Il s’agit là d’une question qui revient souvent, puisque derrière les loyers affichés, il y a une réalité plus large, que beaucoup de locataires découvrent trop tard. Habiter à Londres, ça fait rêver, mais cela pose aussi une question centrale : combien coûte réellement un logement de base, premièrement, et surtout : quel est le prix final, une fois toutes les charges incluses ?


Ce n’est plus un secret, tout le monde sait qu’au-delà du loyer affiché sur les annonces, vivre à Londres implique une addition plus… complexe, faite de taxes locales, de charges spécifiques au système britannique, de dépôts réglementés et surtout d’un cadre légal en pleine mutation.
Nous allons faire un tour sur les données de marché récentes, grâce notamment à l’expérience de terrain de French Touch Properties, agence française implantée à Londres. L’enjeu est de découvrir les évolutions législatives majeures qui entreront en vigueur à partir du 1er mai 2026 et de comprendre combien coûte réellement un logement à Londres en 2026, malgré les divergences de zone.
Des loyers toujours plus élevés… mais très variables selon les zones
À Londres, parler d’un coût du loyer “moyen” n’a de sens qu’à condition de préciser le quartier, la zone de transport et le standing du bien. En 2026, les écarts restent considérables entre l’est, l’ouest, le centre et la périphérie :
Selon les données observées par French Touch Properties, dans les quartiers les plus prisés de l’ouest et du centre, comme Chelsea, le quartier français de South Kensington, Knightsbridge ou Belgravia, les loyers illustrent le haut du marché. Un appartement d’une chambre s’y loue entre 2.300 et 3.000 livres (2.645 à 3.500 euros) par mois, tandis qu’un deux-pièces dépasse souvent 3.600 à 4.000 livres (4.130 à 5.000 euros par mois), voire davantage pour des biens rénovés ou meublés haut de gamme. Pour les grandes surfaces familiales, les montants peuvent rapidement atteindre 7.500 à 10.000 livres mensuelles (8.600 à 11.500 euros), voire plus, pour des maisons.
Au cœur de Londres : Paddington, Bayswater, Marylebone ou St John’s Wood, les loyers sont un peu plus accessibles. On y trouve des appartements d’une chambre autour de 2 100 à 2.800 (2.415 € à 3.340 euros) livres et des deux-chambres entre 2.800 et 4.300 livres (2.415 € à 5.200 euros).

Le loyer n’est qu’une partie de la facture outre-Manche
Et c’est souvent là que les nouveaux arrivants se trompent. À Londres, le loyer affiché ne correspond jamais au coût mensuel réel du logement. La première surprise s’appelle le Council Tax. Contrairement à la France, cette taxe locale (équivalent d’une taxe d’habitation) est à la charge du locataire. Son montant dépend de la valeur cadastrale du bien (band A à H) et du borough. En pratique, pour un appartement “standard”, elle représente généralement entre 120 et 200 livres par mois (135 à 230 euros), parfois davantage dans certains quartiers.
À cela s’ajoutent les factures d’énergie, qui restent élevées en 2026, malgré les logements récents et mieux isolés, révèle French Touch Properties. Gaz, électricité, eau, internet et parfois TV licence composent un budget mensuel qui oscille entre 200 et 300 livres (229,17 à 350 euros), avec des pics en hiver.
Vous l’avez compris, pour un appartement d’une chambre affiché à 2.100 livres de loyer (2.415 euros), le coût réel mensuel dépasse fréquemment 2.450 à 2 600 livres (2.817 à 2.990 euros), une fois tout inclus.
Le dépôt de garantie : encadré, mais toujours aussi cher
Le dépôt de garantie ‘Deposit’ est strictement réglementé par la loi. Pour les baux standards (Assured Shorthold Tenancies), lorsque le loyer est inférieur à 8.400 livres par mois, le dépôt ne peut pas dépasser cinq semaines de loyer. Au-delà de ce seuil, il est plafonné à six semaines.
Ce dépôt doit obligatoirement être placé sur un compte protégé, géré par un organisme agréé, ce qui sécurise le locataire en fin de bail. En revanche le montant reste élevé : pour un loyer de 2 500 livres, le dépôt dépasse facilement 2 800 livres, à avancer dès l’entrée dans les lieux.
La loi qui change la donne : le Renters’ Rights Act
À partir du 1er mai 2026, le Renters’ Rights Act marque une vraie réforme du marché locatif britannique. Cette nouvelle loi vise à renforcer la protection des locataires et à rééquilibrer la relation avec les propriétaires.Concrètement, les baux deviennent périodiques par défaut, sans durée minimale imposée. Les locataires pourront quitter leur logement avec un préavis de deux mois, tandis que les expulsions sans motif (Section 21) disparaissent. Les augmentations de loyer seront limitées à une seule fois par an et pourront être contestées.
Autre réforme : les surenchères seront interdites. Le prix affiché dans une annonce devra correspondre au prix demandé, mettant fin aux pratiques de “bidding wars” (guerres d’enchères). Enfin, les paiements de plusieurs mois de loyer à l’avance ne pourront plus être exigés, au-delà d’un mois.
Ainsi, grâce à ces nouvelles règles, le marché locatif s’oriente vers plus de transparence et de protection, sans pour autant devenir bon marché. Mais la clé reste donc l’anticipation : comprendre les postes de dépense, comparer les quartiers, et ne jamais raisonner uniquement sur le loyer affiché !
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