Le Cambodge s’est hissé à la première place mondiale dans la catégorie « Environnement naturel » du classement 2026 des meilleurs pays établi par U.S. News & World Report, en raison de sa faible empreinte industrielle et de la durabilité de ses ressources naturelles.


La catégorie « Environnement naturel » fait partie des huit critères évalués dans ce rapport publié le 13 mai. Cent pays ont été analysés à travers des domaines tels que la gouvernance, la santé, les infrastructures, les opportunités, la culture et le tourisme, ainsi que l’environnement naturel, selon une méthodologie fondée sur des données et pondérée par 42 experts internationaux issus du monde académique, de groupes de réflexion et d’organisations internationales.
Si le Cambodge se classe premier au niveau mondial pour l’environnement naturel, il n’occupe toutefois que la 91e place au classement général, toutes catégories confondues.
Cette catégorie mesure la durabilité à partir d’indicateurs tels que les émissions de carbone, l’évolution de la superficie forestière, la qualité de l’air et les espaces verts urbains.
Une reconnaissance saluée par le gouvernement
Selon le ministre de l’Environnement, Eang Sophalleth, cette distinction reflète les efforts du gouvernement pour protéger et conserver les ressources naturelles, comme il l’a déclaré dans un message publié sur Facebook.
« C’est un grand honneur pour le Cambodge et son peuple de recevoir une reconnaissance internationale pour les réalisations en matière de protection de l’environnement et de conservation des ressources naturelles », a affirmé Eang Sophalleth.
Le pays gère actuellement 73 zones protégées couvrant plus de sept millions d’hectares, soit environ 41 % du territoire national, dans le but de préserver les forêts, les habitats de la faune et la biodiversité grâce à des lois environnementales plus strictes.
Des experts appellent à la prudence
Des spécialistes de l’environnement accueillent toutefois ce résultat avec réserve, soulignant que des défis majeurs persistent, notamment la déforestation et la perte des écosystèmes.
San Mala, directeur exécutif de l’organisation Partnership for Environment and Development (PED), estime que ce classement est positif mais doit être interprété dans un contexte plus large.
« Le Cambodge est un pays en développement, il n’y a donc pas beaucoup de grandes usines industrielles. Nous ne subissons pas de pollution importante due aux émissions industrielles, ce qui contribue à préserver l’environnement naturel », a expliqué San Mala.
« Cependant, les forêts continuent d’être perdues et dégradées jour après jour, tandis que les droits des défenseurs de l’environnement sont de plus en plus restreints », a-t-il ajouté.
Selon Global Forest Watch, le Cambodge a perdu trois millions d’hectares de couverture arborée entre 2001 et 2025, dont environ 97 % dans des zones principalement touchées par la déforestation.
Gouvernance environnementale et critiques de la société civile
San Mala souligne que malgré la perte continue des forêts et l’exploitation illégale du bois, le gouvernement peine à assurer une protection efficace. Il évoque également une limitation du rôle des communautés autochtones, des militants écologistes et des ONG dans les activités de surveillance et de plaidoyer.
Par ailleurs, la participation de la société civile est souvent perçue comme nuisible à l’image du gouvernement, tandis que les rapports des ONG sont fréquemment jugés peu crédibles ou incomplets.
Il note également que, malgré la première place du Cambodge dans la catégorie environnementale, les résultats dans les sept autres catégories restent faibles, notamment en développement économique (97e), santé civique (95e) et infrastructures (91e), des domaines qui nécessitent des réformes.
« Je pense que nous [le gouvernement] devrions nous éloigner de la flatterie, où seuls les points positifs sont acceptés, tandis que les points négatifs ou les faibles scores sont généralement rejetés », a-t-il déclaré. « Il est temps de faire notre autocritique et d’analyser nos faiblesses pour nous améliorer. »
Des politiques environnementales appelées à se poursuivre
Khvay Atitya, porte-parole du ministère de l’Environnement, a indiqué à CamboJA News que les autorités poursuivront la mise en œuvre des politiques environnementales, notamment l’expansion de la couverture verte avec la plantation d’au moins un million d’arbres par an, ainsi que le soutien à l’amélioration des moyens de subsistance des communautés.
Seoung Nimol
Avec l'aimable autorisation de CamboJA News, qui a permis la traduction de cet article et ainsi de le rendre accessible au lectorat francophone.
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