Lundi 30 novembre 2020

5 groupes ou pages facebook de francophones des États-Unis à découvrir

Par Rachel Brunet | Publié le 01/07/2020 à 15:33 | Mis à jour le 01/07/2020 à 18:48
Francophones États-Unis

L’évolution des réseaux sociaux a tendu vers la construction de communautés virtuelles ; les groupes Facebook se sont imposés naturellement comme un outil idoine dans la création de nouveaux liens : ils sont devenus un nouveau lieu d’échanges et de partage. Un milliard de personnes appartiendraient déjà à un ou plusieurs groupes Facebook. Être expatrié, c’est automatiquement appartenir à un groupe social : celui de ceux qui, temporairement ou pour une durée indéterminée, ont quitté leur pays. Et force est de constater que sur Facebook, de nombreux groupes leurs sont dédiés. Des groupes où, virtuellement, ces expatriés se retrouvent, se rencontrent, tissent des liens et parfois des mésententes. Notre rédaction est partie à la rencontre de quelques groupes ou pages francophones à découvrir, sinon à ne pas rater. Des pages bienveillantes. Uniquement.

 

Francophones aux États-Unis

Image d’accueil du groupe « Les français Humanistes d’Amérique du Nord »

L’humaniste

« 29 mai 2020, 20h (EST) : c’est la date de naissance du groupe Facebook  « Les Français Humanistes d'Amérique du Nord ». Les circonstances de sa venue au monde sont, malheureusement, assimilées au décès de George Floyd, dans les conditions que l'on connaît » nous explique Chrystelle Kimoto, la fondatrice de ce groupe d’ouverture. Avec Anne-Cécile, Audrey, Aymeric, Lamia et Fadima, co-fondateurs et administrateurs, ils gèrent ce groupe qui compte, un mois après sa naissance, un peu plus de 200 membres.

Si ce groupe, qui s’adresse aux Français et francophones d’Amérique du Nord, est un lieu d’échange, il a surtout pour ambition de promouvoir la diversité. Et c’est ce qui unit ses membres. « Être Français(e) 'racisé(e)' en Amérique du Nord n'est pas forcément une expérience différente que de l'être en France, dès lors que l'on côtoie la communauté française issue de l'immigration » explique Chrystelle Kimoto.

Le meurtre de George Floyd a été un déclencheur, pour une large partie de la société américaine, d’une prise de conscience sinon d’une véritable répugnance à l’égard de ce racisme dit systèmique. Racisme qui ne touche pas que les Américains. « Être membre de certains groupes dans les réseaux sociaux, dont l'audience est la dite communauté, peut s'avérer être un exercice émotionnellement éreintant, pour peu que notre vision de la vie repose sur l'ouverture d'esprit, la diversité et l'inclusion. Bref, des valeurs simples de respect mutuel, mais surtout de reconnaissance des réalités des uns et des autres » précise la fondatrice du groupe. Et de rajouter « des publications, donnant aux minorités françaises l'opportunité de partager leurs inquiétudes quant au racisme systémique dans la société américaine, sont censurées, supprimées ( dans le groupe facebook « Les Français d’Amérique du Nord » - NDLR ) tandis que celles faisant preuve de machisme ou de racisme primaire ont la part belle. La plupart du temps, le réflexe consiste à ignorer l'offense. Après tout, que pouvons-nous dire qui changera les choses? Comme se plaisent à dire les Américains, 'It is what it is'Ce 29 mai, cependant, une publication de Fadima, déplorant cet état de fait, a eut un effet catalyseur. Les nombreuses réactions ont mis en évidence la nécessité d'un espace pour l'expression de griefs à l'égard d'un système qui se nourrit d'inégalités et d'iniquités ; et ce, que l'on soit, génétiquement et/ou culturellement, de descendance africaine, asiatique ou européenne ».

