Éclairer les villes de demain grâce à des bactéries sous-marines : Glowee

Par Natacha Marbot | Publié le 23/01/2023 à 17:45 | Mis à jour le 23/01/2023 à 17:36
glowee bioluminescence éclairage

Le 20 janvier au soir, presse, élus et citoyens se sont rassemblés à Rambouillet pour inaugurer le premier mobilier urbain au monde à fonctionner grâce à la bioluminescence. À l’origine de cette innovation, une start-up française, Glowee

« Il ne faut pas avoir peur de copier la nature » affirme Sandra Rey, présidente de la start-up Glowee, la larme à l'œil, lors de l’inauguration du « Rambolium » à Rambouillet le 20 janvier. Créée en 2014, l’entreprise Glowee voit grand : «​Régler les problèmes que pose actuellement l’éclairage. » 

« Scrute la nature, c’est ton futur » affiche le Rambolium

Sandra Rey a eu l’idée de faire du biomimétisme : c’est-à-dire de copier la nature. Procédé très courant dans la science et l’ingénierie, de belles découvertes en proviennent souvent (par exemple, la technologie du Velcro). Après de nombreuses recherches et tentatives, Glowee a récupéré une souche de bactéries marines luminescentes – dont l’identité est secrète – qu’elle cultive dans ses laboratoires afin de la rendre la plus performante possible. L’avantage de ces micro-organismes est qu’ils se reproduisent à l’infini et sont entièrement biosourcés. 

La lumière émise est bleutée et très douce, effectivement apaisante, comme l’indique Glowee : « cette lumière est porteuse d’un imaginaire poétique et magique très puissant. » Cependant, on est loin de l’éclairage permis par un lampadaire classique - même un LED. Il serait irréalisable d’imaginer cette technologie partout, même pour éclairer les rues et les routes. En revanche, pour la signalétique piétonne, de l’éclairage d’ambiance ou encore en lieux sombres, la bioluminescence est intéressante. Glowee vise en premier lieu le marché du mobilier urbain, la signalisation, l’éclairage des parcs ou des parkings souterrains. 
 

panneau glowee installé à rambouillet

Glowee, une technologie vraiment écologique ? 

En matière d’éclairage publique écologique, on nomme généralement la LED, qui permet déjà des économies d’énergies et de pollution très impressionnantes, et qui a l’autre avantage d’être modulable dans son intensité d’éclairage. Ce n’est pas le cas de la lumière de Glowee. Est-elle donc plus écologique ? « Si nous utilisons à peu près autant d’électricité pour fonctionner afin de nourrir et aérer nos bactéries, précise Sandra Rey aux Echos, nous consommons 95 % d’eau en moins et dégageons 99 % de CO2 en moins que les LED en intégrant leur fabrication et leur fin de vie. Notre matière est 100 % biodégradable. »
Comme le note également Les Echos, depuis sa création, l’entreprise de dix salariés a levé près de 5 millions d’euros, notamment grâce à deux campagnes de crowdfunding. A l’été 2020, elle a touché une subvention de 1,7 million d’euros de la Commission européenne.

Encore des défis à relever pour Glowee

Si l’ambition est belle et forte, il reste encore quelques obstacles à franchir pour la start-up. Chaque mobilier ou objet de leur gamme nécessite un moteur assez imposant pour assurer son bon fonctionnement. En plus de la place qu’il nécessite, il émet un léger bruit, comme un ronronnement de générateur. Enfin, les bactéries ne sont luminescentes qu’entre 10°C et 40°C, ce qui pose problème quand on sait que les températures dépassent facilement ces bornes, en France et ailleurs. 

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Natacha Marbot

Natacha Marbot, originaire de Rennes et diplômée d’un master de Relations internationale à l’Inalco en 2022. Russophone et spécialisée sur l’espace post-soviétique. Elle a rejoint l’équipe de rédaction internationale en avril 2022.
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