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À Siem Reap, la pêche devient une fête collective

Chaque février, à Prasat Bakong, habitants et familles se retrouvent pour le Leung Meak, une pêche rituelle mêlant traditions, spiritualité et convivialité, aux portes de Siem Reap.

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photo : Xinhua
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 9 février 2026

Chaque mois de février, une fois les rizières moissonnées, les villages du district de Prasat Bakong se retrouvent autour d’un rendez-vous immuable : l’ouverture exceptionnelle d’un lac protégé pour une grande pêche collective. Appelée Leung Meak, cette tradition ancienne reste profondément ancrée dans la vie locale et continue de rassembler toutes les générations.

 

Une tradition simple, transmise de génération en génération

À Bangkong, hommes, femmes et enfants entrent dans l’eau boueuse, parfois jusqu’à la taille, équipés uniquement d’outils traditionnels khmers : angrut en bambou, chhnieng triangulaires ou filets rudimentaires. Ici, pas de technologie moderne : la patience, le geste et l’expérience priment, dans le respect de règles inchangées depuis des décennies.

Pour Loeung Pich, 58 ans, fidèle participant, l’émotion est intacte.
«  Je n’en avais jamais attrapé d’aussi gros poissons les années précédentes », raconte-t-il, sourire aux lèvres, en montrant fièrement un poisson-tête-de-serpent de près de deux kilos, promis au repas familial.

 

Un rite spirituel autant qu’un moment de fête

Le Leung Meak ne se limite pas à la pêche. Une partie des prises est destinée aux offrandes faites aux moines bouddhistes et aux cérémonies en l’honneur des Neak Ta, les esprits protecteurs du lieu. Le lac est d’ailleurs organisé en plusieurs espaces : l’un pour les familles, l’autre, ouvert plus tard, réservé aux repas communautaires partagés avec les religieux.

« C’est important de montrer aux jeunes et aux visiteurs comment on pêchait autrefois », explique Chhoy Chhay, heureux d’avoir ramené environ cinq kilos de poissons cette année.

 

Un événement qui séduit aussi les visiteurs

Selon le gouverneur du district, So Platong, l’édition 2026 a attiré une foule particulièrement nombreuse, avec de plus en plus de touristes étrangers curieux de découvrir une tradition encore bien vivante aux portes de Siem Reap, dans une province connue pour abriter le Parc archéologique d’Angkor.
« C’est une coutume ancienne de nos villages d’Angkor. Nous avons le devoir de la transmettre », rappelle-t-il.

Pour préserver ce moment, les autorités locales relâchent chaque année des dizaines de milliers d’alevins dans le lac et en interdisent l’accès avant la cérémonie, afin de garantir une pêche abondante pour tous.

 

Le poisson, au cœur de la vie quotidienne

Au Cambodge, où le poisson reste la principale source de protéines, ces traditions prennent une résonance particulière. Selon le ministère de l’Agriculture, des Forêts et de la Pêche, les produits halieutiques représentent près de 76 % des apports protéiques des ménages, pour une consommation annuelle moyenne estimée à plus de 52 kg par habitant.

 

À Siem Reap, la pêche devient une fête collective

Photo : Xinhua

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