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RICHARD YUNG – "Nous sommes certainement l'un des pays qui fait le plus pour ses ressortissants à l'étranger", sénateur des Français établis hors de France

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 03/02/2015 à 23:35 | Mis à jour le 03/02/2015 à 22:16

Richard Yung, sénateur des Français établis hors de France, était de passage en Italie la semaine dernière. Gênes, Parme, Milan, il en a profité pour rencontrer la communauté française. Vice-président de la commission des Affaires européennes et ancien membre du bureau de la Section française de l'Assemblée parlementaire de la francophonie, il a répondu à nos questions.

Lepetitjournal.com : Vous êtes sénateur représentant les Français établis hors de France depuis une dizaine d'années. Vous êtes de passage en Italie en ce moment. Pouvez-vous nous détailler votre emploi du temps ?

Richard Yung : Hier j'étais à Gênes et demain je file à Parme, pour rencontrer la communauté française. Je suis donc à Milan pour la journée. J'ai visité le consulat et échangé avec le Consul général de France à Milan. Puis j'ai rencontré le vice-président de la région Lombardie, nous avons discuté de la contrefaçon en matière de produits alimentaires. Je suis ensuite passé par le Pavillon France sur le site d'Expo 2015. Et ce soir même, après cette conférence, j'ai un diner avec des entreprises.

La communauté française est estimée à 70.000 personnes en Italie selon le ministère des Affaires étrangères. Vous en avez rencontré une partie pendant la journée. Comment la trouvez-vous?

La communauté est très sympathique. Contrairement à d'autres pays, on sent qu'elle est bien insérée dans la société italienne, qu'elle ne rencontre pas trop de difficulté. Je dirais même qu'elle est prospère. Je n'ai jamais entendu quelqu'un dire dans ce pays qu'il y était mal accepté.

Quelles sont les attentes des Français de l'étranger en termes de représentation ? Que pourrait-on faire pour eux ?

En termes de représentation, je crois qu'il y a la totale ! Nous avons les députés, les sénateurs, les conseillers consulaires. C'est très complet. Nous sommes certainement l'un des pays qui fait le plus pour ses ressortissants à l'étranger. Nous les chouchoutons. Nous mettons en place de nombreuses choses pour eux : les écoles, les bourses, les allocations de solidarité, le consulat.

Vous avez été Membre du bureau de la Section française de l'Assemblée parlementaire de la francophonie (A.P.F.). Comment évolue la francophonie dans le monde et en Italie ?

Je sais que sous Berlusconi les Italiens ont supprimé la deuxième langue vivante. Ca n'a pas été très bon pour le français, mais nous essayons de nous rattraper avec notamment le double diplôme Esabac. En revanche, la francophonie augmente notamment en Afrique et en particulier au Congo. Dans le monde, la courbe des personnes parlant le français est croissante. On considère qu'en 2040-2050, il y a aura 600 millions de francophones dans le monde.

Que pensez-vous de la pétition de l'association Incontri Culturali Franco Italiani  qui souhaite faire entrer l'Italie dans l'Organisation Internationale de la Francophonie?

En théorie, l'Italie peut en faire partie si elle le souhaite. Des pays dont le français n'est ni la langue officielle ni la langue usuelle sont entrés dans cette organisation. Est-ce que l'Italie veut le faire ? C'est une autre paire de manches.

Lors de la conférence à Milan à laquelle vous preniez part, différents thèmes, comme le  permis de conduire ou l'économie ont été abordés. La taxation des comptes français déclarés par le gouvernement italien a particulièrement fait débat. Qu'en pensez-vous ?

Je connaissais le thème de la fiscalité dont nous avons parlé ce soir. J'en avais entendu parler à Rome, il y a un mois et c'est en effet discutable. Cela a été mis en place sous le gouvernement de Monti, je crois, pour récupérer de l'argent, mais aussi car de nombreuses personnes, des Italiens, partaient à l'étranger. Cette taxe s'inscrit dans la lutte contre l'évasion fiscale. En Europe, nous avons un accord sur la transmission de toutes les données bancaires, le Fatca. Les services des impôts de chaque pays communiquent l'ensemble des données dont ils disposent sur les ressortissants. Les Italiens n'ont qu'à demander aux Français les données concernant les comptes en France. Mettre une taxe, en revanche, est discutable.

Le parti de gauche radical Syriza a remporté récemment les élections législatives en Grèce. En Espagne, le mouvement Podemos prend lui aussi de l'ampleur. Comment accueillez-vous l'arrivée de cette Europe alternative?

Tout d'abord, les démocraties se doivent de reconnaitre les majorités qui s'expriment. Nous devons l'acter. Dans un second temps, je pense qu'il y a une part de vérité concernant leur message global sur l'austérité. Les Grecs ont beaucoup souffert. Les classes moyennes ont été paupérisées de façon massive. Une question se pose. Comment vont-ils faire ? Comment vont-ils négocier avec l'Union européenne ? Ma position serait d'aborder ces questions avec un esprit bienfaisant afin de voir si nous pouvons trouver un accord pour les aider. Nous ne devons pas chercher à les coincer, à leur refuser toute possibilité d'aide. Ce serait un message politique désastreux.

La politique de gauche en France et en Italie, représentée par Hollande et Renzi, vous paraît-elle trop policée ?

Oui ! Elle l'est. Je pense que nous aurions pu être davantage offensif, à partir de 2012 en tout cas. Au fond, Mario Draghi le fait à présent. Ça se met en place. Ça a mis dix ans, dix ans de trop. Pendant ce temps là, le nombre de chômeurs a augmenté. Mais je suis optimiste. J'ai un espoir.

Parlons du grand événement que Milan et toute l'Italie attendent avec impatience : l'Expo 2015. Pensez-vous que cet événement est positif pour l'Italie ?

Bien évidemment, ce sera un événement positif pour l'Italie. Vingt millions de visiteurs sont attendus. C'est pas mal ! Le thème de l'Expo touche à l'alimentaire et à l'énergie. Ce sont des marchés énormes, les marchés de demain. Même si nous n'y pensons pas toujours, l'agriculture et l'alimentaire représentent l'avenir. La France est aussi un grand pays agroalimentaire, en termes de production et de transformation. L'enjeu est donc également très important pour notre pays. J'ai d'ailleurs visité le pavillon France en construction ce matin. Il semble être à la fois élégant et original.

Propos recueillis par Toinon Debenne (Lepetitjournal.com de Milan) - mercredi 4 février 2015

Crédits photo : TD pour lepetitjournal.com

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