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Palais Farnèse : une « renaissance » 437 ans après l’achèvement de la construction

Initié en 2021, le chantier de restauration des façades et de la toiture du Palais Farnèse à Rome vient de s’achever, dévoilant la beauté originelle des matériaux utilisés par quatre illustres architectes - le Sangallo, Michel-Ange, le Vignole et Della Porta.

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©Ambassade de France en Italie | Photo : Mauro Coen
Écrit par Lepetitjournal Rome
Publié le 12 juillet 2026

L’Ambassade de France en Italie et l’École française de Rome, en lien avec la Surintendance spéciale pour l’archéologie, les beaux-arts et les paysages de Rome, ont lancé en 2021 une nouvelle campagne de restauration des façades et de la toiture du Palais Farnèse, siège de l’Ambassade de France depuis 1874 et de l’École française de Rome depuis 1875. Le projet, finalisé ces derniers jours, a permis de restaurer la beauté originelle des matériaux utilisés par quatre illustres architectes : le Sangallo, Michel-Ange, le Vignole et Della Porta.

La restauration des façadeset des toitures a été effectuée entre 2021 et 2026. Fin 2024, la façade donnant sur la place Farnèse a été inaugurée à l’occasion des 150 ans de la présence française au Palais Farnèse, à l’occasion du dernier jubilé, alors que la récente dépose des derniers échafaudages côté Tibre a révélé la splendeur de cette œuvre architecturale majeure du XVIe siècle, dont, France et Italie ensemble, prennent soin.

 

« Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères et le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche français ont contribué à hauteur de 8,5 millions d’euros, comprenant l’ensemble des dépenses, preuve de leur engagement constant à prendre soin du Palais Farnèse, siège de l’Ambassade de France en Italie, symbole des valeurs communes à la France et l’Italie » a rappelé l’Ambassadrice Anne-Marie Descôtes, saluant « le travail extraordinaire de ces femmes et de ces hommes, si  nombreux, qui se sont passionnés pour l’histoire du Palais Farnèse dans les moindres détails » pendant toute la durée des travaux.

Brigitte Marin, directrice de l’École française de Rome, raconte : « Nous sommes ravis de célébrer l’épilogue de ce long chantier et reconnaissants pour l’occasion qui nous a été donnée : celle de redécouvrir et d’étudier à nouveau ce monument emblématique, en approfondissant notre connaissance. Avec la dépose des derniers échafaudages, une nouvelle phase commence, dédiée à l’analyse des nombreuses données récoltées au cours des travaux. L’Ecole, fidèle à sa tradition d’étude de l’édifice qui l’accueille depuis cent cinquante ans, s’impliquera avec enthousiasme dans cette nouvelle étape de recherche, qui permettra de mettre à jour nos connaissances sur les modalités de construction et de conservation de ce patrimoine architectural remarquable. »

 

Palais Farnèse Rome
©Ambassade de France en Italie | Photo : Mauro Coen

 

Un chantier selon les théories de la restauration 

Depuis le XVIIe siècle, plusieurs campagnes de restauration se sont succédées au Palais Farnèse. Celle qui a débuté en 2021 se situe dans la continuité de ces opérations antérieures, en particulier celles réalisées à l’occasion du Jubilé de l’an 2000.

Le parti pris retenu respecte les principes de restauration des monuments historiques en Italie, considérant le matériau comme une information primordiale à conserver. Ainsi cette restauration du monument historique, qualifiée d’archéologique intègre des exigences en termes de conservation du bâtiment et d’approche environnementale.

Le chantier, débuté en 2021, s’est déroulé sur cinq années et en quatre phases successives, une façade après l’autre, jusqu’à la restauration du mur du clôture du jardin et de la toiture.

La dernière phase des travaux a notamment comporté plusieurs points singuliers, à l’instar de la restauration en stricte conservation du mur de clôture, apportant une lisibilité et une pérennité renouvelée de cet élément structurant du Palais qui comporte de nombreuses traces archéologiques de l’histoire du site, de sa construction, de son entretien (traces d’anciennes de portes cochères, de fenêtres et de baies aujourd’hui rebouchées, renforcement modernes au sommet du mur, nombreuses reprises et  consolidations ponctuelles, etc.). La restauration des armoiries du Grand Cardinal Alexandre, pendant de celles du Pape Paul III sur la place Farnèse, ont également retrouvé leur lisibilité en façade.

