L’architecte Stefano Boeri signe la requalification de l’esplanade sud du Colisée. Le projet associe restauration et fouilles archéologiques pour faire du lieu un espace de rencontres.


Le versant sud de l’Amphithéâtre flavien, symbole de Rome, retrouve sa splendeur. Sa restauration de l’esplanade a été présentée mardi 17 mars 2026. Le projet a été réalisé en collaboration avec le Parc archéologique du Colisée (PArCo) qui en a assuré la direction technique et scientifique, en parallèle d’un chantier de fouilles. L’intervention s’est achevée en février dernier, financée par les fonds de compensation des travaux de la ligne de métro C.
Retrouver l’image oubliée
« Redonner à tous la possibilité de percevoir quelle était la véritable extension du Colisée du côté sud, ainsi que ses proportions » : telle était l’ambition du projet, présenté par l’architecte Stefano Boeri. À l’origine, ce secteur, comme le versant nord, était composé de piliers et de voûtes atteignant 50 mètres de hauteur. Cependant, à partir des VIe–VIIe siècles après J.-C., il s’est effondré en raison d’affaissements naturels et de tremblements de terre, ainsi que de réemplois et de spoliations. Ce secteur a ensuite été transformé en abris, étables, enclos jusqu’aux nivellement des restaurations du XIXe siècle.
Ainsi, l’équipe s’est attachée à redonner vie à l’entrée majestueuse par laquelle l’Empereur et sa suite entraient dans l’Amphithéâtre. Là où se trouvaient les deux rangées de piliers qui soutenaient les voûtes, des éléments ont été installés afin d’évoquer la succession des ambulacres (galerie couverte de circulation). Dans un souci de respect de l’esthétique historique, les nouvelles dalles sont en travertin (une pierre naturelle) et proviennent des carrières de Tivoli (Latium) afin de se rapprocher des originales. Au sol, suivant les arcs numérotés, les numéros des arcades ont été gravés : ces chiffres sont les ancêtres des numéros de place, ils guidaient les spectateurs vers leur secteur.
Chantier archéologique
En parallèle, deux années de fouilles ont mis au jour quinze siècles d’histoire entre les contreforts Stern et Valadier. Chaque couche de sol, de ruine ou de matériau correspond à une période historique. L’étude de ces couches permet de reconstruire la chronologie des événements et des modifications : on parle de stratigraphie. « Les fouilles archéologiques ont également permis d’approfondir plusieurs aspects de sa construction et de son fonctionnement, jusqu’ici seulement hypothétiques, à commencer par son efficace système hydraulique, a déclaré Alfonsina Russo, cheffe du Département de la valorisation culturelle et ancienne directrice du PArCo. Nous voulons expliquer au public comment cette zone se situait autrefois à l’intérieur de l’amphithéâtre. »
L’architecte et urbaniste Stefano Boeri a souligné un « travail vraiment remarquable » entre archéologie et architecture : « Pendant qu’ils menaient les fouilles, nous dessinions le périmètre originel du monument, et ils validaient nos dessins, nos mesures. »
Une place et un lieu de rencontre
Une autre ambition est de faire du lieu une place accessible. « Cet espace deviendra un lieu public de pause : j’imagine des familles assises pour se reposer après avoir visité les intérieurs ou en attendant d’entrer. La proximité avec le monument est une conquête magnifique », a affirmé Stefano Boeri. Le directeur du PArCo, Simone Quilici, a ajouté : « L’opération vise à restituer aux Romains et aux touristes un espace dont la perception s’était perdue et qui est désormais appelé à devenir un lieu de rencontre et de partage ». Par ailleurs, le nouveau pavement permet l’accès à l’espace grâce à des rampes pour les visiteurs à mobilité réduite.
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