Édition internationale

Frontière avec la Thaïlande : le Cambodge sollicite les archives françaises

Phnom Penh a officiellement demandé à la France un appui historique et technique pour étayer ses revendications frontalières face à la Thaïlande, alors que des observateurs régionaux sont déployés sur le terrain.

Carte Phrea vihear Ministere de l'informationCarte Phrea vihear Ministere de l'information
Écrit par Lepetitjournal Cambodge
Publié le 8 février 2026, mis à jour le 9 février 2026

Dans le contexte d’un regain de tensions à la frontière cambodgiano-thaïlandaise, le Cambodge a sollicité l’appui de la France afin d’accéder à des documents historiques et techniques issus de la période du protectorat français. L’objectif : consolider ses arguments juridiques face aux différends territoriaux en cours avec Bangkok.

Le porte-parole du gouvernement Pen Bona, a indiqué samedi que le Premier ministre Hun Manet avait adressé, le 4 février, une lettre officielle au président français Emmanuel Macron. Cette demande porte à la fois sur un soutien d’expertise technique et sur l’accès aux archives coloniales françaises afin de vérifier les tracés des frontières internationales.

 

Des archives coloniales au cœur de la démarche diplomatique

Selon Pen Bona, cette initiative s’inscrit dans la continuité d’une proposition formulée par Paris de mettre à disposition des éléments historiques susceptibles de contribuer à la résolution pacifique du différend.

« La lettre du Premier ministre au président Macron constitue une étape importante de nos efforts diplomatiques pacifiques pour défendre la souveraineté nationale », a déclaré le porte-parole lors d’un point presse au Conseil des ministres.
« La frontière entre le Cambodge et la Thaïlande est une frontière internationale solidement étayée par des documents historiques reconnus de longue date par la communauté internationale », a-t-il ajouté.

 

Des observateurs régionaux déployés sur le terrain

Cette intensification diplomatique intervient alors que des équipes d’observation de l’ASEAN ont commencé, vendredi, des inspections sur le terrain dans le district de Veal Veng, dans la province de Pursat. Les observateurs sont chargés de vérifier des signalements d’activités militaires thaïlandaises dans les zones dites de « Chor 1 » et « O’Thmar ».

Phnom Penh affirme avoir déposé plusieurs protestations diplomatiques auprès de Bangkok, accusant les forces thaïlandaises d’avoir installé des conteneurs maritimes et des barbelés afin d’empêcher des civils cambodgiens d’accéder à leurs terres. Les autorités cambodgiennes dénoncent également la destruction d’habitations et l’implantation de postes militaires jugés illégaux et contraires au droit international.

 

Des mécanismes de dialogue mis à l’épreuve

Ces tensions persistent malgré trois cycles récents de réunions du Comité régional des frontières (RBC) et l’existence d’un cadre de paix mis en place l’an dernier.

Le dossier a par ailleurs attiré l’attention de plusieurs puissances internationales. En 2025, sous la présidence malaisienne de l’ASEAN, les États-Unis et la Chine avaient contribué à la conclusion de deux cessez-le-feu, suivis de la signature d’une déclaration conjointe de paix à Kuala Lumpur.

Les Philippines, qui assurent actuellement la présidence de l’ASEAN, sont désormais chargées de superviser la mise en œuvre de la déclaration conjointe adoptée en 2025 par le Comité général des frontières (GBC).

 

Phnom Penh invoque le droit international

« Le Cambodge demeure strictement attaché à l’accord de paix de Kuala Lumpur et au principe de l’uti possidetis juris, qui consacre le maintien des frontières héritées de la période coloniale », a rappelé Pen Bona.
« Nous ne reconnaîtrons aucun changement frontalier résultant de l’usage de la force », a-t-il insisté.

Le porte-parole a enfin souligné l’importance d’une présence internationale sur le terrain afin de documenter les « empiètements » dénoncés par Phnom Penh et de s’assurer que les deux pays respectent les accords de paix existants.

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