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FETE DE LA MUSIQUE - Cabaret Contemporain, le groupe electrobio !

Écrit par Lepetitjournal Milan
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 18 juin 2015

Une très belle programmation vous attend ce week-end, avec une scène française bien représentée. Nicolas Godin, star de la musique électro des années 90, donne un concert gratuit ce dimanche 21 juin à 21 heures au Castello Sforzesco. C'est le jeune groupe parisien Cabaret Contemporain, invité par l'Institut français Milano, qui assurera sa première partie.

Milan marque la fin de leur tournée italienne, après Naples le 19 juin et Faenza le 20 juin. Le groupe de musique électroacoustique existe depuis trois ans et compte déjà deux oeuvres importantes : un vinyle d'interprétations du répertoire de Terry Ryley et un album nommé Cheap Imitation. Cinq musiciens : Fabrizio Rat (piano), Giani Caserotto (guitare), Julien Loutelier (batterie), Simon Drappier (contrebasse) et Ronan Courty  (contrebasse), qui a accepté de répondre aux questions de la rédaction.

LePetitJournal.com : Pouvez-vous nous raconter l'histoire du groupe ?

Ronan Courty  : Notre groupe c'est une somme d'individus tous très différents, et ça a son importance dans la musique. Certains viennent du rock, d'autres du classique ou du jazz. On fait de l'électrobio ! Parce que c'est de la musique électro faite avec des instruments acoustiques, pas d'OGM, pas de machine, pas de séquence, tout est joué à la main. On est tous passés par le conservatoire, c'est chic, mais ce n'est pas forcément ce qu'on veut mettre en avant. Le groupe est né à la sortie du conservatoire, et c'était presque plus un besoin qu'une envie. Nous sommes d'abord amis parce qu'on passe beaucoup de temps ensemble, car on joue beaucoup et on s'arrête jamais de discuter. Notre musique est improvisée, on ne l'écrit pas mais on en parle beaucoup !

Quels messages voulez-vous transmettre avec votre musique ?

On a des rythmes dansants qui expriment la jubilation et dans d'autres chansons il y a des éléments plus rêveurs et nostalgiques. Le mieux c'est la subjectivité, quand le public a le choix de ce qu'il peut ressentir.

Comment préparez-vous vos instruments ?

Par exemple, moi je joue de la contrebasse mais il y a certains morceaux où je réalise seulement deux notes de contrebasse ! Au départ on voulait copier la musique électronique, et on souhaitait être tous capables de sonner comme une batterie, de s'échanger les rôles en cour de morceau. Du coup on a inventé des secrets de fabrication, je peux vous en dire quelques uns : dans le piano il y a, entre-autres, des règles en plastique ou en métal, après sur nos autres instruments on met des pinces à linge, des baguettes, des aiguilles à tricoter de la pâte à fixe?Personnellement je n'ai pas l'impression de dénaturer mon instrument mais de l'enrichir. Après ça se transforme en jeu aussi pour le public qui essaye de savoir qui joue quoi !

Vous allez jouer sur la même scène que Nicolas Godin, ça représente quoi pour vous?

Ça reste un honneur de jouer avant lui parce qu'on a aimé cette musique et on est curieux de savoir ce qu'il fait en solo, avec son nouvel album.

Quelle sera la particularité du concert à Milan ? 

La trame c'est le groupe allemand de pop synthétique Kraftwerk. Mais même si on sait quels morceaux on va jouer on ne sait pas combien de temps ils vont durer. Si les gens dansent, alors un morceau peut durer 20 minutes au lieu de 4?c'est proportionnel à l'énergie qui rebondit sur les gens. Avec nous sur scène, il y aura une chanteuse suèdoise Linda Olah, avec qui on a déjà collaboré auparavant. Elle est capable de transposer à la voix notre démarche instrumentale. Elle vient de la musique expérimentale, et elle réalise avec sa voix des sons très bizarres? Mais elle sait aussi très bien faire des chansons normales !

Vous allez représenter la scène française, vous le vivez comment ? 

C'est un honneur et c'est aussi une manière de confronter notre musique à d'autres endroits que Paris. Personnellement c'est la première fois que je viens à Milan. Mais dans le groupe on a un italien, Fabrizio Rat, le pianiste. Si il y a une empreinte française dans notre travail, elle vient du guitariste qui est fan de Maurice Ravel. Donc c'est une French touch mais old school ! Sinon on s'inspire aussi de Baltimore, de Détroit, on fait avec le monde qui nous entoure.

Qu'est ce qui vous plaît dans la musique électro ?

Le développement très long et progressif. Et puis c'est tout ce que ne peuvent pas faire les humains mais qu'on essaye quand même de faire nous. En ce moment les machines utilisées pour faire la musique électro changent. Ceux qui s'en servent ont de plus en plus envie de ressentir l'humanité derrière la machine. Nous on assume notre imperfection d'être humain, de jouer avec nos limites, c'est aussi ça qui est beau !

Propos recueillis par Sanaa Nabi (Lepetitjournal.com de Milan) ? vendredi 19 juin 2015

Cabaret Contemporain sera en concert, en première partie de Nicolas Godin, samedi 21 juin à 21h au Castello Sforzesco. L'accès est libre dans la limite des places disponibles.

Crédits photo : Cabaret Contemporain

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lepetitjournal.com Milan
Publié le 18 juin 2015, mis à jour le 18 juin 2015
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