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SEMANA SANTA: le temps des Fraternités et Confréries en Andalousie

Par Manuel Gordillo | Publié le 23/03/2022 à 19:40 | Mis à jour le 23/03/2022 à 19:40
Photo : Joaquín Turina y Areal, Sortie de Jesús de la Pasión. Confrérie de la Passion de Séville
Cofradía de la pasión Sevilla

Les processions de la Semana Santa, le nom donné par les Espagnols à la semaine précédant le dimanche de Pâques, du 10 au 17 avril cette année, sont devenues un spectacle à la fois religieux et culturel, des jours ou les croyants défilent dans les rues des villes andalouses et portent sur leurs épaules et leurs cous les trônes de leurs « cofradías » (confréries de pénitents).

Cette tradition, si profondément ancrée en Andalousie, trouve ses racines à la fin du Moyen Âge, avec les “cofradías”, lorsque ont été reprises les terres andalouses par Isabel et Fernando, les “Reyes Catolicas”, jusque là gouvernées par les dynasties musulmanes. 

Origines des “Cofradías “

Les  “Cofradías “ (confréries)de la Semaine Sainte sont des entités liées à l'Église catholique. Il s'agit d'"Associations publiques de fidèles" réglementées par le Code du droit canonique.

Elles trouvent leur origine dans les “Guildes” qui existaient à la fin du Moyen Âge, avec un but principalement d’entraide entre leurs membres. Ainsi, l'origine de nombreuses confréries se trouve dans les guildes de vignerons, de tonneliers, ou de forgerons, pour ne citer que quelques exemples. Mais ils unissaient aussi les habitants d'une région ou encore ceux d'une ethnie, sur ce thème on trouvait par exemple la  “Cofradía “ des Gitans

 

Un objectif d’aide entre “hermanos”

L'objectif des  “Cofradías “ était d'assister ses membres, que l’on nommait cofrades ou hermanos, en cas de maladie. Mais fondamentalement, le but final était de leur offrir une sépulture dans les cryptes des églises à leur décès.

Le professeur Sánchez Herrero souligne que "les  “Cofradías “ autour de la Passion et de la Mort du Christ ou celles dont le but est de contempler la douleur humaine du Christ n'ont commencé à se développer en Espagne qu'à la fin du Moyen Âge, c'est-à-dire aux XIVe et XVe siècles, et n'ont été pleinement définies qu'au début du XVIe siècle".

En ces premiers temps, la “hermandad” et la “cofradía” sont des concepts différents, car ces “cofradías” jouissent d'une plus grande spiritualité, "sous le patronage spirituel desquelles elles vivent et à l'aide matérielle desquelles elles recourent souvent", selon les mots de Llordén y Souvirón.

Procession-de-disciplines -Francisco de Goya. Académie royale des beaux-arts de San Fernando- Madrid.
Procesión-de-disciplinantes -Francisco de Goya. Real Academia de Bellas Artes de San Fernando- Madrid

Impulsion donnée par le Concile de Trente 

A cette époque, la population était largement analphabète, la culture étant réservée à l'élite, et principalement aux membres du clergé. C'est après le Concile de Trente, tenu entre 1545 et 1563, qu'une impulsion claire a été donnée aux manifestations publiques et populaires de la foi à travers l'utilisation des Images Saintes. 

De plus, le concile de Trente a marqué le début d'une période de création et de splendeur des arts plastiques au sein de l'Église catholique, notamment de la peinture et de l'imagerie religieuses. Des artistes tels que Pedro Roldán, Pedro de Mena, Alonso de Mena, Alonso Cano, Juan de Mesa et Martínez Montañés, dont les oeuvres ont donné naissance aux images les plus magnifiques, portées en procession dans les rues d'Andalousie.

 

Les “Hermanos” des  “Cofradías “

Au cours de cette période, lorsque les  “Cofradías “ que nous connaissons aujourd'hui sont nées, il y avait deux types de “hermanos” (les frères): los Hermanos de sangre o disciplinantes (les frères de sang ou disciplinants), qui sortaient vêtus d'une tunique ouverte dans le dos et qui se flagellaient le corps avec une discipline, un faisceau de huit ou dix brins de corde de chanvre avec des extrémités tressées et des rosettes enfilées dans les extrémités, provoquant de profondes blessures saignantes et d’autre part, les “hermanos de luz” ( les frères de lumière) qui accompagnaient les processions avec une bougie allumée qui représentait la Lumière du Christ.

La présence des frères de sang a été interdite en 1777 par une ordonnance royale du roi Carlos III.

 

Au cours de l'histoire, les  “Cofradías “ ont connu des moments de splendeur, mais aussi de déclin. Les invasions et les guerres ont également porté un coup dur aux  “Cofradías “, bien qu'elles aient toujours conservé leur essence. Si, en de rares occasions, elles ont disparu, de nouvelles sont apparues, et beaucoup ont été réorganisées par la suite.

 

Sans aucun doute, les  “Hermandades y Cofradías” sont des entités profondément enracinées dans notre pays, qui contribuent au maintien d’une religiosité populaire et qui remplissent une importante fonction sociale, culturelle et artistique … que nous aborderons dans d'autres articles à venir.

 

Picaos de San Vicente de Sonsierra. La Rioja. Fotografía de Jon Ander Zabala
Picaos de San Vicente de Sonsierra. La Rioja. Photo de Jon Ander Zabala

 

Cofradías Malaga

Manuel Gordillo

Avocat, conseiller du Cristo de la Buena Muerte et de Nª. Sª. de la Soledad (Mena) depuis l'enfance; aussi conseiller de la confrérie de Las Penas à Malaga et membre du conseil des confréries de Malaga; distingué par la médaille Pro Ecclesia Malacitana
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