Rome : 5 idées reçues sur le Colisée

Par Lepetitjournal Rome | Publié le 04/07/2022 à 21:15 | Mis à jour le 05/07/2022 à 12:58
Photo : Chait Goli sur Pexels
le colisée à rome

C'est l’un des monuments les plus emblématiques de Rome. Même en l’ayant visité, sait-on vraiment tout de cet habitué des films et cartes postales ? Sélection de 5 idées reçues sur le Colisée.

 

1)    Le Colisée n’est qu’un surnom : initialement, il se nomme l’amphithéâtre Flavien

Pour comprendre le nom initial du monument et son évolution, il faut revenir à l’origine de sa construction. Celle-ci débute en 72 après J.-C., sous l’impulsion de l’empereur Vespasien, qui meurt en 79, avant la fin des travaux. C’est son premier fils, Titus, qui achève la construction en 80 et le second, Domitien, qui apporte ses modifications finales à l’édifice pendant la décennie suivante. C’est pourquoi l’amphithéâtre porte à l’origine le nom la dynastie fondée par l’empereur Vespasien : celle des Flaviens. Les historiens estiment que le nom latin Colosseum, qui donne Colosseo en Italien et Colisée en Français, vient de Colossus Neronis. En effet, le Colosse de Néron, statue de plus de trente mètres, trônait au nord de l’édifice jusqu’au milieu du Moyen-Âge, en véritable symbole de le Ville éternelle.

 

2)    Non, Néron n’a jamais pris place au balcon du Colisée  

Il n’est pas rare de voir « l’empereur fou » associé à l’imaginaire du Colisée. Certes, Néron est connu pour son amour des jeux et pour ses persécutions des chrétiens à la suite du grand incendie de Rome, en 64 – deux éléments qui, mis en scène au sein de l’amphithéâtre par des films et des séries, peuvent porter à confusion. Cependant, l’empereur meurt en 68 après J.C., soit quatre ans avant le début de la construction du Colisée. Néron n’a donc jamais pu trôner au Colisée, toutefois ce dernier se tient à l’endroit où il avait ordonné la construction de son immense palais impérial, la Domus aurea ou Maison dorée, redécouverte à la Renaissance.

 

3)    Les spectateurs ne votaient pas le sort des gladiateurs avec le pouce

Voilà encore une image que certaines productions cinématographiques ont contribué à ancrer dans la culture populaire. En réalité, même si les spectateurs pouvaient être amenés à se prononcer sur le devenir des combattants, ils étaient bien trop nombreux pour utiliser leur seul pouce ! Pour mieux comprendre, il suffit de visualiser l’échelle de l’amphithéâtre : trois arcades – en bas pour les patriciens, au milieu pour la classe moyenne et tout en haut pour la plèbe – pouvant accueillir jusqu’à 60 000 spectateurs. C’est pourquoi ils criaient « jugula », le bras placé au niveau de la gorge, pour demander la mort du gladiateur, ou bien « missum », la main levée, pour lui laisser la vie sauve. Depuis leur balcon, les empereurs avaient tendance à respecter la volonté de la foule, car ces spectacles gratuits constituaient un instrument de propagande majeure, comme le rappelle la formule « du pain et des jeux ».  

 

amphithéatre du colisée
À l’intérieur de l’amphithéâtre, un gradin reconstitué donne une idée de l’apparence initiale arcades en marbre. Le velarium était fixé au dernier anneau, tout en haut.


4)    Il y a 2000 ans, le Colisée était bien plus décoré qu’aujourd’hui

Plus grand amphithéâtre jamais construit sous l’Empire, le Colisée semble avoir exceptionnellement bien résisté à l’épreuve du temps. Pourtant, il n’a pas toujours exactement ressemblé au monument que l’on peut visiter aujourd’hui. À l’origine, l’entièreté de sa façade et deux premiers anneaux de gradins étaient recouverts de marbre travertin. Seulement, au début du XVIIe siècle, le pape Urbain VIII décida de le détacher pour qu’il soit réutilisé dans les églises de la capitale, la trajectoire urbanistique de l’époque consistant à détruire la Rome antique pour construire la Rome chrétienne. On peut encore voir dans la pierre de la façade des trous qui laissent deviner les attaches des pans de marbre. Le Colisée était aussi doté d’un velarium, une vaste toile de lin pouvant être tendue au-dessus des gradins pour protéger les spectateurs du soleil. Enfin, les arcs du premier et du deuxième étage, qui ont aujourd’hui des airs de fenêtres, abritaient chacun une statue païenne haute de cinq mètres.

 

5)    Le Colisée n’a pas été qu’un lieu de jeux

Après la chute de l’empire et l’abandon des spectacles impériaux, l’amphithéâtre flavien n’est pas resté figé dans le vide jusqu’à devenir un vestige incontournable de l’Antiquité. En effet, dès le Moyen-Âge, le peuple romain s’en empare et le transforme en véritable petit village habité. On y trouve alors des marchés, des échoppes d’artisans, des auberges pour se restaurer… Avec l’affirmation de la Rome chrétienne, le Colisée devient également en lieu de culte en hommage aux martyrs chrétiens qui ont perdu la vie dans les jeux impériaux jusqu’à l’avènement du premier empereur chrétien, Constantin, qui proclame la liberté de culte en 313. Dans une des arcades de l’amphithéâtre se trouve notamment l’église Santa Maria della Pietà al Colosseo, probablement construite au VIe ou VIIe.

Luz Escoubes

 

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Marie Astrid Roy

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