Le Glastonbury Festival laisse 2000 tonnes de déchets derrière lui

Par Jean Reversat | Publié le 27/06/2022 à 22:15 | Mis à jour le 27/06/2022 à 22:55
Photo : Tentes au Glastonbury Festival - Anthony Beal - Flickr.com
Anthony Beal - Flickr.com

Le Glastonbury Festival est revenu la semaine dernière après deux ans d’absence. Si la programmation musicale avait de quoi faire rêver, l’état des lieux après le festival, lui, est moins reluisant.

 

Ces deux ans de pandémie furent longs pour les habitués du Glastonbury Festival. Naturellement, la 35ème édition de l’un des plus importants festivals dans le monde a rassemblé près de 200 000 personnes. Un nombre qui avoisine ceux de Tomorrowland ou de Coachella.

Tout démarre en 1970, lorsqu’un fermier, Michael Eavis, décide de dédier son pâturage à un festival de musique qu’il nomme Pilton Festival, du nom de la commune où il se déroule.. Le concept est directement emprunté au Bath Festival of Blues, où Led Zeppelin s’étaient produits l’année précédente. Pour la deuxième édition, en 1971, un élément caractéristique du Glastonbury Festival apparaît : la Pyramide. C’est une scène qui, comme son nom l’indique, est couverte par une structure pyramidale.

51 ans plus tard, les têtes d’affiches de la Pyramide étaient premium : Billie Eilish, Paul McCartney et Kendrick Lamar. La Worthy Farm - parcelle sur laquelle le festival a lieu – avait alors les traits d’une mer de tentes colorées. Désormais, il n’en reste plus qu’une mer de déchets.

Un vrai problème de déchets au Glastonbury festival

L’after au Glastonbury festival n’est pas très glamour. Entre 1,600 et 2000 tonnes de déchets – tentes, plastiques ou restes alimentaires – jonchent les pelouses de la Worthy Farm et doivent être ramassés. Un sérieux enjeu à l’ère de l’urgence climatique qui n’a pourtant rien d’inédit, aux vu des précédentes éditions.

Les équipes de nettoyage gagnaient ce matin la parcelle avec un sentiment de ‘déjà vu’. Ils étaient 600 salariés en 2019 et avaient travaillé pendant trois à quatre semaines pour nettoyer les restes du festival. Une opération coûteuse – £750.000 – avec une empreinte carbone estimée à 224 tonnes de CO2. Ironie du sort, l’activiste Greta Thunberg est d’ailleurs intervenue le 25 juin, à la surprise générale, du haut de la Pyramide (scène principale). Elle a averti les participants sur les conséquences des déchets. La question est : jusqu’à quand cette situation se reproduira-t-elle ?

Les mesures pour pallier ce problème

L’organisation du festival n’est pas muette face à ces enjeux. Cette année encore, le partenariat avec les associations de défense de l’environnement Greenpeace, Oxfam et Wateraid a été prolongé. Une charte verte devait également être signée lors de l’achat d’un ticket. Elle promulgue comportement responsable à travers différents engagements, résumés par les slogans « reuse. reduce. respect. » et « love the Farm. leave no trace ». Selon les estimations de la direction, cette mesure a préservé le site de 175 tonnes de déchets supplémentaires.

Parallèlement, le festival s’engage à recycler une partie des déchets collectés. Ainsi, en 2019, 17 tonnes de plastique avaient été recyclées. Un chiffre en baisse dû à l’interdiction de vendre des produits dans des contenants en plastique. 149 tonnes de nourriture avaient aussi été transformées en compost et 14.000 litres d’huile de cuisson en biocarburant.

À l’image de la différence d’âge entre Billie Eliish et l’octogénaire Paul McCartney, le Glastonbury Festival semble coincé entre deux manières de fonctionner. D’abord, celle d’organiser des rassemblements toujours plus importants. D’un autre côté, une volonté de préserver l’environnement, chère aux nouvelles générations. Un dilemme épineux.

 

Jean Reversat Stagiaire journaliste Londres

Jean Reversat

Étudiant passionné par le journalisme qui essaye d’en découvrir toutes les facettes.
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