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Au Cambodge, Florence Helaine transforme les casques de moto en œuvres d’art

Installée au Cambodge depuis cinq ans, Florence Helaine partage son temps entre l’enseignement du français, la création de casques personnalisés et une activité solidaire destinée à aider des enfants défavorisés. Avec MadHelmet Flo's design, elle imagine des casques à cornes, à dents, à plumes ou inspirés de la culture japonaise. Et dans sa boutique, elle collecte aussi vêtements et objets afin de les redistribuer aux personnes qui en ont besoin.

florence florence
Photo fournie
Écrit par Raphaël FERRY
Publié le 6 septembre 2026

Française née à l’étranger, Florence a vécu dans plusieurs pays. La vie l’a conduite à vivre au Vietnam, où elle resta cinq ans, puis s’installa au Laos. Après avoir perdu son emploi à cause de la pandémie de Covid, elle arriva au Cambodge.

« Je voulais venir au Cambodge depuis longtemps. Quand je suis arrivée ici, j’étais contente. C’était finalement le pays où je voulais être. J’aime ce pays, les gens, la culture. J’apprends le khmer et je m’y sens bien. J’ai vécu dans beaucoup de pays, mais il n’y en a pas beaucoup où je me suis sentie vraiment chez moi. »

Professeure indépendante de français à Phnom Penh

Florence donne des cours particuliers de français, principalement à des adultes. Elle travaille uniquement en présentiel et ne participe à aucun programme scolaire. Ses élèves ont des profils variés : débutants, personnes souhaitant retrouver un niveau étudié plusieurs années auparavant, francophones désireux de progresser ou étudiants en médecine ayant besoin de cours supplémentaires après leur passage à l’Institut français.

Elle accompagne aussi quelques enfants, mais cette activité reste minoritaire.

« Ma manière d’enseigner est le résultat de nombreuses années d’expérience dans plusieurs pays. Je parle plusieurs langues et je comprends plus facilement les difficultés qu’un Khmer peut rencontrer en français, ou celles d’un étranger qui apprend cette langue. »

 

madhelmet

 

MadHelmet Flo’s Design, des casques qui attirent les regards

L’activité de création et de personnalisation de casques de Florence s’appelle MadHelmet Flo’s Design.

Cette idée est née au Vietnam, où elle circulait régulièrement à moto. Elle avait alors été frappée par le nombre de personnes roulant sans casque ou portant des modèles très peu protecteurs. Son expérience de cinq années passées dans le domaine de la chirurgie lui a fait mesurer les conséquences des accidents de la route.

« Après avoir travaillé cinq ans en chirurgie, j’ai vu beaucoup d’accidentés de la route. Le cerveau est vraiment l’organe que l’on répare le moins facilement. »

Pour Florence, le casque est donc indispensable, même pour un trajet court ou une simple chute à l’arrêt. Mais elle peut comprendre aussi pourquoi certaines personnes hésitent à porter les modèles classiques.

« Les femmes sont maquillées, bien habillées, puis elles doivent mettre une horrible casserole sur la tête. Même moi, je trouvais ça très laid. »

D’où l’idée d’embellir ces casques de moto, de les personnaliser pour que celui qui le porte se reconnaisse dedans. Dès lors, son imagination s’est largement envolée : casques à cornes, à dents, à plumes, inspirés des samouraïs, des casques romains, ou plus à plumes ou à fleurs.

Certains modèles restent discrets. D’autres sont beaucoup plus spectaculaires. Florence réalise également des casques en jean, sa véritable signature.

Elle réalise également des chaussures assorties pour certains modèles féminins. Les tissus peuvent être fournis par les clientes, puis transformés selon leurs goûts.

Un casque peut changer l’attitude sur la route

Pour Florence, le casque ne transforme pas seulement l’apparence. Il modifie aussi la manière de se tenir et de conduire.

