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Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion

L’École Française Internationale de Phnom Penh L’École Française Internationale de Phnom Penh (EFI) s’apprête à vivre une rentrée particulière. Dix ans après son ouverture, l’établissement accueille une nouvelle génération d’élèves avec plusieurs nouveautés, notamment le lancement du Programme du diplôme du Baccalauréat International.

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Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 1 septembre 2026

Une rentrée également marquée par les résultats obtenus aux examens 2026 et, au-delà de l’EFI, par l’ouverture prochaine de l’Université Francophone d’Asie (UFA) à Phnom Penh. Nous avons rencontré Fabrice Filachet, principal de l’EFI et co-directeur pédagogique de l’UFA.

Le Petit Journal : Fabrice, cette rentrée 2026 a une saveur un peu particulière pour l’EFI ?

Fabrice Filachet : Oui, absolument ! C’est même une rentrée assez symbolique puisque nous célébrons cette année les dix ans de l’EFI.

Lorsque l’école a ouvert ses portes en août 2016, elle accueillait 42 élèves. Quelques mois auparavant, en janvier, nous avions commencé avec une classe pilote de seulement quatre enfants ! Dix ans plus tard, nous accueillons plus de 215 élèves, de la maternelle à la Terminale, représentant plus d’une trentaine de nationalités. Mais au-delà des chiffres, ce qui est intéressant, c’est surtout de regarder le chemin parcouru. En dix ans, l’EFI a progressivement construit un modèle éducatif assez singulier, à la croisée des systèmes français et internationaux. Nous sommes aujourd’hui une école Cambridge International, membre du réseau AEFE et, depuis février dernier, une école du monde de l’IB autorisée à proposer le Programme du diplôme.

Quand on repense aux quatre premiers élèves de janvier 2016, on mesure le chemin parcouru 10 ans plus tard !

LPJ : Quel regard portez-vous justement sur ces dix premières années ?

FF : Beaucoup de fierté, mais surtout énormément de reconnaissance envers toutes les personnes qui ont participé à cette aventure.

Une école ne se construit pas uniquement avec des programmes ou des bâtiments. Elle se construit avec des enseignants, des élèves, des familles et une communauté. Plusieurs centaines d’enfants sont passés par l’EFI depuis sa création et ont ensuite poursuivi leur parcours dans de nombreux pays et systèmes éducatifs.

C’est probablement ce dont nous sommes le plus fiers : avoir construit une école profondément internationale tout en conservant un ancrage francophone très fort.

L’idée de départ était de permettre à des enfants évoluant dans un environnement international de bénéficier à la fois de la richesse du système éducatif français et de celle des programmes internationaux. Dix ans plus tard, cette philosophie reste vraiment au cœur de notre projet.

 

Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion

 

LPJ : Cette rentrée marque aussi le lancement du Baccalauréat International à l’EFI. Pourquoi cette évolution ?

FF : C’est effectivement l’une des grandes nouveautés de cette rentrée.

À l’issue d’une campagne d’autorisation particulièrement rapide, menée en seulement 18 mois, l’EFI a obtenu en février dernier l’autorisation officielle de proposer le Programme du diplôme du Baccalauréat International (IB DP). Nos premiers élèves débutent donc le programme cette année et passeront leurs examens en mai 2028.

Nous avons souhaité construire un programme véritablement bilingue français-anglais, qui offre à chaque élève une grande liberté dans la construction de son parcours. Pour chacun de leurs enseignements, les élèves peuvent choisir d’étudier une matière en français ou en anglais, en fonction de leurs préférences, de leurs compétences et surtout de leur projet personnel et universitaire. Ils construisent ainsi un parcours bilingue qui leur ressemble, tout en préparant un diplôme international reconnu par les universités du monde entier.

C’est finalement la continuité logique du parcours proposé depuis la maternelle : nous ne voulons pas simplement apprendre deux langues aux élèves, nous voulons leur permettre d’apprendre, de réfléchir et de travailler dans deux langues.

 

Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion

LPJ : Avant de parler de cette nouvelle promotion, les derniers résultats 2026 viennent justement de tomber. Quel bilan faites-vous ?

FF : Le bilan est très positif (100 % de réussite dans l’ensemble des examens) et nous sommes évidemment très heureux pour nos élèves.

Ce qui nous intéresse particulièrement, c’est la diversité des examens auxquels ils se présentent. Nos élèves préparent des certifications françaises et internationales : le Diplôme National du Brevet, les IGCSE et A Levels de Cambridge, le Baccalauréat français, mais également différentes certifications linguistiques comme le DELF pour le français et le HSK pour le chinois.

Les résultats obtenus cette année confirment que notre modèle bilingue fonctionne. Nos élèves réussissent dans des systèmes d’évaluation différents, en français comme en anglais.

C’est important car notre objectif n’a jamais été d’opposer les systèmes éducatifs. Au contraire, nous cherchons à prendre ce qu’ils ont de meilleur et à préparer nos élèves à évoluer avec aisance dans différents environnements académiques.

 

Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion

 

LPJ : Est-ce que cette réussite se mesure également dans l’orientation de vos élèves récemment diplômés ?

