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BUCAREST CENTENAIRE - Le Palais Sutu, la définition de l'opulence

Par Bucarest/Centenaire | Publié le 10/07/2018 à 00:00 | Mis à jour le 12/07/2018 à 09:49
Photo : Source: Ruxandra Diana Scripcariu
Bucuresti,_Romania,_Palatul_Sutu,_B-II-m-A-18221,_(1)

L’amalgame d’influences orientales et occidentales, promu par la société bucarestoise pendant les premières décennies du XIXe siècle, se reflète aussi dans l’architecture de l’époque. Parfois, le meilleur témoin de l’histoire d'un peuple est privé de la parole, nous allons donc vous raconter l'histoire du Palais Sutu...

 

Situé sur la place de l’Université, le Palais Sutu représente une des plus vieilles résidences aristocratiques de Bucarest, et un des derniers bijoux architecturaux à être restés encore intacts depuis maintenant 200 ans après sa construction. Élevé dans la première moitié du XIXe siècle et inauguré en 1835, l’édifice dénotait dans le paysage bucarestois de l'époque grâce à son caractère fortement «occidental». La naissance du palais est due au postelnic d’origine grecque, Costache Sutu, une personnalité controversée de l’époque, à cause des nombreux conflits personnels ou politiques dans lesquels il était impliqué; il dénotait de par son goût particulier pour le luxe et l’élégance. Son palais aurait même suscité l’envie du prince souverain Alexandru Ioan Cuza qui, arrivé à Bucarest après la Petite Union de 1859,  aurait demandé aux pompiers d’enlever le blason de la famille Sutu exposé sur la façade de la résidence. D’un autre côté, le Roi Carol I en personne participait aux  fameux bals de fin d'année qui étaient organisés au sein du Palais.

 

Les travaux de construction commencèrent d’après les plans des architectes viennois Johann Veit et Conrad Schwinck. Le palais resplendissait littéralement de par son architecture de style néo-gothique, disposant d’une entrée large, majestueuse et de grandes fenêtres ogivales, qui contrastaient avec la prédilection pour les formes rectangulaires du Bucarest phanariote de l'époque. Costache Sutu y a amené l’un des objets les plus symboliques de la résidence, un candélabre en laiton formé de 24 chandeliers, commandé à un fameux artisan autrichien et installé en 1836. Après la mort du postelnic, son fils, Grigore Sutu et sa femme Irina, ancienne Hagi Mosco, deviennent propriétaires du manoir, le couple tenant à garder l’atmosphère d’une résidence aristocratique ; la nouvelle âme du palais devient ainsi Irina Sutu.

 

Pendant les années 60, sa décoration intérieure s’enrichit, suite aux travaux du sculpteur renommé, Karl Storck. Un somptueux escalier en bois de chêne divisé en deux bras symétriques, constitue la pièce maîtresse de la maison, dominé par un immense miroir commandé à Venise et arrivé dans les Principauté Roumaines par la voie du Danube, sur un bateau à vapeur. Son encadrement est couronné par un médaillon sculpté en bois noble à l’effigie d’Irina Sutu. L’escalier qui permet l’accès aux étages supérieurs n’est pas le seul objet reflété par le miroir ; on y voit aussi une horloge inversée fabriquée par la prestigieuse Maison Collin de Paris, disposée de telle façon qu’il n’est possible d’en lire l’heure qu’en contemplant son reflet. A noter également la coupole richement décorée, les murs peints en style pompéien, ou le plafond orné de moulages colorés ou dorés.  

 

C’est bien là la véritable période de gloire du Palais Sutu et même les simples passants s’arrêtaient devant son jardin, pour y admirer les paons, les pélicans et les faisans. Suite à la multiplication des événements mondains qui y sont organisés, les propriétaires rajoutent en 1875, une élégante marquise en fer forgé à l’entrée, la transformant en un véritable perron. En 1886, Grigore Sutu entreprend les derniers travaux pour renforcer le bâtiment, supervisés par l’architecte français Paul Gottereau, qui complète l’ensemble avec une serre.

 

En 1956 le Palais Sutu devient le siège du Musée de la Municipalité de Bucarest, ses visiteurs pouvant admirer un portrait de Vlad Tepes, des vêtements et armements du XVI-XVIIIe siècle, la première Bible en langue roumaine, l’épée de Constantin Brancoveanu, des photos de voitures et de tramways du début du XXe siècle et «La déesse de Vidra», une statuette féminine appartenant à la culture Gumelnita.  

 

Sources: E-architecture.ro, Muzeulbucurestiului.ro, Adevarul.ro    

 

Ana-Maria Roșca

 

Article réalisé dans le cadre du Programme Culturel București - Centenar avec le soutien de Primăriei Municipiului București à travers Administrația Monumentelor și Patrimoniului Turistic 

 

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