Helena Cortesina, danseuse, modèle, actrice et réalisatrice espagnole est une icône du monde culturel valencien du début du XXe siècle. La Mostra de Valencia a choisi de rendre hommage à celle que l’on surnommait la “Vénus de Valencia” et qui est aussi la première femme espagnole à avoir réalisé et produit un film.


Dévoilé en 1923 dans les cinémas espagnols, "Flor de España o la vida de un torero" est reconnu comme le tout premier film conçu et produit par une femme en Espagne. Malgré la rareté des images et extraits disponibles, l'empreinte d'Helena Cortesina est indéniable dans cette unique réalisation qui confirme son statut de pionnière du septième art en Espagne, bien que le film demeure introuvable en copie aujourd'hui.
Du Cabanyal aux feux de la rampe
Helena Cortesina, de son vrai nom Elena Cortés Altabas, est née en 1903 à Valencia, sans que l’on sache dans quel quartier, même si plusieurs sources indiquent qu’elle serait née dans le Cabanyal, à l’époque quartier pauvre de Valencia.
Son ascension est fulgurante : à seulement 13 ans, un spectacle de variétés la propulse sur le devant de la scène. Rapidement, elle embrasse le monde de la danse, puis de la comédie, se distinguant tant sur les planches de théâtre que sur les écrans du cinéma naissant.

Helena Cortesina, l'étoile filante du cinéma espagnol
Elle débute sur le grand écran en 1920 avec un petit rôle dans "La venganza del marino” de José Buchs. Elle se fait très vite une place de choix dans cette industrie en plein essor. Ses pairs la dépeignent comme une femme avant-gardiste et audacieuse. Son ambition la pousse à créer sa propre maison de production, "Cortesina Films", en 1921, qui n’aura pas le succès escompté. Le seul film que produira son entreprise sera aussi le seul film que réalisera Helena et dans lequel elle jouera un des rôles principaux : “Flor de España o la vida de un torero”.

Malgré de nombreux obstacles lors de sa production, le film voit le jour en 1923, deux ans après le début du tournage. Il ne remporte pas l'adhésion du public ; la couverture médiatique restant discrète dès sa sortie. Le film sombre peu à peu dans l'oubli, jusqu’à ce que les bobines originales disparaissent elles aussi, ne laissant à la postérité que quelques fragments, des images et la musique originale conçue pour l'œuvre.

L'exil en Argentine
La guerre civile éclate et Helena Cortesina quitte l’Espagne. Endeuillée par la perte tragique de sa fille lors des affrontements et portant un deuxième enfant, elle réussit à prendre un bateau qui l’amène à Buenos Aires en Argentine, un pays dans lequel elle s’était déjà rendu dans sa carrière d’artiste.

En Argentine, elle renoue avec sa passion pour la scène, privilégiant le théâtre tout en faisant quelques incursions au cinéma. Malgré des visites épisodiques en Espagne pour des rôles mineurs, c'est à Buenos Aires qu'elle s'éteint en 1984.
Cinq femmes valenciennes qui ont marqué leur époque
L’hommage de la Mostra pour la Vénus de Valencia
À l'occasion du centenaire de la sortie de son film, la Mostra de Valencia a choisi de saluer l'audace et le talent d'Helena Cortesina. Le festival lui consacre une exposition retraçant son parcours exceptionnel et le destin singulier de son œuvre cinématographique. De plus, une biographie, rédigée par la curatrice de l'exposition, Irene de Lucas, est éditée sous l'égide du festival. Une manière de garder vivante la mémoire de celle que l'on surnommait affectueusement la “Vénus de Valencia”.
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