Face aux risques sanitaires et environnementaux, le Cambodge renforce l’interdiction d’importer des déchets électroniques et développe ses capacités de collecte et de recyclage.


PHNOM PENH – Le ministère de l’Environnement a demandé aux autorités locales d’appliquer l’interdiction d’importer des déchets dangereux.
Dans une lettre datée du 29 juillet et rendue publique le 2 août, le ministre de l’Environnement, EANG Sophalleth, a rappelé que l’importation de déchets comme des batteries ainsi que d’équipements électriques et électroniques au Cambodge est strictement interdite par le Code de l’environnement et des ressources naturelles.
Malgré cette interdiction, le ministère a observé que certains distributeurs et exploitants d’entrepôts continuaient d’importer des appareils électroniques usagés mélangés à des déchets électroniques.
Cambodge : des substances toxiques qui menacent la santé publique
Ces équipements contiennent des substances dangereuses comme le mercure, l’aluminium, le nickel et le chrome. Lorsqu’elles sont rejetées dans l’environnement à la suite d’un stockage ou d’un tri inadéquat, ou lorsqu’elles ne sont pas traitées selon des méthodes respectant les normes de sécurité environnementale, ces substances peuvent avoir de lourdes conséquences sur la santé publique, la biodiversité et les écosystèmes.
Même si plusieurs propositions de projets d’investissement consacrés au recyclage de ces déchets ont été soumises aux autorités. Ces projets prévoyaient l’importation de produits dangereux afin de les traiter au Cambodge.
« Ce type de projet pourrait avoir de graves conséquences sur la santé publique et l’environnement et ne devrait pas être soutenu », a écrit EANG Sophalleth.
Selon le ministre, les autorités municipales et provinciales du pays ont reçu pour instruction de faire strictement respecter l’interdiction de l’importation des produits concernés.
Déchets électroniques : un défi croissant pour le Cambodge
Selon Earth.com, chaque année, environ 50 à 60 millions de tonnes de déchets électroniques sont produites dans le monde. Ce volume ne représente que 2 à 3 % de la quantité annuelle totale de déchets à l’échelle mondiale.
Cependant, les conséquences de ces déchets sur la santé humaine et l’environnement pourraient dépasser celles provoquées par l’ensemble des autres catégories de déchets réunies.
L’utilisation croissante des appareils électroniques, notamment des véhicules électriques, constitue depuis plusieurs années un nouveau défi pour le Cambodge. Pour y répondre, le pays travaille à améliorer le recyclage des déchets, ainsi que la gestion des déchets électroniques.
En 2017, le ministère de l’Environnement a publié sa première proclamation officielle consacrée à la gestion sûre des batteries. Le gouvernement cambodgien met également en œuvre sa Stratégie circulaire pour l’environnement 2023-2028, qui vise à favoriser une économie verte et à développer les initiatives liées au recyclage.
Batteries : des points de collecte installés au Cambodge
Selon le ministère, des bacs de collecte destinés aux batteries ont été installés dans différentes régions du pays. Le ministère mène également des campagnes de sensibilisation afin d’encourager la population à séparer les batteries des ordures ménagères ordinaires.
Selon des études réalisées au Cambodge, plus de 400 tonnes de batteries sont importées chaque année dans le pays. Toutefois, seulement 60 tonnes environ sont collectées et traitées dans des conditions sûres.
Recyclage au Cambodge : un processus plus complexe pour les équipements électroniques
Le recyclage des déchets électroniques est plus complexe que celui des déchets conventionnels. Le processus commence par un tri manuel au cours duquel les travailleurs classent les équipements selon leur type et leur modèle, avant de les transporter vers des installations spécialisées.
Les composants encore fonctionnels sont retirés afin d’être réutilisés. Les matériaux qui ne peuvent plus servir sont soumis à des opérations de traitement supplémentaires.
Les déchets restants sont ensuite broyés en petits morceaux après une phase de démantèlement. Cette étape permet de retirer les matières dangereuses et de limiter les risques de contamination de l’environnement.
Ecrit par : Torn Chanritheara
« Avec l’aimable autorisation de Cambodianess, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone. »
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