Alors que 3 millions de pages issues de procédures judiciaires et d’archives liées à Jeffrey Epstein, condamné pour crimes sexuels, ont été dévoilées dans la nuit du 31 janvier, plusieurs figures britanniques réapparaissent dans la nébuleuse Epstein. Responsables politiques, ou proches de la famille royale : l’apparition d’un nom dans ces dossiers ne vaut pas accusation, mais relance de lourdes questions sur les relations entretenues avec l’un des plus grands prédateurs sexuels du XXIᵉ siècle : “Il ne s’agissait pas seulement d’un homme, mais d’un système de protection autour de lui”, déclarait l’une de ses accusatrices, Virginia Giuffre, dans une interview passée à la BBC.


Pendant de longues années, ils pensaient leurs liens enterrés avec Jeffrey Epstein. Les fichiers, rendus publics dans la nuit du 31 janvier, les ramènent au premier plan. Nous allons regarder de plus près qui sont les personnalités britanniques concernées par ces 3 millions de documents, en commençant par le Prince Andrew :
Le prince Andrew, lien devenu embarrassant pour la Couronne ?
Le Prince Andrew semble être le nom britannique le plus solidement associé à Jeffrey Epstein. Duc d’York et frère du roi Charles III, il a lui-même reconnu avoir fréquenté le financier américain à plusieurs reprises dans les années 2000, y compris après sa première condamnation en 2008 pour sollicitation de mineure.
L’affaire avait pris une dimension mondiale lorsque Virginia Giuffre, une accusatrice, a affirmé avoir été contrainte à des relations sexuelles avec le prince alors qu’elle était mineure, accusations que le Prince Andrew a toujours niées. En 2022, il a conclu un accord financier à l’amiable, sans reconnaissance de culpabilité, mettant fin à la procédure civile engagée contre lui aux États-Unis. Les nouveaux documents rappellent la proximité sociale persistante entre les deux hommes, soutient le Guardian : photographies, invitations, carnets de contacts.
Ghislaine Maxwell, le trait d’union britannique du réseau Epstein
Dans cette affaire, le nom de Ghislaine Maxwell est aussi largement associé. Fille du magnat de la presse Robert Maxwell et figure de la haute société londonienne, elle a été reconnue coupable en 2021 par la justice américaine pour avoir recruté et exploité des mineures pour le compte de Jeffrey Epstein.
Britannique de naissance, Ghislaine Maxwell occupait une position centrale : celle d’interface sociale, organisatrice et rabatteuse, selon les termes de l’accusation. Les dossiers rendus publics montrent à quel point son réseau s’étendait entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Europe continentale, reliant Jeffrey Epstein à des cercles de pouvoir, de richesse et d’influence. Condamnée à 20 ans de prison, elle est une clé de lecture majeure pour comprendre comment Jeffrey Epstein a pu agir si longtemps en toute impunité.
De nombreux contacts indirects au Royaume-Uni
D’autres noms britanniques apparaissent de manière plus périphérique dans les documents : échanges de courriels, invitations à des événements, contacts indirects (notamment Peter Mandelson, ancien ministre travailliste et ex-commissaire européen pour des relations sociales documentées avec Epstein, ou Sarah Ferguson, duchesse de York, ex-épouse du prince Andrew et des échanges de courriels)
À ce stade, aucune preuve publique n’établit leur implication pénale dans les crimes de Jeffrey Epstein. Mais l’enjeu dépasse la seule question judiciaire. Comme le résume un ancien procureur américain cité par la BBC: “Le scandale Epstein n’est pas seulement celui de ses crimes, mais celui de tous ceux qui ont fermé les yeux.”
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