Édition internationale

Avec Angkor Database, Bernard Cohen préserve la mémoire du Cambodge

À Siem Reap, Angkor Database rassemble archives, ouvrages et témoignages pour rendre l’histoire cambodgienne plus accessible aux chercheurs, aux étudiants et au public.

Avec Angkor Database, Bernard Cohen préserve la mémoire du Cambodge Avec Angkor Database, Bernard Cohen préserve la mémoire du Cambodge
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 26 septembre 2026

Installée au sein de l’hôtel Templation, à proximité immédiate du parc archéologique d’Angkor, la bibliothèque de Bernard Cohen constitue le point de départ d’un vaste travail consacré à la préservation des archives du Cambodge.

C’est dans cet espace devenu trop étroit pour accueillir l’ensemble des visiteurs dans de bonnes conditions que Bernard Cohen, ancien journaliste, traducteur et historien, poursuit chaque jour l’enrichissement d’Angkor Database.

Créée à l’initiative de l’hôtel Templation, cette plateforme rassemble des documents consacrés à l’histoire du Royaume. Elle vise à rendre accessibles des ressources parfois dispersées à l’étranger ou difficiles à consulter, notamment pour les chercheurs, les étudiants et les visiteurs intéressés par le patrimoine cambodgien.

« Angkor Database est une plateforme consacrée aux archives du Cambodge », explique Bernard Cohen. Grâce à sa proximité avec les temples d’Angkor, l’hôtel Templation est également devenu un lieu de consultation et de transmission consacré à l’histoire du pays.

Le site de :  Angkor Data Base

L’objectif est double : proposer des ressources historiques aux chercheurs internationaux et permettre aux jeunes Cambodgiens de retrouver une partie de leur histoire.

Angkor Database : un travail d’archivage au Cambodge

La recherche historique sur le Cambodge reste confrontée à la dispersion et à la difficulté d’accès aux archives. Les étagères de la bibliothèque rassemblent des documents dans plusieurs langues.

« Le but est de mettre à disposition du public des données qui se trouvent à l’étranger ou qui sont très difficiles d’accès, parce qu’elles sont dispersées un peu partout », précise-t-il.

« Cette photo dont personne n’avait connaissance vient des archives de The John F. Kennedy Presidential Library », digresse-t-il en évoquant une photographie de la princesse Rasmi Sobhana à la Maison-Blanche avec le président Kennedy, en 1963.

Angkor Database compte aujourd’hui plusieurs dizaines de milliers de documents et est consultée depuis différents pays. La bibliothèque de Siem Reap ne peut accueillir qu’un nombre limité de visiteurs. La conservation numérique constitue donc un élément central du projet.

« Nous ne touchons pas aux photographies. Nous ne les colorisons pas. Ces documents constituent une source historique qui doit être documentée avec précision », affirme Louis Scotti.

Une attention particulière est accordée à la description de chaque document. Le lieu, la date et l’auteur doivent être indiqués chaque fois que ces informations sont disponibles. Ce travail de référencement permet de mieux comprendre le contexte des images et d’en faciliter l’utilisation par les chercheurs.

The Art of Culinary : un hommage à la gastronomie cambodgienne

Le travail d’archivage mené autour du patrimoine cambodgien a également conduit à la publication de livres. « Le Cambodge est un pays avec une culture artistique riche », rappelle Bernard Cohen.

C’est dans cette perspective qu’il a participé à la réédition de l’ouvrage Art of Culinary of Cambodia. Publié pour la première fois en 1960 par la princesse Norodom Rasmi Sobbhana, le livre est consacré à la cuisine cambodgienne. Il rassemble notamment des recettes et des éléments liés aux publications de la Cour royale.

La nouvelle édition, publiée en 2021, compte plus de deux cents pages. Elle repose sur un travail de recherche, de collecte et de préparation culinaire. Cinq menus équilibrés ont été retenus parmi environ trois cents recettes afin de présenter différentes dimensions de la cuisine cambodgienne.

Pour Bernard Cohen, cet ouvrage constitue à la fois un document culinaire et une source historique culturelle du pays. Il se souvient notamment d’une rencontre à la poste : « Une jeune fille a semblé émue face au livre. Elle m’a raconté que sa grand-mère évoquait régulièrement la princesse, puisqu’elle avait été son enseignante. »

La réédition possède également une dimension éducative. Les recettes et les recherches réunies dans l’ouvrage ont contribué au financement de bourses destinées à des étudiants de l’Université royale de Phnom Penh. Une huitième bourse devrait prochainement être attribuée aux étudiants.

Préserver la mémoire du Cambodge

Bernard Cohen ne se présente pas comme un historien du Cambodge, mais comme un passeur de mémoire et de ressources. Son implication et sa passion pour l’histoire du Royaume pourraient en prouver le contraire.

« Nous donnons des outils qui permettent aux chercheurs et aux historiens de faire des synthèses plus facilement et plus en profondeur », explique-t-il.

À travers ses archives, ses livres et ses échanges avec les étudiants, Bernard Cohen  souhaite contribuer à la construction d’une mémoire cambodgienne accessible au plus grand nombre. « Ce travail constitue ma modeste contribution à ces évolutions », finit-il par conclure.

Ludivine Nicolas

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