FF : Oui, et c’est probablement l’indicateur que nous regardons avec le plus d’attention.

Une école secondaire doit évidemment préparer ses élèves aux examens, mais elle doit surtout les préparer à ce qui vient après. Nos premières promotions poursuivent désormais leurs études supérieures dans plusieurs pays et dans des établissements très différents. Voir des élèves passés par l’EFI rejoindre des universités comme RMIT, Imperial College London, Durham University, Paris Dauphine-PSL ou encore l’ESSEC est extrêmement gratifiant.

LPJ : Dix ans après sa création, l’EFI a-t-elle encore vocation à grandir ?

FF : Oui, mais grandir ne signifie pas nécessairement devenir beaucoup plus gros !

Nous voulons surtout continuer à améliorer la qualité et la diversité de ce que nous proposons.

Ces dernières années ont été très structurantes : homologation AEFE, autorisation IB, développement de Cambridge, consolidation du collège et du lycée, développement des activités sportives et extrascolaires…

Nous entrons probablement maintenant dans une nouvelle phase de l’histoire de l’école, davantage tournée vers la consolidation de ces programmes et l’accompagnement individuel des élèves.

Nous souhaitons conserver ce qui fait partie de l’ADN de l’EFI depuis le début : une école internationale, mais à taille humaine.

LPJ : Et l’année 2026 marque également une autre étape puisque vous participez à l’ouverture de l’UFA-Université Francophone d’Asie. Comment est né ce projet ?

FF : D’une réflexion finalement assez simple.

Depuis plusieurs années, nous voyons grandir au Cambodge une génération de jeunes francophones et francophiles parfaitement à l’aise dans des environnements internationaux. Pourtant, au moment de commencer leurs études supérieures, l’offre universitaire francophone accessible localement reste encore limitée.

L’idée de l’Université Francophone d’Asie, l’UFA, est donc de contribuer à créer une nouvelle passerelle entre l’Asie du Sud-Est et l’enseignement supérieur français.

L’UFA ouvrira ses portes à Phnom Penh, à Koh Pich, avec une première rentrée universitaire le 1er octobre 2026. Sa première formation sera une Licence de Gestion – parcours Management des Organisations et Digitalisation, proposée en partenariat avec l’Université Paris-Panthéon-Assas et l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Les étudiants suivront à Phnom Penh le programme de la licence et pourront obtenir un diplôme national français délivré par Paris-Panthéon-Assas.

 

Dix ans après sa création, l’EFI poursuit son expansion

LPJ : De l’EFI à l’UFA, on retrouve certains éléments communs : l’ancrage francophone, l’ouverture internationale et la volonté de construire des parcours reconnus en France comme à l’étranger. Peut-on parler d’une forme de continuité dans la vision éducative portée par ces deux projets ?

FF : Oui, même si l’EFI et l’UFA sont bien deux établissements distincts, avec leurs propres missions et leurs propres structures, il existe clairement un ADN commun. Dans les deux cas, l’ambition est de proposer au Cambodge des parcours éducatifs francophones exigeants, ouverts sur l’international et permettant aux élèves puis aux étudiants de construire leur avenir sans être enfermés dans un seul système ou un seul espace géographique.

Il existe également une vraie continuité dans les parcours. L’EFI accompagne les élèves de la maternelle jusqu’à la fin du secondaire, tandis que l’UFA vient enrichir l’offre d’enseignement supérieur francophone disponible au Cambodge. Cela contribue progressivement à construire un véritable continuum éducatif, de la maternelle à l’université.

Mais cette logique dépasse évidemment les seuls élèves de l’EFI. L’UFA a une vocation beaucoup plus large : elle souhaite accueillir des étudiants cambodgiens, mais aussi, à terme, des étudiants francophones et francophiles venus de toute l’Asie du Sud-Est.

LPJ : Finalement, entre les dix ans de l’EFI et l’ouverture de l’UFA, 2026 semble être une année assez particulière…

FF : Elle l’est !

Dix ans après l’ouverture de l’EFI, nous voyons aujourd’hui se structurer au Cambodge une offre éducative francophone de plus en plus riche, diversifiée et ouverte sur l’international. L’EFI en est un exemple dans l’enseignement scolaire et l’ouverture de l’UFA vient désormais contribuer à cette dynamique dans l’enseignement supérieur. Cette évolution prend une dimension toute particulière alors que le Cambodge accueillera prochainement le XXe Sommet de la Francophonie. C’est une formidable occasion de rappeler que la francophonie ne se résume pas à la pratique d’une langue : elle est aussi un espace d’éducation, de formation, de mobilité et d’opportunités pour les jeunes générations.

À notre échelle, c’est ce que nous cherchons à construire : faire du français non seulement une langue que l’on apprend, mais une langue dans laquelle on peut étudier, construire son parcours et préparer son avenir, ici même au Cambodge.

 

On le voit, Fabrice, votre rentrée s’annonce bien chargée. Nous vous remercions d’avoir pris le temps de répondre aux quelques questions du Petit Journal et souhaitons à tous vos élèves ainsi qu’à vos futurs étudiants une excellente année scolaire 2026-2027.

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