« Une femme qui porte des tongs, un short et un grand tee-shirt ne marche pas de la même façon qu’une femme qui porte un tailleur et des chaussures à talons. Mes casques produisent un peu le même effet sur la conduite. »

 

MadHelmet Flo's design

 

Elle raconte avoir constaté cette transformation avec ses propres créations. Un casque à cornes ou à dents ne donne pas la même allure qu’un modèle noir classique.

Dans les rues de Phnom Penh, les réactions sont aussi immédiates. Les enfants s’étonnent, les passants se retournent et certains automobilistes ralentissent pour mieux observer.

« Au Cambodge, les réactions sont très visibles. Les gens regardent, font du bruit, certains sont surpris ou un peu effrayés. Mais au moins, on vous voit sur la route. »

 

MadHelmet Flo's design

Et cette visibilité peut aussi améliorer la sécurité.

« Je pourrais sortir en maillot de bain avec seulement un casque. Ce n’est pas le maillot que les gens remarqueraient, c’est le casque ! »

Des prix qui restent abordables

La créatrice ne travaille pas à partir d’un catalogue fixe. Elle commence par discuter avec son client. Elle s’intéresse à ses couleurs préférées, à celles qu’il n’aime pas, à ses passions et aux pays ou cultures qui l’inspirent : Japon, Asie, Afrique ou encore univers fantastique.

« J’écoute beaucoup la personne. Certaines sont très timides. Je prends le temps de l’écouter avant de proposer un casque. »

Les premières commandes sont souvent assez sobres. Le modèle en jean constitue fréquemment une première étape pour les clients qui n’osent pas encore porter une création très voyante.

Le prix de la personnalisation commence généralement à 30 ou 35 dollars lorsque le client fournit le casque. Le montant augmente selon les matériaux utilisés et le temps de travail.

Sa clientèle va de 18 à 65 ans. Elle se compose principalement de motards, même si quelques personnes achètent aussi un casque comme objet décoratif ou souvenir.

Il est important de noter que les décorations n’empiètent en rien sur la sécurité des casques qui lui sont confiés. Aucun trou n’est percé, les ajouts sont en matière souple ou déformable, ce qui n’influe en rien sur la fonction première d’un casque : protéger la tête de celui qui le porte.

Des créations pour des personnalités singulières

Les casques de MadHelmet Flo’s Design sont visibles sur rendez-vous. Florence partage son temps de création avec ses cours et ses activités solidaires.

En effet, le lieu où Florence donne ses cours sert également de petit dépôt solidaire. Elle y rassemble des vêtements et divers objets qui lui sont donnés ou confiés.

 

mad design

 

Grâce à leur vente, Florence vient en aide à des ONG comme Buck Hunger, une organisation qui distribue des repas aux enfants pauvres de Beang Trabek, ou Light of Mercy ou Ptea Clara. L’espace reste limité. Les prix vont de 50 cents à environ 50 dollars pour les vêtements les plus coûteux. On y trouve aussi des pièces neuves, des articles vintage et des vêtements qui n’ont pas convenu à leur acheteur initial.

Les personnes qui souhaitent déposer des affaires ne paient rien. Florence demande simplement que les objets soient adaptés à la vocation du magasin et que l’espace disponible le permette.

Des dons redistribués aux familles défavorisées

Elle trie les dons, prépare des lots et les dépose auprès des personnes ou des structures qui en ont besoin. Elle se définit comme un relais.

« Je suis surtout un pont. Je reçois les choses, je les trie et je les fais parvenir là où elles doivent aller. »

 les actions solidaires

Elle aimerait continuer à développer sa boutique, tout en conservant son fonctionnement simple et indépendant. Les dons, les vêtements et les objets peuvent être déposés sur rendez-vous, dans la limite de l’espace disponible.

Pour les casques personnalisés comme pour la boutique solidaire, Florence avance avec les moyens dont elle dispose, en essayant de transformer chaque rencontre en une occasion d’aider ou de créer quelque chose de différent.

Pour suivre MadHelmet Flo's design : son facebook 

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