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"Les Musettes s’en mêlent", source d’inspiration pour expatriés

Par Marie-Pierre Parlange | Publié le 10/07/2018 à 16:00 | Mis à jour le 10/07/2018 à 16:04
Adeline Verdier-Velten, expatriation, musettes

Les expatriés « sont des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires ». C’est la conviction d’Adeline Verdier-Velten, jeune Française, installée à Amsterdam depuis près de trois ans. Au point qu’elle a décidé de consacrer un site aux conjoints d’expatriés qui se réinventent et se lancent dans de nouveaux projets professionnels. Avec « Les Musettes s’en mêlent », elle souhaite inspirer et motiver tous ceux qui n’osent pas encore franchir le cap de l’entreprenariat nomade.

 

Lepetitjournal.com : Racontez-nous votre parcours, comment êtes-vous devenue Mompreneure (maman entrepreneure) ?

Adeline Verdier-Velten : A l'origine, je suis restauratrice de tableaux. J'ai eu un atelier en banlieue parisienne pendant 9 ans. Il y a bientôt 3 ans, nous avons eu l'opportunité de venir vivre à Amsterdam. C'était l'occasion de se retrouver en famille, car mon mari voyageait 2 à 3 jours par semaine. Les 2 premières années de l'expatriation, j'ai fait des A/R tous les 15 jours pour mon travail, mes clients et mes élèves. Mais c'est devenu fatiguant, compliqué sans compter le côté financier de ces voyages. 

Garder mon métier de restauratrice aux Pays-Bas me semblait compliqué. Je continue la restauration de tableaux, ça se fait par bouche à oreille ici mais je ne souhaite pas remonter un atelier. Il faut du temps pour se recréer une clientèle. Et puis en expatriation on ne sait pas combien de temps on va rester dans son pays d’accueil. Aussi, durant cette deuxième année, j'ai commencé à réfléchir à un projet professionnel nomade au cas où nous serions amené à nous expatrier de nouveau. J'aime entreprendre, d'ailleurs j'ai toujours été mon propre chef. J’aime le côté solitaire de la pratique du dessin ou de la peinture mais j’avais aussi soif de contacts.

A la sortie de l'école je rencontrais des femmes sans réel projet, étant conjoint suiveur, compagne de... sans vraiment sembler s'épanouir. Le dialogue avec l’une d’entre elles a été déterminant : quand je lui ai demandé ce qu’elle faisait dans la vie, elle m’a répondu « rien, à part le sport et le ménage ». Alors que d'autres réussissent en alliant vie perso, familiale et projet pro. Je souhaitais mettre en avant ces conjoints (ça peut être des hommes) suiveurs qui montent leur job sac à dos, leur job nomade durant leur expatriation. Voilà comment est né mon projet. J'ai lancé mon site internet en janvier dernier. C'est donc tout neuf! 

 

Adeline Verdier Velten expatriationQue peut-on lire sur le site, à qui s’adresse-t-il ?

Mon but est de dire "on peut partir en expatriation et profiter de cette occasion pour se lancer un nouveau défi dans l'entrepreneuriat". Je publie trois portraits par mois. Et depuis peu, une nouveauté sur le site: les podcasts, histoire d'être toujours inspirés même pendant les vacances, en faisant des balades. Ce sont des gens ordinaires qui font des choses extraordinaires - arriver dans un nouveau pays, s'adapter, soutenir les enfants, le conjoint et se lancer dans la création d'un projet pro. 

 

Je souhaite ce site inspirant, motivant, avec du contenu et qu'en le lisant on se sente (re)boosté, ayant appris des choses.  Au départ, je voulais inspirer "les compagnes de"...en expatriation mais désormais je souhaiterais aussi inspirer les "femmes au foyer" qui souhaitent faire autre chose en plus si elles le souhaitent, ou inspirer des femmes qui n'osent pas entreprendre. Et pourquoi pas les hommes ? L’idée c’est de créer une communauté.

 

Quelles ont été les principales difficultés que vous avez rencontrées ?

Je suis partie de zéro. Je n’avais aucune connaissance des réseaux sociaux (j’utilisais Facebook à titre personnel, mais rien de plus), très peu de budget pour faire faire un site. Mais l’investissement financier n’est pas énorme. J’ai profité d’un été pour me former aux réseaux sociaux, et j’ai fait aussi appel à une professionnelle pour créer mon logo. Pour le reste, c’est du travail. Comme mes enfants vont à l’école jusqu’à 15 heures, les journées passent très vite. Il faut être très organisée, optimiser le temps. Mais au moins je vois grandir mes deux enfants. Avoir son entreprise et son rythme, c’est l’avenir.
 

Etre expatriée à Amsterdam permet-il de se lancer plus facilement ?

Je pense que j’aurais pu créer ce site en vivant ailleurs. Mais Amsterdam est très dynamique, c’est agréable lorsque l’on commence une nouvelle activité. L’équilibre entre le travail et la vie personnelle semble différent. Il y a plus d’auto-entrepreneurs, de papas qui s’occupent de leurs enfants au parc. Les Hollandais profitent de la vie, et en même temps, ils sont très carrés, très pragmatiques, ponctuels. Pour monter son entreprise ici c'est simple c'est fait en 30 min!  Il suffit de se rendre sur ce site : https://www.kvk.nl/

 


Les incontournables d’Adeline à Amsterdam :

Le vélo ! Les balades sur les canaux, la fabrique Heinekein, aller à la plage dès qu'il y a un rayon de soleil (même par 15 degrés). 
Les plats typiques à goûter : les Bitter bollen (sorte de boules à base de viandes), le Stampot (purée avec des feuilles d'endives)

Beaucoup de Hollandais et d'expatriés travaillent dans des cafés qui s'y prêtent bien, tels que le Cocunuts ou le Hoxton (j'y ai d'ailleurs organisé un évènement d'artisans français.)


expatriation musettesPourquoi ce nom "Les Musettes s'en mêlent"?

Les Muses sont des modèles d'inspiration pour les peintres (un clin d’œil à mon métier d'origine). Et ces Musettes que je mets en avant, ce sont de petits bouts de femmes hyper motivées, dynamiques avec des projets originaux (je cherche au maximum des projets originaux ). 
 

Quelles satisfactions vous apporte ce nouveau métier ?

J'adore rencontrer ces conjoints suiveurs: Vive les skype, whatsapp, zoom etc... qui permettent le contact malgré la distance… En expatriation, iil faut se refaire un réseau, des amis, connaitre les conditions de travail dans chaque pays où l'on va… Que ça prend du temps !  Ecouter leur parcours, voir qu'il y a souvent des phases difficiles dans la création mais qu'au final on en tire une super expérience… on en ressort grandi ! 

 

http://lesmusettessenmelent.com

Marie Pierre Parlange

Marie-Pierre Parlange

Diplômée de l'EM Lyon, de chinois et d’Histoire de l'Art, elle a vécu de nombreuses expatriations, de Milan à Singapour en passant par Istanbul, Casablanca, Pékin ou Bangkok. Elle a rejoint lepetitjournal.com en 2008 et en est la directrice éditoriale.
1 CommentairesRéagir
Commentaire avatar

Vinciane mar 10/07/2018 - 10:30

Interview très inspirante! Le site Internet est très sympa, les portraits donnent une toute autre vision de la réalité des conjoints suiveurs qui deviennent des conjoints entrepreneurs. Bravo Adeline pour ce joli partage!

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