Victor Boissel expose les phnompenhoises à la Meta House
Présentée par le photographe Victor Boissel, cette collection s’intéresse à la place accordée aux femmes et aux enfants dans les rues de la ville de Phnom Penh


Le projet s’appuie sur une comparaison avec l’espace domestique. Lorsque des invités viennent à la maison, ils s’installent généralement sur le canapé pour boire un verre, manger, discuter, puis repartent. Le canapé est alors libre.
La personne qui peut s’y asseoir sans raison particulière est son propriétaire. Il n’a pas besoin de justifier sa présence : le canapé lui appartient et il peut en disposer comme il le souhaite.
Victor Boissel applique cette observation à la ville afin d’interroger la question de l’appropriation de la rue. Selon lui, l’espace public appartient d’abord à celles et ceux qui peuvent y rester sans objectif apparent.
Une femme présente dans la rue y est généralement pour travailler ou pour se déplacer. Sa présence répond donc à une raison identifiable. Selon lui,les hommes, à l’inverse, sont plus souvent représentés dans la rue sans activité explicitement définie : ils y attendent, dorment, se divertissent ou occupent simplement l’espace.
La collection entend ainsi redonner une visibilité aux femmes dans la rue de Phnom Penh.
Les enfants et l’appropriation de l’espace public
Le photographe consacre également une place importante aux enfants. Ceux-ci ne connaissent pas les codes sociaux qui régissent l’usage du canapé et, pour la plupart, ne travaillent pas.
Ils investissent donc plus spontanément l’espace public et la rue. À leurs yeux, la ville leur appartient encore. Ils ne savent pas encore quels enfants pourront un jour occuper pleinement la rue et lesquels devront s’y comporter comme des invités.
Cette incertitude constitue l’un des axes de réflexion de l’exposition, qui observe la façon dont les rapports sociaux se dessinent progressivement dans les rues de la capitale cambodgienne.
Des années de photographie dans les rues de Phnom Penh
Victor Boissel explique avoir photographié quotidiennement les rues de Phnom Penh pendant plusieurs années. À travers son objectif, il dit avoir observé le passage de milliers de personnes et saisi un reflet de l’époque.
Le photographe a ensuite cherché à donner une tonalité particulière à ce regard porté sur la ville, en accordant davantage de place aux femmes et aux enfants. Cette démarche l’a conduit à une analogie avec une règle associée aux naufrages de navires : les femmes et les enfants d’abord.
L’exposition met ainsi en regard la photographie de rue, les rapports de pouvoir dans l’espace public et la place accordée aux populations les moins visibles dans la vie quotidienne.
Informations pratiques1sept.28sept.
Du 1 sept. à 18:00
Jusqu'au 28 sept. à 18:00
Adresse
Meta House Phnom Penh
12302 Phnom Penh






