La Plaza de Toros de Valencia : entre modernité et tradition

Par Inès Tanguy | Publié le 17/02/2022 à 18:12 | Mis à jour le 17/02/2022 à 18:14
Photo : Plaza de toros de Valencia / Olivier Bénier
Des arènes dans une ville

Cachées entre deux grands immeubles du centre-ville, les arènes de la Plaza de Toros de Valence accueillent chaque année de nombreux événements sportifs, culturels ainsi que des corridas. La foule s’y presse pour assister aux spectacles, aux concerts ou aux rencontres, dans une ambiance festive qui mêle tradition et modernité.
 

La Plaza de Toros se trouve à proximité du quartier de Ruzafa, en plein coeur de la ville. D’une hauteur de plus de 17 mètres et d’un diamètre de 52 mètres, l’édifice peut accueillir jusqu’à 10.500 spectateurs. Il est construit comme un polygone à 48 faces, et son architecture est inspirée de l'amphithéâtre de Nîmes ainsi que du Colisée de Rome. 

 

La corrida, une tradition présente dans la ville depuis des siècles

La tradition des corridas à Valence est très ancienne. Les premières mentions écrites de ces spectacles remontent au XIVe siècle, mais la pratique tauromachique est sans doute antérieure. À cette époque, des corridas sont improvisées le plus souvent sur la Plaza del Mercado, ou d’autres places publiques. Pour les encadrer, des structures en bois démontables voient progressivement le jour : elles sont installées au milieu de la place, puis enlevées une fois l’événement fini.

Toute la ville s’anime au contact de cette lutte à mort entre l'homme et l’animal. Les gens se pressent, parient, se retrouvent pour y assister. Chacun applaudit son torero favori tandis que les taureaux côtoient les humains, le tout dans un joyeux capharnaüm de discussions, de cris, et d’encouragements.

arène avec des toreros et des chevaux
La Plaza de Toros de Valencia en 1972 / Veronidae, CC BY-SA 3.0

 

Les premières arènes fixes démolies à cause de Napoléon 

Progressivement, les corridas prennent de l’ampleur et les visiteurs sont de plus en plus nombreux. Les rues de Valence deviennent trop petites pour accueillir ces fêtes sanglantes.

À la fin du XVIIIe siècle, les autorités décident alors de choisir un endroit fixe à l’extérieur des murs de la ville, pour ne pas mettre en danger les habitants et avoir plus d’espace. Une arène en bois est construite porte de Ruzafa en 1788, mais le bâtiment rend la ville vulnérable aux tentatives d’invasion. En 1808, Napoléon Ier veut prendre la ville en s’établissant dans les arènes pour y mener un siège : les habitants détruisent donc eux-mêmes la structure pour protéger la ville des Français. 
 

La construction du bâtiment actuel de la Plaza de Toros 

Les problèmes autour de l’organisation et de la sécurité des corridas de rue n’ont pas disparu : il faut toujours trouver un endroit où les accueillir. Le gouverneur de Valence, Don Melchor Ordoñez, confie donc la construction de nouvelles arènes à l’architecte Sebastián Monleón Estellés. Le bâtiment est conçu à l’emplacement même des anciennes arènes, dans un style néoclassique inspiré de l’architecture romaine. Les travaux débutent vers 1850 et dureront jusqu’à l’inauguration en 1859. La ville de Valence a enfin un endroit pour organiser ses corridas à l’extérieur de la ville, et accueillir un grand nombre de spectateurs. Ces arènes sont celles que nous connaissons aujourd’hui. 

l'extérieur des arènes
La Plaza de Toros de Valencia / Olivier Bénier

 

Un endroit plusieurs fois réaménagé et reconnu au niveau national

Les arènes ont connu quelques modifications depuis leur construction. L’électricité a été installée en 1908, et la façade nord du bâtiment a été totalement reconstruite en 1946 à la suite d’un grand incendie. Le lieu a aussi connu un vaste plan d’amélioration en 1967 : le diamètre de l’arène a été réduit pour réorganiser l’espace, et les tribunes en béton ont remplacé celles en bois. La dernière modification à ce jour a eu lieu en 2010 : le nombre de sièges a diminué, passant de 16.851 à 10.500 pour améliorer le confort des spectateurs. 

Le bâtiment a été déclaré Monument National en 1983 et Bien d’Intérêt Culturel en 1988. Ces deux statuts protègent juridiquement les arènes contre une éventuelle destruction, et permettent de financer les rénovations et l’entretien. C’est aussi un moyen de reconnaître officiellement l’endroit comme partie intégrante de la culture et de la tradition valencienne. 

 

Le théâtre d’événements historiques ou culturels

Au moment de sa construction, l’objectif premier des arènes était d’accueillir les corridas. Encore aujourd’hui, ces spectacles se tiennent tous les ans à l’occasion de grands événements comme les Fallas et la Feria de Juillet. Mais le bâtiment accueille également d’autres types d’événements sportifs ou culturels, comme des concerts, des pièces de théâtre ou des opéras. 

L’endroit a aussi servi de prison et de camp de concentration à la fin de la guerre civile. En 1939, les républicains et opposants au régime de Franco y sont réunis de manière temporaire, avant d’être envoyés vers des camps de travail ou des prisons à travers le pays, s’ils ne sont pas exécutés avant. Les arènes ont donc eu un rôle central dans l’histoire de la ville de Valence, même s’il a parfois été très sombre. 

Si vous souhaitez découvrir la Plaza de Toros, les arènes sont ouvertes aux visiteurs tous les jours sauf le lundi. L’endroit est très facile d’accès, situé au croisement de lignes de métros et de bus, en plein centre-ville. Mais pour s’imprégner de l’ambiance unique du lieu, le mieux est de vous rendre à l’un des nombreux spectacles qui y sont proposés !

 

Tous nos remerciements au photographe Olivier Bénier pour ses superbes photos ! Vous pouvez consulter son travail sur sa page personnelle

 

Suivez nous sur
Inès Tanguy

Inès Tanguy

Étudiante à Sciences Po Rennes, cette jeune française collabore avec l’édition de Valence de lepetitjournal.com pour partager sa passion de la ville à nos lecteurs.
0 Commentaire (s) Réagir

Soutenez la rédaction Valence !

En contribuant, vous participez à garantir sa qualité et son indépendance.

Je soutiens !

Merci !

De la part de toutes les équipes de Lepetitjournal.com

À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale