10 faits insolites que vous ignorez sur Valence

Par Inès Tanguy | Publié le 23/02/2022 à 18:15 | Mis à jour le 23/02/2022 à 18:26
Photo : Olivier Bénier
une fontaine sur une place éclairée la nuit

Habitants ou amoureux de Valence, vous vous targuez sans doute de connaître la ville et son histoire. Pourtant, vous serez surpris de découvrir qu’elle cache de nombreux secrets. Voici dix faits que vous ne connaissez peut-être pas sur Valence, qui vont vous étonner, et qui seront utiles pour impressionner vos amis valenciens.
 

1. Valence a été la capitale de l’Espagne

Saviez-vous que Valence a remplacé Madrid comme capitale de l’Espagne durant quelques mois ? Pendant la Seconde République, de novembre 1936 à octobre 1937, la ville de Madrid est assiégée par les troupes franquistes. Le Palacio de los Borja de Valence accueille alors le pouvoir exécutif et législatif pour les protéger de Franco. 

L’installation du gouvernement dans la ville de Valence a donné à celle-ci un rôle central dans la politique du pays, d’autant que les intellectuels, écrivains et hommes politiques républicains de l’époque y ont également élu domicile. Valence a représenté pendant quelques mois le lieu de rassemblement des idées républicaines. 

 

2. La ville accueille le plus vieux tribunal d’Europe encore en fonction

un tribunal avec des personnes agées
Photo : Olivier Bénier

Tous les jeudis depuis l’époque arabe, le Tribunal de las Aguas se réunit sur la place de la Virgen à Valence. Ce tribunal, considéré comme le plus ancien d’Europe, tranche les conflits liés à l’utilisation de l’eau du Turia. Huit juges y siègent, élus par des agriculteurs de la région. Le jugement se rend à l’oral, en valencien et sans avocats. L’accusé se défend lui-même. Il peut présenter des témoins, et connaît le verdict à la fin de la séance après la délibération des juges. Mais attention ! Ce n’est pas parce que ce tribunal fonctionne de manière différente du système judiciaire classique qu’il n’a aucune valeur juridique : les décisions rendues et les possibles sanctions doivent être respectées par le condamné. Ce tribunal a été déclaré en 2009 Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité en raison de sa grande valeur patrimoniale et historique. 
 

3. Le premier hôpital psychiatrique au monde a été créé à Valence

un tableau qui représente un prêtre habillé en blanc en train d'écarter les bras
El padre Jofré defendiendo a un loco de Joaquín Sorolla (1887)

Au Moyen Âge, les personnes considérées comme folles étaient très souvent mises au ban de la société ou subissaient de mauvais traitements. La ville de Valence a été le premier endroit à les accueillir de manière humaine et à leur prodiguer des soins médicaux. En 1409, Fray Joan Gilabert Jofré a l’idée d’un hôpital psychiatrique après avoir sauvé d’une agression une personne mentalement instable. Son projet, soutenu financièrement par des marchands et des artisans, est approuvé par les autorités locales, et l’”Hospital de Ignoscents, Folls e Orats de Valencia” est inauguré en 1410. Cet établissement montre que Valence était en avance sur son temps pour la prise en charge des pathologies mentales. 
 

4. L’inventeur de la radio est Valencien

une photo en noir et blanc d'un homme avec une moustache et un uniforme

Peu de personnes le savent, mais le véritable inventeur de la radio telle qu’on la connaît aujourd’hui est valencien. En 1902, Julio Cervera a réussi pour la première fois à transmettre une voix humaine à distance, et ce dans les deux sens. Il a en effet établi un contact vocal entre Jávea et Ibiza en 1902. L’inventeur n’a cependant pas eu le chance de disposer des soutiens dont Marconi a bénéficié quelques années plus tard. C’est pour cette raison que l’Histoire a retenu le nom de ce dernier comme père de la radio, bien que l’invention soit en réalité plus ancienne et… valencienne. 

 

5. Valence a abrité des oeuvres d’art pour les protéger pendant la guerre civile espagnole

Deux tours avec des palmiers et un drapeau valencien
Photo : Las Torres de Serranos où certains oeuvres étaient abritées / Chris, CC BY 2.0

La guerre civile a déchiré l’Espagne dans les années 30. Madrid a été bombardée et assiégée, mettant en danger des œuvres de Goya, Rubens, Velásquez ou encore Titien. Il a donc été décidé en 1936 de déplacer ces œuvres à Valence. Une entreprise risquée mais nécessaire pour les sauver. La ville a ainsi abrité pendant quelques mois les chefs-d'œuvre des plus grands maîtres de la peinture espagnole. D’abord entreposé au Colegio del Patriarca et dans les Torres de Serranos, le trésor national a ensuite été déplacé à Barcelone en 1937 pour finalement être acheminé hors d’Espagne. 
 

6. Le premier livre imprimé en Espagne était en valencien

Le tout premier livre imprimé en Espagne en 1474, “Les obres e trobes en llahors de la Verge Maria” a été écrit en valencien. Cela témoigne de la grande influence de cette langue à l’époque. Il se trouve aujourd’hui à la bibliothèque de l’Université de Valence.  À noter aussi que la première traduction de la Bible en valencien a été imprimée au même endroit à Valence quatre ans plus tard. 
 

7. Des lions pas assez féroces pour le Congrès des députés de Madrid déplacés à Valence

une sculpture d'un lion en marbre qui s'appuie sur une balle
Photo : jdiezarnal.com

Au XIXe siècle, le Congrès des députés à Madrid commande des lions sculptés pour orner le bâtiment. Mais le travail de José Bellver y Collazos est jugé pas assez menaçant. Il est donc rejeté, comme celui du sculpteur avant lui, et des statues sont commandées pour la troisième fois. Les deux félins en pierre n’ayant pas gagné leur place de gardiens du Congrès ont été déplacés dans les jardins de Monforte de Valence, où ils siègent encore actuellement. 
 

8. Le dernière victime de l’Inquisition était un Valencien

un dessin qui représente une exécution
(E)manccipa-Ment, CC BY-SA 4.0

En 1826, Cayetano Ripoll est pendu pour hérésie par le Tribunal de la Foi. Ce professeur valencien est considéré par les historiens comme la dernière victime de l’Inquisition, après des siècles de violences et de persécutions. Que lui reprochait-on ? D’être déiste et de ne pas respecter les codes religieux de l’époque (par exemple, de ne pas emmener ses élèves à l’église). Cayetano Ripoll a été emprisonné pendant deux ans puis condamné à être brûlé vif, avant d’être finalement pendu. Cette affaire a été étouffée dans la région valencienne, mais d’autres pays en Europe, influencés par l’idéal des Lumières, ont vivement condamné la décision du Tribunal, ce qui a sans doute contribué à mettre fin définitivement à ces exécutions.
 

9. Valence, la ville qui compte le plus de feux tricolores en Europe

un feu rouge
Photo : Moritz Kindler, Unsplash

Si vous avez conduit ne serait-ce qu’une fois à Valence, vous aurez sans doute remarqué que les arrêts au feu sont très fréquents. Valence est en effet la ville qui possède le plus de feux tricolores en Europe. Elle occupe même la deuxième place du classement au niveau mondial derrière New York ! On estime qu’il y aurait environ 1 feu pour 750 habitants, rien d’étonnant donc à ce que vous ayiez toujours l’impression d’être à l’arrêt dans la ville. À titre de comparaison, on compte 1 feu pour 2.700 habitants à Madrid et 1 pour 2.000 à Barcelone.
 

10. Le Saint-Graal est à Valence

l'autel d'une église
Photo : Stefano Merli, CC BY-SA 2.0

Le Saint Graal est sans doute la légende la plus célèbre du Moyen Âge. La coupe dont s’est servi le Christ pour son dernier repas a fait l’objet d’une quête assidue, et inspire l’imaginaire collectif depuis des siècles, jusqu’aux romans de Dan Brown. Selon de nombreuses recherches et études, il est très probable que la relique authentique soit conservée dans l’église de San Callis à Valence. L’objet est d’ailleurs reconnu par l’Eglise catholique et le pape, et est régulièrement utilisé pour des cérémonies religieuses. 

 

Vous connaissez maintenant certaines des histoires les plus extraordinaires de Valence. Pourtant, nous sommes loin d’avoir percé tous les mystères de la ville : il en reste tant d’autres à découvrir. Valence n’a pas fini de nous livrer ses secrets !

 

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Inès Tanguy

Inès Tanguy

Étudiante à Sciences Po Rennes, cette jeune française collabore avec l’édition de Valence de lepetitjournal.com pour partager sa passion de la ville à nos lecteurs.
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