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De D’Artagnan à AOOA : un pour tous, tous pour Ariane Daguin !

D’Artagnan est l’un de ces héros qui ont peuplé l’imaginaire de notre enfance. Aux Etats-Unis, ce nom est désormais synonyme de gastronomie et de respect des produits, tout comme sa fondatrice : Ariane Daguin. Après 35 ans à la tête de ce groupe français, la Française originaire d’Auch a décidé de revenir à l’essentiel : une ferme en permaculture qu’elle co-gère avec sa fille Alix dans la campagne new-yorkaise. All for one, one for all, un nom comme étendard qui prend une toute autre saveur lorsqu’on se plonge dans la carrière de cette passionnée : « Avec cette ferme, j’ai retrouvé un contact direct avec les consommateurs ».

ariane daguin et sa fille Alix Daguin, à la tête de All for one, one for all (AOOA)ariane daguin et sa fille Alix Daguin, à la tête de All for one, one for all (AOOA)
ariane daguin et sa fille Alix Daguin, à la tête de All for one, one for all (AOOA)
Écrit par Damien Bouhours
Publié le 2 juin 2024, mis à jour le 13 juillet 2024

Elle voulait devenir journaliste en partant pour les Etats-Unis. Et pourtant, son rêve américain a pris la forme d’un retour aux sources. Ariane Daguin, fille du célèbre chef de l’Hôtel de France à Auch, André Daguin, avait quitté sa Gascogne natale en 1977 pour tenter sa chance à l’Université Columbia. Le coût des études et de la vie sur place l’oblige à faire de ses petits boulots d’appoint un emploi à temps plein. Elle travaille ainsi pendant plusieurs années aux Trois petits cochons, une charcuterie française de Greenwich Village. Mais la promotion tant attendue n’arrive pas et la jeune Française saute sur l’aventure des premiers foies gras made in USA. « Avant leur arrivée, je faisais mes foies gras illégalement dans ma cuisine ». Elle met à profit ses 15.000 dollars d’économies et s’associe alors avec un ami pour lancer D’Artagnan : « L’affaire a pris tout de suite, mais nous manquions de fonds de roulement. Alors la première année, nous mangions les échantillons », nous explique Ariane Daguin, 35 ans plus tard, à la terrasse de l’hôtel Mark. 

 

Ariane Daguin fondatrice de D'Artagnan

 

D’Artagnan, un succès et un gage de qualité

Pour faire connaître le foie gras mais aussi le canard et d’autres volailles de qualité, Ariane Daguin sait s’entourer. « Nous avons trouvé de bons producteurs. Plus nous sommes devenus importants, plus nous avons pu leur imposer notre cahier des charges », se rappelle-t-elle. Alors que certains éleveurs américains abusent de médicaments et d’hormones, les produits D’Artagnan sont de fait organiques et insistent sur le respect et le bien-être animal. Quant aux clients, ils sont vite trouvés : « Nous avons accompagné des générations de chefs français qui se développent aux Etats-Unis mais aussi la vague de chefs américains qui reviennent après une expérience en Europe. » Ces différentes collaborations avec des chefs comme Daniel Boulud, David Burke ou encore Patrick Clark, marquent le début du mouvement « Farm to table » outre-Atlantique. Ariane Daguin continuera au fil des années à être de toutes les batailles pour le bien manger aux Etats-Unis, ce qui lui vaudra d’ailleurs une louchée de récompenses dont un James Beard Award ou encore la légion d’honneur. 

Ariane concède que les adeptes de D’Artagnan représentent « une certaine élite » mais cette marque reste la référence pour des produits gourmands et de qualité, avec une réelle identité française. Ariane Daguin, elle, devient en quelques années la Française la plus gastronome des Etats-Unis. Avec ses amies Hélène Darroze, Caroline Rostang ou Christine Ferber, elle fait partie de ces femmes qui font découvrir aux Américains l’amour des beaux produits. 

Ariane Daguin reste fière de ses origines françaises, son franc accent en est peut-être l’une des preuves les plus évidentes. La Française n’hésite pas à donner un coup de main à ceux qui, comme elle, veulent tenter l’aventure américaine. Avec la Chambre de commerce franco-américaine, elle accompagne ainsi des start-ups françaises dans le domaine de l’agro-alimentaire qui souhaitent s’exporter aux Etats-Unis.

 

Ariane Daguin à All for one, one for all

 

AOOA  : Un pour tous, tous pour un

Après 35 ans à la tête de son entreprise, Ariane décide il y a un an et demi de tout revendre. Le Covid a été un réel élément déclencheur : « Avec la fermeture de tous les restaurants, la pandémie a été le moment le plus stressant de ma vie. Nous nous en sommes très bien sortis, notamment avec la vente en ligne, mais je ne voulais plus revivre cette situation. » Elle continue à venir de temps en temps dans les bureaux de l’entreprise ou sur le site du New Jersey mais son coeur et ses projets sont aujourd’hui ailleurs, dans une ferme située à Goshen dans l’Upstate New York : All for one, one for all (AOOA) une autre référence au héros gascon qui lui a porté chance. 

 

En duo avec sa fille Alix, Ariane est à la tête depuis 2021 de « sept hectares en permaculture ». Cette ferme de sylvopasture régénératrice lui permet de nouveau un retour aux sources et de défendre l’agriculture locale. « Tous nos produits sont réalisés avec au moins 85% des produits de la ferme », s’enthousiasme Ariane, qui a lancé une distillerie et s’amuse à tenter de nouveaux mélanges. La vente des produits de AOOA n’est possible qu’à la ferme, ce qui dynamise aussi les liens avec la communauté locale, très investie dans ce joli projet. « Avec cette ferme, j’ai retrouvé un contact direct avec les consommateurs, ce que je n’avais pas avec D’Artagnan », se réjouit Ariane. Le plus beau des compliments lui vient de ces interactions quotidiennes avec ceux qui viennent à la ferme lors de visites pédagogiques ou bien tout simplement pour tester des produits : « Les Américains sont étonnés de retrouver le vrai goût des aliments, même ceux les plus simples. Mon plus beau retour est quand on me dit : « je ne savais pas que les carottes pouvaient être aussi bonnes».»

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