Garde à vue : un face-à-face sous tension à Siem Reap
Après trois représentations à Phnom Penh, Garde à vue poursuit son parcours. Jouée à l’Institut français, la pièce a rencontré un vif succès public. C’est dans ce contexte, et avec le soutien de l’Alliance française, que cette adaptation théâtrale sera présentée à Siem Reap le 14 février, lors d’une représentation unique au Sofitel.


Ce huis clos, devenu un monument du cinéma français, trouve ici une nouvelle respiration scénique. Un commissariat désert, un soir de réveillon, deux hommes face à face, et une vérité qui se dérobe à mesure que les heures passent.
Jérôme Martinaud, notaire respecté et figure influente de la cité, est convoqué pour répondre de son emploi du temps à la suite du meurtre de deux fillettes. Ce qui devait être un simple entretien glisse rapidement vers un interrogatoire tendu. L’inspecteur Gallien resserre l’étau, tandis que son adjoint Belmont observe chaque faille, chaque hésitation. Les certitudes vacillent, les masques se fissurent.
Une plongée dans l’intime
Mais Garde à vue ne se limite pas à un affrontement policier. Sous couvert d’une garde à vue, le texte évoque des problématiques très personnelles : le silence, les non-dits, les frustrations d’un couple brisé. Le dénouement laisse le public face à ses propres certitudes et rappelle que la vérité n’est jamais aussi simple qu’elle en a l’air.
« La pièce est à la fois intelligente, noire, triste, drôle, pathétique. Elle mélange énormément d’aspects et de facettes qui ne donnent pas toujours le meilleur visage de l’humanité, et c’est ce qui la rend éloquente », explique Antoine Bancel.
Une mise en scène collective, au plus près des acteurs
La mise en scène a été pensée de manière collective. Un choix exigeant, rendu possible par une écoute attentive entre les comédiens, un respect profond du travail de chacun et un long cheminement individuel autour des personnages.
« Aimer son personnage, rendre cohérentes ses actions avec ses pensées, est indispensable », résume Raphaël Ferry. « Il vaut mieux se laisser porter par son personnage que de chercher à le forcer. »
Ainsi, les acteurs bénéficient d’une liberté de jeu propre à ce qu’ils ressentent à l’instant où ils jouent. « Pour jouer vrai », dit Raphaël. Ce travail a également bénéficié du regard extérieur de Marie-Jeanne Maini, venu nourrir et affiner la construction du spectacle.
Une aventure née d’une rencontre entre des comédiens et un texte
L’origine du projet remonte à une rencontre lors d’un festival d’improvisation en avril dernier. Yamine Boudemagh, du théâtre EKKOLO de Bangkok, qui avait monté Garde à vue, transmet le texte à Raphaël Ferry. De retour à Phnom Penh, celui-ci réunit une troupe de comédiens autour de ce projet.
Antoine Bancel et Luc Yniesta, déjà bien connus du public francophone local, sont rapidement de l’aventure. Le public découvre également Élodie Hannhart, nouvelle arrivée, dont l’enthousiasme et l’engagement ont marqué le travail collectif.
« La pièce va bien au-delà de la garde à vue. C’est un huis clos extrêmement riche, avec plusieurs niveaux de lecture. Le travail collaboratif permet à chacun d’amener son angle et, en mêlant nos différences, on arrive à quelque chose de très cohérent », confie-t-elle.
Jouer après les géants
La question de reprendre un texte marqué par les interprétations de Lino Ventura, Michel Serrault, Guy Marchand et Romy Schneider s’est posée. Mais s’interdire de jouer ce qui a été porté par les plus grands reviendrait à s’interdire tout le répertoire. Le choix ici est clair : ne pas imiter, ne pas regarder en arrière, mais faire entendre le texte aujourd’hui, avec sincérité.
Informations pratiques
La pièce n’est pas adaptée aux jeunes enfants, mais peut être vue par des lycéens.
Avec : Antoine Bancel, Raphaël Ferry, Élodie Hannhart et Luc Yniesta



Informations pratiques14févr.
De 18:30 à 20:00
Adresse
Sofitel Angkor Phokeethra Golf and Spa Resort
Sieam Reap






