À Siem Reap, des bourses scolaires offertes par la Reine Mère Norodom Monineath Sihanouk permettent à des élèves cambodgiens d’intégrer l’enseignement français et de faire vivre la francophonie.


À Siem Reap, la francophonie prend une forme très concrète : celle de bourses scolaires accordées à des enfants cambodgiens grâce à la Reine mère Norodom Monineath Sihanouk. Pensé comme un levier d’ouverture sociale et linguistique, ce dispositif permet à des élèves issus de familles modestes d’intégrer le système scolaire français et d’y construire un parcours complet. Philippe Durant-Massé, directeur du Lycée Français International Norodom Monineath Sihanouk — le nouveau nom de l’École française de Siem Reap — revient sur la genèse et la portée de cette initiative, au cœur du projet d’établissement.
Un engagement personnel de la Reine mère
L’attribution de ces bourses est indissociable du lien noué entre l’établissement et la Reine mère Norodom Monineath Sihanouk. Lorsque l’école adopte son nom, ce choix ne relève pas d’un simple hommage symbolique.
« Elle a accepté avec beaucoup de fierté. Elle nous a écrit à plusieurs reprises pour dire combien ce projet lui tenait à cœur et qu’elle souhaitait nous aider. »
C’était la première fois que la Reine Mère associait ainsi son nom à une école. Habituée à soutenir des projets sociaux et sanitaires, elle fait ici le choix d’un engagement éducatif durable, pensé dans la continuité de son attachement à la francophonie.
Développer l’école, élargir son public
Au-delà du symbole, ce changement de nom s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir de l’établissement. Longtemps limité au collège, le lycée entame désormais son développement vers le cycle terminal.
« Je me suis demandé pourquoi l’école s’arrêtait à la troisième. Rien n’empêchait, pédagogiquement ou financièrement, d’ouvrir une classe de seconde », nous confie Philippe Durant-Massé.
Aujourd’hui, une classe de seconde est ouverte et une demande d’homologation est en cours auprès de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Étranger. L’objectif est clair : permettre aux familles installées à Siem Reap d’envisager un parcours scolaire complet sans avoir à envoyer leurs enfants à Phnom Penh.
Des bourses accordées par la Reine mère pour ouvrir la francophonie
Le cœur du projet repose sur l’octroi de bourses scolaires accordées avec le soutien direct de la Reine Norodom Monique Monineath Sihanouk. Un engagement inédit dans le champ éducatif, pensé comme un levier concret pour élargir l’accès à l’enseignement français à Siem Reap.
« Nous avions un constat simple : notre école comptait près de 80 % d’élèves français ou binationaux. Très peu d’enfants cambodgiens. Or, si l’on veut faire vivre la francophonie, il faut aussi l’ouvrir. »
C’est dans cet esprit qu’a été mis en place un dispositif de bourses permettant aujourd’hui à quatorze élèves cambodgiens, de la maternelle à la classe de cinquième, d’intégrer le lycée. Les aides couvrent 90 % des frais de scolarité, les familles s’engageant sur les 10 % restants.
« L’engagement de la Reine Mère donne à ce projet une portée symbolique forte, mais surtout une crédibilité durable. Ce n’est pas un geste ponctuel, c’est un accompagnement dans le temps », souligne Philippe Durant-Massé.

Les boursiers. Photo Founie
Entrer dans le français, pas à pas
La majorité de ces élèves n’avaient qu’une connaissance très limitée du français à leur arrivée. L’école a donc mis en place un accompagnement spécifique.
« Ils sont en immersion complète, mais avec des heures de français langue de scolarisation, du travail en très petits groupes, et un maintien de l’enseignement du khmer à l’écrit. »
Les premiers résultats sont encourageants.
« Au bout de quelques mois, leur compréhension écrite atteint déjà 40 à 50 %. Ce sont des enfants très motivés, soutenus par leurs familles. »
Au-delà des cours, c’est tout l’environnement scolaire qui participe à cette immersion.
« Ici, le français est la langue de travail, mais la cour de récréation est plurilingue. On y entend le khmer, l’anglais et le français. C’est une francophonie vivante. »
Un engagement appelé à durer
L’engagement pris par l’établissement est d’accompagner ces élèves jusqu’au baccalauréat, à mesure que les classes seront homologuées.
« L’idée, c’est de les suivre jusqu’au bout. Cette initiative a donné un vrai sens au projet d’établissement.
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