Le marché central de Phnom Penh
Connu localement sous le nom de Phsar Thmey qui signifie le « nouveau marché », le marché central de Phnom Penh a été construit en 1937 pendant la période coloniale française par plusieurs architectes internationaux dont Jean Desbois, Louis Chauchon et Wladimir Kandaouroff. Dominant le centre-ville, son dôme central de 50 mètres de diamètre et ses quatres ailes de 50 mètres de long, qui laissent passer l’air et la lumière, sont un exemple de l’architecture Art déco d’Asie du Sud Est.


Le Marché central de Phnom Penh, également appelé Phsar Thmey ou Phsar Thom Thmei, est l’un des principaux repères urbains et commerciaux de la capitale cambodgienne. Son imposante coupole jaune et ses quatre ailes rayonnantes en font un édifice immédiatement identifiable.
Le marché a été construit au cœur de l’ancien quartier chinois de Phnom Penh, sur le site d’un marais ou d’un lac de ruissellement qui recueillait les eaux de pluie pendant la saison de la mousson. La zone a commencé à être drainée et remblayée à partir de 1929.
À la fin des années 1920, la croissance rapide de la population de Phnom Penh, alors sous protectorat français, pousse l’administration à envisager la création d’un grand marché central. La capitale compte environ 90 000 habitants à cette période, contre 30 000 en 1875.
Phnom Penh sous protectorat français : une inauguration en septembre 1937
Les travaux de construction se déroulent principalement entre 1935 et 1937. Le marché est inauguré en septembre 1937, lors d’une cérémonie présidée par le roi Sisowath Monivong. À son ouverture, l’édifice est présenté comme le plus grand marché couvert d’Asie.
La conception du bâtiment est généralement associée à une équipe franco-indochinoise composée de Jean Desbois, architecte de la ville de Phnom Penh, de Louis Chauchon, architecte français, et de Wladimir Kandaouroff, ingénieur.
Cambodge : une architecture art déco adaptée au climat
Le Marché central constitue un exemple majeur de l’architecture art déco en Asie du Sud-Est. Sa structure monumentale est organisée autour d’un dôme central d’environ 26 mètres de hauteur, auquel se rattachent quatre grandes halles voûtées disposées en croix.
Cette organisation spatiale ne répond pas seulement à une recherche esthétique. La hauteur sous plafond, les ouvertures et la circulation de l’air dans les différentes ailes favorisent une ventilation naturelle. Le dispositif permet de maintenir des conditions relativement fraîches malgré les températures élevées de Phnom Penh.
La couleur jaune du bâtiment, sa coupole et ses volumes symétriques sont devenus une signature visuelle de la capitale. Le marché est ainsi considéré comme l’un des exemples les plus remarquables de l’architecture art déco héritée de la période coloniale.
Phnom Penh : des bijouteries aux produits frais
Le Marché central reste aujourd’hui un centre commercial très actif, fréquenté aussi bien par les habitants que par les visiteurs étrangers. Son organisation repose sur une répartition des activités par zones.
Sous le dôme central se trouvent principalement les bijouteries, les commerces d’or et d’argent, les montres ainsi que différents objets de valeur. Les ailes latérales et les galeries périphériques accueillent notamment des stands de vêtements, de textiles, de foulards, d’articles ménagers, de souvenirs et d’artisanat.
Le marché abrite également des commerces de produits électroniques, des gadgets, ainsi que des stands alimentaires et de petite restauration, souvent installés dans les zones les plus extérieures.
Depuis sa création, l’édifice conserve une fonction de plateforme d’échanges et de redistribution des marchandises à l’échelle de Phnom Penh et au-delà.
Phnom Penh : une rénovation entre 2009 et 2011
Au tournant des années 2000 et 2010, le Marché central fait l’objet d’une importante campagne de rénovation. La coopération française, notamment à travers des dispositifs associés à l’Agence française de développement, joue un rôle notable dans le financement et l’accompagnement du projet.

Le marché central en 2026 par Jeff Périgois
Les principaux travaux s’étalent entre 2009 et 2011. Ils comprennent la reconstruction de certaines ailes et du dôme endommagés, ainsi qu’une remise à niveau de la structure, de la peinture et des réseaux. L’objectif est également d’améliorer les conditions sanitaires et la sécurité des commerçants et des visiteurs.
Après sa réouverture, le marché poursuit sa double vocation : rester un lieu commercial majeur tout en préservant un édifice emblématique de Phnom Penh.
Phnom Penh colonial : un patrimoine majeur du Cambodge
Le Marché est néanmoins régulièrement présenté comme un site patrimonial majeur du Phnom Penh colonial et comme l’un des symboles de la ville.
Son attrait repose sur la rencontre entre plusieurs dimensions : l’architecture art déco, l’histoire de la période coloniale, les épisodes de guerre, les transformations urbaines et la vitalité du commerce contemporain.
Aujourd’hui, le marché figure parmi les lieux les plus visités de Phnom Penh. Les voyageurs viennent y découvrir ses volumes caractéristiques, observer la vie commerciale locale et admirer la coupole jaune, particulièrement visible dans les vues aériennes de la capitale.
Le Marché central demeure ainsi un trait d’union entre plusieurs époques de l’histoire cambodgienne : celle de la construction de la ville moderne, les années de conflits, la reconstruction et la renaissance urbaine de Phnom Penh.
Conseil aux visiteurs de Phnom Penh
Attention, le Marché central s’appelle ainsi en français — et en anglais, Central Market —, mais pas en khmer, où il est désigné comme « ផ្សារថ្មី », c’est-à-dire « nouveau marché ».
Le « ផ្សារកណ្តាល », littéralement « marché central », désigne un autre marché. C’est une source d’erreur fréquente. Assurez-vous donc que votre tuk-tuk a bien compris où vous vouliez aller, notamment en lui montrant une photo tirée de Google Maps, par exemple.
Informations pratiques
Horaires
Il est ouvert tous les jours de 6:30 à 17:30