Outre ces spécificités, les travaux, toutes phases confondues, ont concerné le nettoyage et la consolidation des parements en maçonnerie et la révision des charpentes et couverture en tuiles anciennes. Un travail important a également été réalisé sur les fenêtres, qui ont été remplacées et révisées dans la continuité des interventions des années 2000 sur les façades Piazza Farnese et via Giulia, reprenant le dessin original d’une fenêtre feinte, peinte à l’angle de la façade Place Farnèse. La restauration du travertin et des parements en briques a été mené en parallèle de la reprise des couvertures en tuiles « à la romaine ».

Les nettoyages ont révélé des matériaux d’une qualité exceptionnelle et un excellent état de conservation. Tous les éléments de maçonnerie ont été conservés tandis que les ornements et jeux de couleurs sur les façades ont regagné en visibilité (travertin, briques ocre, briques rouges).

Cette opération a permis de récolter de nombreuses données, par des relevés des sondages et des prélèvements d’analyse de composition des matériaux qui alimenteront la recherche scientifique pour apporter de nouveaux éclairages sur la compréhension de ce monument emblématique de l’histoire de l’architecture.

 

fenêtres Palais Farnèse
©Ambassade de France en Italie | Photo : Mauro Coen

Un projet collégial (2017-2021) entre la France et l’Italie

Le projet de restauration des façades et des toitures du palais Farnèse
a débuté en 2017. Les maîtres d’ouvrage, l’Ambassade de France et l’École française de Rome (EFR), ont porté le projet en dialogue constant avec les autorités italiennes. Le maître d’ouvrage délégué est le service des travaux et bâtiments français en Italie (STBI) actuellement dirigé par Matthieu Bourez. La maîtrise d’œuvre est assurée par l’agence de Pierre-Antoine Gatier, Architecte en Chef des Monuments Historiques et Inspecteur général des Monuments historiques.

Pour assurer la conformité du parti pris de restauration, un comité scientifique composé d’experts français et italiens s’est réuni à plusieurs reprises, des phases de conception en 2018 jusqu’à l’achèvement de la réalisation en juin 2026. Cette restauration a été placée sous le contrôle scientifique et technique de la Sopraintendenza Speciale Archeologia, Belle Arti e Paesaggio di Roma

 

palais farnèse rome
©Ambassade de France en Italie | Photo : Mauro Coen

L’histoire du Palais Farnèse, chef-d’œuvre universel d’architecture

Les façades de pierre et de brique du Palais Farnèse portent la marque de quatre architectes qui se sont distingués à Rome : Antonio da Sangallo, Michel-Ange, Vignole et Giacomo Della Porta. Dès 1513, Antonio da Sangallo lance le chantier de la façade principale, alors que le palais est déjà occupé par son propriétaire, le cardinal Alexandre Farnèse. En 1546, à la mort du premier architecte, Michel-Ange reprend le chantier ; il réalise la corniche du Palais, modifie la grande fenêtre de la façade principale et réalise le deuxième étage de la cour intérieure. Vignole participe à l’édification, à partir de 1550, d’une partie de la façade de la via del Mascherone. Enfin, en 1573, Giacomo Della Porta entreprend la construction de l’aile arrière et achève en 1589 la façade donnant sur le Tibre.

L’élévation des façades du palais Farnèse se déploie ainsi tout au long du XVIe siècle. Il convient d’ajouter à ces noms célèbres ceux des occupants du Palais, représentés sur la façade par des symboles précis : les festons, palmes et chêne du Pape Alexandre VII Chigi, les épis de blé de la dynastie des Vasa à laquelle appartient Christine de Suède, qui a séjourné au Palais et, évidemment, les lys des Farnèse.

Devenues des témoignages éclatants de la Renaissance romaine, ces façades ont retrouvé leur beauté initiale à travers la mise en valeur des éléments inhérents à la construction (trous de boulins, enduits d’origine). Une intervention particulièrement importante pour un lieu qui ne représente pas seulement un riche et précieux testament du passé mais qui continue jusqu’à aujourd’hui à être un lieu de rencontres et de travail ainsi qu’un espace ouvert aux artistes, aux chercheurs et au public. Dans cet esprit, la restauration a été l’occasion pour l’Ambassade de France en Italie et l’Ecole française de Rome de confier cet espace en travaux à des artistes et chercheurs qui ont su nous faire découvrir le palais sous un nouveau jour à travers des relectures contemporaines des beautés du Palais Farnèse.

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