La légende du roi Jayavarman VII et d’Indradevi, nouveau ballet classique khmer

Par Lepetitjournal Cambodge | Publié le 21/08/2022 à 01:00 | Mis à jour le 21/08/2022 à 07:01
Photo : Facebook / Princess Buppha Devi Dance School
danse traditionnelle khmère

Les 27 et 28 aout, le théâtre national Chaktomuk accueillera la Légende du roi Jayavarman VII et d’Indradevi, un nouveau ballet de danse classique khmère.

 

Le ballet cambodgien, une tradition ancestrale qui laisse peu de place aux nouveautés

La danse classique khmère est l’héritière d’une longue tradition. Tous ses gestes sont codifiés, elle touche parfois au sacré et son inspiration majeure sont les contes du Ramayana ou Reamker. Les artistes sont donc amenés à puiser dans un répertoire. Ce fut d’ailleurs la tâche première que s’était fixée la Princesse Buppha Devi. Elle voulait restaurer ce répertoire après la tragédie khmère rouge. Son magnifique travail a été récompensé par l’inscription du ballet classique cambodgien au Patrimoine Oral et Immatériel de l’Humanité en 2008.

Toutefois, elle était elle-même déjà sortie du registre traditionnel cambodgien en créant sa dernière œuvre intitulée « Neang Waddhana Devi », inspirée de la mythologie grecque et du mythe de Psyché. La porte était dès lors ouverte à d’autres créations. C’est la route qu’a suivie le Prince Tesso Sisowath, directeur de l’école de danse « Princesse Buppha Devi ».

 

madame Om Yuk Vandy, professeure de danse classique à l’université des Beaux-Arts
Madame Om Yuk Vandy guide ses danseurs

 

Cette école poursuit le souhait de la Princesse d’ouvrir la danse classique khmère au plus large public possible. Elle accueille, dans des locaux gracieusement prêtés par Aquation et la Canadian International School, ceux qui veulent apprendre. Pour que cette école soit ouverte à tous, ses cours sont gratuits.

 

La naissance de l’œuvre

La Légende de Jayavarman VII et d’Indradevi est une œuvre nouvelle, qui respecte tous les canons de la danse classique traditionnelle cambodgienne.

Le ballet royal est très codifié et on danse toujours les mêmes répertoires. Même si notre spectacle est complètement nouveau, il respecte tous les codes du ballet classique : les mouvements, la musique, les chants...

 

Le Prince a également précisé que, même si l’histoire raconte les amours de Jayavarman VII et d’Indradevi, il ne fallait pas tomber dans le piège de copier le Reamker. Celui-ci met en scène l’idylle tragique entre Rama et Sita, fondatrice de la culture indienne.

 

Ici, il fallait raconter notre propre histoire khmère sur la base des sculptures des temples, et des écrits des experts.

 

La Légende de Jayavarman VII et d’Indradevi est née du talent de madame Om Yuk Vandy, professeure de danse classique à l’université des Beaux-Arts, qui a créé une chorégraphie en l’honneur d’Indradevi, deuxième épouse de Jayavarman VII. C’était une souveraine d’exception qui fit beaucoup pour la cause des femmes. Elle défendit notamment leur accès à l’enseignement et développa aussi des hôpitaux. Tandis que Jayavarman VII défendait le Royaume à la tête de ses armées, elle en assurait la régence.

 

"On dit qu’Indradevi est à l’origine de l’émancipation de la femme cambodgienne" nous confie le Prince.

 

L’idée de transformer cette chorégraphie en un spectacle conté revient au Prince Sisowath. Il nous explique :

 

Je lui ai demandé d’approfondir le projet. C’est sur cette base qu’elle a écrit une nouvelle histoire. 

 

Histoire d’amour sur fond de trame historique, La Légende de Jayavarman VII et d’Indradevi s’inspire de faits réels et documentés. Ce ne sont pas moins de 200 personnes qui s’affairent aujourd’hui à la préparation du spectacle.

 

Une reconstruction historique la plus fidèle possible

Afin d’offrir une reconstruction historique la plus complète possible, les auteurs du ballet ont exploré les différents temples de l’époque. Il s’agissait notamment, pour les costumes, d’être le plus fidèle à ceux que portaient les gens de l’époque. Une fois les croquis effectués, il fallut ensuite leur donner vie, ce qui ne fut pas une mince affaire.

Une attention particulière a aussi été portée sur les couronnes des deux souverains.

 

Les répétitions ont commencé au début de l’année à Aquation et à la Canadian International School et ont contraint les danseurs à travailler d’arrache-pied. Ce sont tous des amateurs passionnés qui doivent de ce fait prendre sur leur temps libre pour s’entraîner.

 

élèves école de danse khmère
Facebook / Princess Buppha Devi Dance School 

 

Les représentations auront lieu les samedi et dimanche 27 et 28 aout au théâtre national Chatomuk, à 15h et 18h. Les réservations sont conseillées, pour réserver téléphonez au 077 444 335.

La troupe espère que ces représentations ne sont que le début. Elle souhaite enchaîner sur une tournée nationale voire internationale.

 

 

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Raphael Ferry

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