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ISABELLE ROUSSEL STEPHAN – L’AFCA ou la défense des droits des conjoints accompagnateurs en expatriation

Par Noémie Choimet | Publié le 12/05/2017 à 08:12 | Mis à jour le 12/05/2017 à 08:12

En expatriation « faire entendre la cause des conjoints et défendre leurs droits » n'est sans doute pas le plus évident, même au sein du ministère des Affaires étrangères. L'Association française des conjoints d'agents du Ministère des Affaires étrangères (AFCA-MAE) a vu le jour en 1989 pour favoriser les échanges entre conjoints-accompagnateurs, briser la solitude, et surtout les accompagner, les conseiller, les écouter. Isabelle Roussel Stéphan, présidente de l'association depuis juin dernier nous parle de ces actions avec enthousiasme. 


Alors que l'expatriation se développe de plus en plus ces dernières années, devenant presque commune, les retours d'expériences et autres témoignages d'expatriés se banalisent et fleurissent sur internet. « Un peu partout maintenant, il est possible de trouver des informations à ce sujet ». Pourtant, l'AFCA-MAE (Association Française des Conjoints d'Agents du Ministère des Affaires Etrangères) s'adresse à une cible bien particulière, à « une niche » : ceux qui partent « dans un cadre diplomatique », explique Isabelle Roussel Stéphan, la présidente de l'association. Travailler pour une ambassade « ce n'est pas anodin, cela impose une certaine retenue que ce soit dans les comportements à adopter ou bien dans la parole ». Dans ce contexte très particulier, l'AFCA jouit d'un « capital d'expériences très spécifique de 28 ans » sur lequel elle peut jouer.

Les rôles et les actions de l'AFCA 

Expatriée pendant 11 ans, d'abord en Côte d'Ivoire, puis en Haïti et enfin à Djibouti, Isabelle Roussel Stéphan a fait le choix, pendant ces années, d'accompagner son mari au cours de ses missions à l'étranger. Celle qui n'aime pas le terme de « conjoint-suiveur », le remplaçant volontiers par celui de « conjoint accompagnateur », a tout de suite été « sensible à la situation des conjoints » en expatriation. C'est d'ailleurs cela qui l'a poussée à devenir membre active de l'AFCA avant d'en prendre la présidence il y a quelques mois.

Née en 1989, l'association compte aujourd'hui un peu plus de 300 adhérents. Une coordinatrice à Paris, une correspondante à Nantes, des bénévoles et un réseau d'une soixantaine de correspondants à travers le monde la font vivre au quotidien.

À l'étranger, les correspondants sont un véritables « relai » fédérant l'association. « Ils accueillent les nouveaux dans chaque pays, ils ont la capacité d'organiser des manifestations, ils rédigent pour nous des fiches pays, ils sont un lien entre l'ambassade, l'association et les membres ». L'AFCA accueille les conjoints et partenaires d'agents du MAE et des ministères ou institutions associés dans leur vie de mobilité, du départ au retour. 

Trois fois par an, l'association publie un magazine, Les Carnets de l'AFCA dans lesquels il est possible de trouver « des articles de fonds, des dossiers variés pouvant aussi bien parler des langues, que des traditions culinaires dans le monde, ou de la scolarité au retour par exemple? sans oublier des témoignages de nos adhérents sur les pays d'accueil, la vie en poste». Ces Carnets [IRS1] sont une véritable vitrine pour l'AFCA et servent eux aussi à fédérer ses adhérents, qui peuvent y trouver de nombreuses informations, relatives à leur situation.

Depuis qu'elle a pris la présidence de l'AFCA, Isabelle Roussel Stéphan, appuyée par le nouveau bureau organise une fois par mois des ateliers interactifs au ministère abordant des thématiques variées. Il est question entre autre de « la gestion du retour, de la préparation du départ, du repositionnement personnel et professionnel, mais on s'interroge aussi sur la façon et les possibilités de créer une activité nomade? » Pour son prochain atelier l'AFCA a même collaboré avec le GIGN qui « viendra y parler de sécurité en situation de crise, de risque terroriste». S'ajoutent des rencontres conviviales, une visite culturelle par mois...

Des difficultés de visibilité

Même si les agents du ministère sont nombreux, « près de 6.000 titulaires » l'AFCA a du mal à joindre et rentrer en contact avec l'ensemble des conjoints. « Toucher les conjoints n'est pas simple, on ne peut les toucher que par un intermédiaire. Pour les joindre, il faut contacter les agents, et il faut que les agents en parlent à leurs conjoints. Certains agents nous répondent, d'autres non? C'est un travail de longue haleine pas toujours facile. Mais nous sommes tenaces ». Il est donc important pour l'AFCA « d'augmenter les partenariats » pour améliorer sa visibilité et se faire mieux connaître.  

Une expérience d'expatriation atypique

Quand elle nous parle de ses années d'expatriation, Isabelle Roussel Stéphan tient à rappeler que « la notion de Français à l'étranger n'est pas simplement cette image d'expatriés qu'on peut avoir ». Certains Français établis de longue date vivent en situation très précaire, et elle a vraiment « découvert cela là-bas. Ce n'est pas la frange la plus importante de la population, mais ça existe et cela a changé le regard que je pouvais porter sur la communauté française à l'étranger. Je l'ai vue de façon différente, encore plus quand mon mari a été nommé ambassadeur, car c'étaient vraiment les services de l'ambassade, du consulat[IRS2]  plus précisément, qui s'occupaient de cela. Ça a été une prise de conscience forte ».

Dans un tout autre registre, cette expérience en ambassade aura aussi été l'occasion pour Isabelle de découvrir « les contraintes du protocole, la susceptibilité des gens face au rang qui leur revient ou qu'ils croient devoir leur revenir? Cela m'a amusée et ça m'amuse toujours ». Elle anime d'ailleurs depuis 6 ans maintenant « des conférences sur le protocole et les règles de réceptions » où elle essaye de démontrer que l'on peut « sortir un peu des codes classiques ».

Pour elle, ses expériences en Afrique et en Haïti auront été l'occasion de « découvrir des pays et des cultures différentes, de faire des rencontres humaines incroyables que je n'aurais pas faites autrement. Aller vivre ailleurs, c'est accepter de se remettre en question, de sortir de ses schémas et de ses certitudes. Ça, c'est formidable ! »

Pour en savoir plus sur l'AFCA-MAE, rendez-vous sur leur site ou sur leur page Facebook

Mail : afcamaee@gmail.com
Téléphone : 01.43.17.70.26

Noémie Choimet (www.lepetitjournal.com) vendredi 12 mai 2017. 

Lire aussi :
LE PARADOXE DU CONJOINT SUIVEUR - Entouré mais pourtant si seul 
Quand le conjoint suiveur est un homme 

 

 

NoémieN&B

Noémie Choimet

Journaliste pour les catégories Expat et Vie Pratique, Expat Emploi et Expat et Politique. Elle a vécu au Mexique et en Grèce.
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