En 2025, les exportations de latex reculent, mais la consommation intérieure explose. Tirée par l’industrie du pneu, la filière caoutchouc cambodgienne amorce un rééquilibrage stratégique.


Le Cambodge a tiré 603,6 millions de dollars des exportations de latex de caoutchouc naturel en 2025, soit une baisse de 9 % par rapport à 2024. Selon la Direction générale du caoutchouc, le pays a exporté 343 762 tonnes, en recul de 12,3 % sur un an.
Le prix moyen à l’export s’est toutefois légèrement apprécié, atteignant 1 756 dollars la tonne, soit 63 dollars de plus qu’en 2024.
Une consommation locale en forte progression
À rebours de cette tendance, la consommation intérieure a connu une envolée spectaculaire. Elle a bondi de 146 %, pour atteindre 124 321 tonnes, générant un chiffre d’affaires brut estimé à 223 millions de dollars, selon un rapport officiel publié par le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche.
Cette dynamique s’explique en grande partie par le développement industriel du pays.
« Les usines de pneus utilisent le latex produit localement comme matière première, ce qui crée un marché stable pour les planteurs et les exploitants de plantations », explique Lim Heng, vice-président de la Chambre de commerce du Cambodge.
Les usines de pneus, moteur de la demande
Le Cambodge compte actuellement sept usines de fabrication de pneus, principalement orientées vers l’exportation. D’après le ministère du Commerce, les exportations de pneus ont atteint 1,219 milliard de dollars entre janvier et novembre 2025, soit une hausse de 57,8 % par rapport à la même période de 2024.
Cette industrialisation progressive contribue à réduire la dépendance du secteur aux marchés extérieurs du latex brut, historiquement dominés par la Malaisie, le Vietnam, Singapour et la Chine.
Un potentiel encore important

Le pays dispose aujourd’hui de 448 051 hectares de plantations d’hévéas. Parmi eux, 346 842 hectares, soit environ 77 %, sont en âge d’être exploités. Un potentiel qui laisse entrevoir des marges de manœuvre importantes pour répondre à la demande locale tout en maintenant une capacité d’exportation significative.
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