Selon une étude dévoilée par e-Residency, plus d’un chef d’entreprise français sur deux envisage de créer son activité hors de France. En cause : la lourdeur administrative, les coûts et une envie croissante d’agilité entrepreneuriale. L’Estonie - championne européenne du numérique - apparaît comme le nouvel eldorado administratif.


La France aime les entrepreneurs. Mais lorsqu'il s’agit de créer une entreprise, gérer des formalités administratives ou simplement ouvrir une activité sans se noyer dans les démarches, de nombreux dirigeants français regardent désormais ailleurs. Selon une étude menée par Splendid Research pour le programme estonien e-Residency dans cinq pays européens, 57% des entrepreneurs français se disent prêts à implanter leur activité à l’étranger. Et les raisons invoquées sont sans ambiguïté : réduire les coûts liés à l’entrepreneuriat (57%), échapper aux contraintes bureaucratiques (44%), gagner en liberté grâce au télétravail et à l’indépendance (41%). Autrement dit : moins de paperasse, moins de lourdeur, plus de flexibilité.
Méthodologie : l’étude a été réalisée par Splendid Research en janvier 2026 auprès de 5000 personnes dans cinq pays européens : France, Allemagne, Royaume-Uni, Espagne et Italie.
La bureaucratie française, repoussoir silencieux des entrepreneurs ?
Le chiffre interpelle d’autant plus que la France ne souffre pas d’un déficit d’ambition entrepreneuriale. Start-ups, freelances, indépendants ou consultants : jamais autant de Français n’ont voulu entreprendre. Début 2025, plus d’un Français sur quatre (27 %) aimerait créer ou reprendre un jour une entreprise selon une enquête pour CCI France et le Medef. Mais entre l’envie de créer et la réalité administrative, le fossé reste profond. Pour beaucoup de dirigeants, la compétitivité d’un pays ne se mesure plus uniquement à son marché intérieur ou à ses aides publiques, mais aussi sur la simplicité. Et, selon l’étude Splendid Research, c’est précisément là que l’Estonie a construit sa réputation.
La petite nation balte attire des entrepreneurs de plus de 185 pays.

L’Estonie, laboratoire européen du “zéro paperasse”
En Estonie, en quelques heures seulement, un entrepreneur peut ouvrir une société estonienne sans mettre un pied dans le pays. Tout repose sur une mécanique redoutablement efficace : un État quasi dématérialisé, une bureaucratie réduite à peau de chagrin et un écosystème startup solide.
Depuis le lancement de son programme d’e-Residency en 2014, la petite nation balte attire des entrepreneurs de plus de 185 pays. Le principe est simple : créer et piloter son entreprise entièrement en ligne, sans empilement de formulaires ni marathon chez le notaire. La France figure désormais parmi les marchés les plus dynamiques du programme, avec une hausse de 63 % des demandes en 2025. L’Estonie compte désormais plus de 6 400 e-résidents français, à l’origine de près de 2 400 entreprises.
A noter que l’e-Residency ne transforme pas automatiquement un Français en résident fiscal estonien. Le programme permet de gérer une entreprise estonienne à distance, mais ne remplace pas les obligations fiscales personnelles dans le pays de résidence.
Le territoire empile les success stories : Skype, Bolt ou Wise servent de vitrines internationales
Mais l’Estonie ne se contente plus d’être un paradis administratif pour fondateurs épuisés. Le pays cultive désormais une image de ruche technologique hyperconnectée. Avec plus de 1 700 startups pour 1,3 million d’habitants, le territoire empile les success stories : Skype, Bolt ou Wise servent de vitrines internationales tandis qu’une nouvelle génération de licornes pousse dans la cybersécurité, la fintech, l’assurance ou les services numériques.

L’Est Européen fait les yeux doux aux entrepreneurs
D’autres pays attirent. Selon une étude de Vellis, l'Est européen s'affirme en 2025 comme le terrain idéal pour lancer une startup à moindre coût. Sofia en Bulgarie séduit avec des salaires et des loyers très bas, et une fiscalité fixe à 10 %. Budapest, capitale de la Hongrie, avec l’impôt sur les sociétés le plus bas d’Europe (9 %), attire les jeunes entreprises en quête de compétitivité. En Roumanie, Bucarest mise sur son vivier tech et une main-d'œuvre qualifiée, tandis que Zagreb, en Croatie, s’impose comme porte d’entrée vers les Balkans. Vilnius en Lituanie, se distingue comme hub technologique, notamment dans la FinTech, avec un environnement fiscal modéré et une forte dynamique numérique.
Si 57% des entrepreneurs français se disent prêts à implanter leur activité à l’étranger comme le spécifie l’étude Splendid Research, cela révèle une évolution des attentes entrepreneuriales. Et si les entrepreneurs cherchaient aussi une expérience administrative plus simple ?

Des guides pratiques pour entreprendre en Europe
Lepetitjournal.com vous propose un ensemble de guides pratiques réalisés par la rédaction pour avoir toutes les cartes en main pour entreprendre. Vous découvrirez notamment que l’écosystème entrepreneurial au Royaume-Uni est très favorable à l’innovation, avec un accès facilité aux réseaux, aux investisseurs et aux talents. Vous comprendrez aussi qu’en Autriche, les dépenses en recherche et développement peuvent donner lieu à des crédits d’impôt ou à des déductions, pour favoriser l’investissement technologique et la compétitivité.
En Hongrie, l’impôt sur les sociétés est particulièrement avantageux
L’Allemagne est connue pour sa rigueur administrative. Pour créer sa propre entreprise, quel que soit son statut juridique, il faut se préparer à être assidu et patient avec les formalités, toujours conséquentes. Au Portugal, le gouvernement met en place des mesures pour simplifier les démarches administratives notamment via des guichets uniques numériques (Empresa na Hora) qui permettent de créer une entreprise en moins d'une heure.
Aux Pays-Bas, vous retiendrez surtout que le système fiscal est réputé pour sa clarté et pour être un système attractif pour les entrepreneurs étrangers. En Hongrie, l’impôt sur les sociétés est particulièrement avantageux, avec un taux unique de 9 %, le plus bas de l’Union européenne. Le Danemark séduit par sa simplicité administrative et son efficacité, mais réussir sur place exige une bonne compréhension de la culture locale.
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