Quand au nom du groupe, la jeune femme nous explique « Pourquoi  Humanistes ? La définition la plus simpliste de l’humanisme est le fait de mettre l’Être humain, et les valeurs humaines, au-dessus de toutes les autres valeurs. En effet, il ne devrait pas être nécessaire que quelqu’un nous ressemble pour que nous nous intéressions, ou que nous accordions de l’importance à son expérience de vie. »

Concrètement, à propos de ce groupe « il s'agit donc de mettre à disposition un espace d'expression et d’entraide à tous les Français vivant dans les trois pays d'Amérique du Nord, mais surtout de promouvoir la diversité comme valeur essentielle. Ceci devrait nous donner l'opportunité de nous développer personnellement. »

Sur la continuité et l’essence de ce groupe, Chrystelle Kimtoo nous dit « notre projet en cours est de réunir toutes les ressources, partagées par les membres, sur un outil unique. L'étape suivante consistera à publier des témoignages vidéos des membres sur l'importance des valeurs humanistes, et comment cela se traduit dans leur quotidien. Comme l'a dit Frederick Douglass, 'If there is no struggle, there is no progress'. »

Un groupe basé sur l’ouverture d’esprit, la tolérance, le respect et le partage. Pour Chrystelle Kimoto « après tout, choisir de s'installer sur un autre continent est censé être une marque d'ouverture d'esprit. Il serait donc intéressant de pratiquer ce que nous prêchons. »

 

 

Francophones New York

Image d’accueil du groupe « By The Window : la petite fenêtre sur New York »

Le bienveillant

« By The Window : la petite fenêtre sur New York » est né au début du confinement. Ce n’est pas derrière une fenêtre sur cours, mais sur la 55e rue à l’angle de la 1ère Avenue qu’est né ce groupe. Initialement, c’est le projet photographique d’un Français de New York, confiné comme les plus de 8 millions d’habitants de la ville, en mars dernier. Regarder par la fenêtre, s’évader, photographier, partager en créant un groupe... Tel était le projet porté par Gwen Bazin. « Je voulais rassurer ma famille en partageant chaque jour une photo sur facebook » explique Gwen Bazin. Et cette photo était toujours prise sous le même angle : la vue depuis sa fenêtre mais à des heures différentes. Regarder passer le confinement. C’est vrai qu’à ce moment-là, New York était l’épicentre de la pandémie et les images retransmises par les télévisions françaises avaient de quoi inquiéter les familles des expatriés français de New York. Son projet séduit au-delà de son cercle familial et amical. Aujourd’hui, 100 jours après sa création, il compte plus de 900 joyeux et sympathiques membres. New York est au centre du groupe. Gwen Bazin continue de partager ses photographies et les autres membres font de même. Dans ce groupe de francophones, plusieurs points communs : un amour pour New York, pour les voyages, pour le dépaysement mais aussi beaucoup de convivialité, de respect et de bienveillance. Photographies, points de vue, blagues... « By The Window : la petite fenêtre sur New York » est comme une conversation entre amis. Détendue et sereine.

 

 

Francophones États-Unis

Image d’accueil du groupe « Les Frenchy Parents de New York et du New Jersey »

Le familial

« Les Frenchy Parents de New York et du New Jersey » c’est l’aventure de deux mamans francophones expatriées à New York, qui se sont rencontrées chez J.Crew dans le centre commercial de Westfield de Battery Park City » nous explique joyeusement Séverine Cohen, l’une des deux mamans qui se cachent derrière ce groupe, lequel compte plus de 4 000 membres.

Severine Cohen et Capucine de Marliave viennent d’univers professionnels très différents. La première a été directrice artistique dans la production de dessins animés pendant des années pendant que la seconde a travaillé comme consultante en Ressources Humaines mais aussi en tant que psychologue clinique. Mais toutes les deux sont mamans expatriées. De quoi créer du lien. « Une dynamique et une motivation commune nous ont réuni pour créer les Frenchy Moms qui par la suite est aussi devenu les Frenchy Parents » raconte Severine Cohen. Et oui, les papas voulaient aussi entrer dans le groupe.

Ce groupe Facebook est destiné aux familles francophones installées à New York ou dans le New Jersey. C’est une communauté dynamique et francophone d’entraide. On y trouve des conseils, des recommandations, des articles. On y cherche des nounous, des baby-sitters, des bons plans.

