu'il arrive.
Quels sont vos projets pour la suite ?
NS : Un nouvel album courant 2016. Une très grosse tournée en 2017-2018. Mais avant de faire l'album, il faut écrire les chansons. Nous avons commencé chacun de notre côté. Nous ne nous sommes pas encore réunis. On essaie de voir dans quel chantier nous allons nous embarquer.
Propos recueillis par Toinon Debenne (Lepetitjournal.com de Milan) ? mercredi 8 avril 2015
Crédits photos : T.D pour lepetitjournal.com
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