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Les espaces publics, le prochain grand chantier de Phnom Penh

Phnom Penh se transforme et doit désormais relever un nouveau défi : créer des espaces et des activités favorisant les rencontres et le lien social.

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Des personnes s’assoient sur des chaises et se détendent le long du fleuve Tonlé Sap, à Phnom Penh, le 28 mai 2026. (Photo : TANG CHHIN Sothy / AFP)
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 7 août 2026

Opinion

Depuis dix ans, Phnom Penh construit des routes, des ponts et des échangeurs destinés à faciliter les déplacements dans la ville. De nouveaux logements, des centres commerciaux et des quartiers en expansion ont transformé la capitale cambodgienne en l’une des villes d’Asie du Sud-Est connaissant les changements les plus rapides.

Le prochain défi est d’une autre nature : faire de Phnom Penh une ville où les habitants ont réellement envie de s’arrêter, de se retrouver et de se sentir chez eux.

Alors que la capitale prépare une nouvelle phase de développement, cette dimension mérite une attention accrue. La modernisation urbaine ne peut pas se limiter aux infrastructures. Elle doit aussi favoriser la vie collective.

Une ville cambodgienne pensée pour les habitants

L’urbaniste danois Jan Gehl défend cette approche dans son ouvrage Cities for People. Une ville réussie ne se définit pas uniquement par son efficacité à faire circuler les habitants. Elle se mesure aussi à sa capacité à créer des occasions de passer du temps ensemble.

Pour Phnom Penh, cette évolution suppose de concevoir des lieux adaptés aux habitants : des parcs, des places publiques et des espaces civiques accessibles, où chacun peut prendre part à des activités collectives.

Les nouvelles générations à Phnom Penh

Alors que la jeunesse cambodgienne grandit dans un environnement toujours plus numérique, les réseaux sociaux facilitent la communication, mais ils ne garantissent pas forcément des relations profondes ni un sentiment durable d’appartenance.

À Phnom Penh, certains lieux permettent toutefois de recréer ces liens. Le Stade olympique national et Koh Norea sont devenus des points de rassemblement pour les clubs de course à pied et les groupes sportifs communautaires.

Les universités développent également des organisations dirigées par les étudiants. Ces structures comprennent notamment des clubs de débat, des initiatives de bénévolat et différentes activités collectives.

Des événements comme le semi-marathon de Phnom Penh et la Romdoul Peace Run, organisée par des lycéens avec le soutien du ministère de l’Éducation, de la Jeunesse et des Sports, ont attiré des milliers de participants.

Ces initiatives montrent que les jeunes recherchent des occasions de se retrouver, de s’impliquer et de construire des relations au-delà des échanges numériques.

Leur engagement permet d’organiser des courses, des débats, des événements culturels, des ateliers et des actions communautaires. Ces activités transforment des espaces ouverts en lieux de vie partagée.

Cependant, ce modèle repose principalement sur l’engagement individuel. La construction du lien social ne fait pas encore pleinement partie de la stratégie de développement de Phnom Penh.

Comment les pouvoirs publics peuvent-ils agir : l’exemple de Singapour

Les pouvoirs publics doivent commencer par aménager des espaces qui donnent envie de rester, et pas seulement de traverser. La création de davantage de parcs, de places publiques et d’espaces civiques ouverts serait utile.

Un parc ne crée toutefois pas automatiquement une communauté. Ce sont les activités qui s’y déroulent qui lui donnent une véritable fonction sociale : clubs de course, projections de films en plein air, festivals culturels, conférences publiques ou ateliers.

Singapour offre un exemple intéressant. Son approche ne se limite pas à construire des parcs. Des agences publiques telles que le National Parks Board et la People’s Association facilitent l’accès des habitants, des écoles et des organisations communautaires aux parcs, aux maisons de quartier et aux lieux publics.

Le gouvernement fournit les infrastructures et le cadre administratif, tandis que les citoyens conçoivent eux-mêmes une grande partie de la programmation.

Phnom Penh pourrait adopter une démarche similaire. Un système de réservation simple, des autorisations plus faciles à obtenir et des partenariats renforcés avec les organisations de jeunesse et les associations civiques rendraient les espaces publics beaucoup plus accessibles.

Investir dans les personnes qui donnent vie à ces lieux est tout aussi important qu’investir dans les lieux eux-mêmes.

Donner aux habitants de Phnom Penh une raison de rester

Phnom Penh a réalisé des progrès importants dans la construction des fondations matérielles d’une capitale moderne.

Son prochain défi est moins visible, mais tout aussi essentiel. Les routes et les ponts permettent aux habitants d’atteindre une destination. Les communautés leur donnent une raison d’y rester.

 


Anovita Ing est cofondatrice de The Social Phnom Penh, une organisation communautaire destinée aux jeunes qui crée des événements réunissant étudiants et jeunes actifs. Elle participe également au programme de formation à l’écriture d’opinion de Cambodianess.

Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.

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