« Voyant le nombre croissant de membres et les mêmes thèmes revenir de façon constante, nous avons créé le site les Frenchy Moms » explique Séverine Cohen. Et de rajouter « le site propose différentes rubriques dédiées à toute la famille pour découvrir New York et ses activités. C’est une petite sélection d’adresses, d’idées et de produits en tous genres ». Les deux Françaises ont aussi créé, via leur site, une agence de relocation dédiée aux familles voulant s’installer à New York ou dans le New Jersey.

Séverine le confirme « dès que possible nous allons organiser des événements afin de tous nous rencontrer ». Dans la vraie vie.

 

 

Francophones Amérique du nord

Image d’accueil du groupe « Les Expats Français d’Amérique du Nord »

L’anarchiste sympathique

« Les Expats Français d’Amérique du Nord » a aussi été créé en réaction, sinon en rejet du groupe « Les Français d’Amérique du Nord ». « J'ai créé ce groupe un soir sur un coup de tête après avoir lu un énième commentaire d'une administratrice du groupe. Elle disait « ça suffit l'auto-promotion » à une pauvre fille qui tentait de promouvoir son disque. La même modératrice avait agit de la sorte, quelques jours avant, avec une  fille qui crée des déodorants naturels et qui remerciait les membres d'avoir visité son site internet. Le côté « petit chef qui jouit du pouvoir m’a énervée » explique Kay, la fondatrice du groupe qui compte déjà 1000 membres après tout juste quelques semaines d’existence.

La motivation de cette française : créer un groupe ouvert où les membres peuvent assurer leur promotion quelle qu’elle soit.  « J'avais envie de tenter l'expérience d'un groupe où les gens pouvaient dire : je vends ça, je fais ça... et où, au lieu de se sentir rejetés, ils trouveraient au moins quelques likes ou conseils de la part de leurs compatriotes. Parce que pour moi, l'entraide c'est aussi acheter les produits ou les services des membres d’un groupe dit d'entraide ».

Et de conclure « c'est forcément un groupe un peu anarchiste, puisque le principe est que je refuse de modérer. De temps en temps, les membres ne sont pas d’accord sur des posts politiques, mais je trouve que nous nous en sortons pas trop mal pour l'instant ».

 

 

En Marche New York

Image d’accueil de la page « En Marche New York »

La page politique ( et sociétale )

Si la page « En Marche New York » est politique, elle dépasse toutefois les clivages en invitant au débat. Pas n’importe lequel, un débat sociétal. Très régulièrement, En Marche New York, portée par Pascale Richard, tête de liste En Marche pour les prochaines élections consulaires et suppléante de Roland Lescure, député des Français d’Amérique du Nord, invite les Français de New York a un débat, en direct, sur Zoom.

« Le groupe En Marche New York et la Liste En Marche  New York avec Pascale Richard pour les  éléctions des Français de l'Etranger reportées en mai 2021 organisent régulièrement des zooms ouverts à tous pour garder le contact entre Francais de la cisconscription en ces temps difficiles et distendus, et pour débattre et s'informer sur les sujets d'actualité : des sujets pratiques comme les visas ou le retour en France à des questions plus philosophiques  comme être Noir aux États Unis ou doit-on toucher aux statues ? » explique Pascale Richard.

Une heure trente pour débattre, partager, donner son point de vue, écouter celui des autres, avec respect et bienveillance. Déboulonnage des statues, montée du racisme, déconfinement, immigration, vacances et crise sanitaire... Quasiment chaque semaine, un nouveau sujet est abordé et un expert, invité par Pascale Richard et son équipe, apporte son éclairage. En suivant cette page, le débat, le partage et la confrontation d’idées quittent la sphère Facebook, et donc virtuelle, pour se retrouver en direct sur Zoom. Un partage poli(tique).

 

 

Rachel Brunet

Rachel Brunet

Après être passée par la presse économique et la presse spécialisée, Rachel Brunet est la directrice et la rédactrice en chef de l’édition New York du Petit Journal.
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