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Léonard de Vinci, le génie de la Renaissance était végétarien

Par Jill Bordellay | Publié le 09/12/2021 à 20:44 | Mis à jour le 09/12/2021 à 21:01
Leonardo da vinci

Véritable génie visionnaire aux talents multiples, Léonard de Vinci était également un grand observateur de la nature et des animaux. Mais aussi végétarien à une époque où personne ne l’était…


“Po l’occhio !” en patois toscan, signifie “ouvre l'œil !". C’ est ce que dit son grand-père Antonio da Vinci à Léonard. Léonard de Vinci l’observateur de la nature et des animaux, ce génie visionnaire aux talents multiples était végétarien à une époque où personne ne l’était. Il aimait tellement les animaux qu’il ne voulait pas les manger. Dans son “Codex atlanticus”, où il note les maux de manger de la viande, de boire du lait ou même de récolter du miel d’un rayon : “J’ai rejeté la viande depuis très tôt dans mon enfance, et le temps viendra où les hommes, comme moi, regarderont le meurtre des animaux comme ils regardent maintenant le meurtre de leurs semblables.”
Léonard, prénom avec lequel il s’amusait à dire “le lion qui brûle” était-il antispéciste avant l’heure ?

De Florence à Milan, le cheval perdu de Léonard de Vinci

Dans la nuit du 15 avril 1452, Caterina, une jeune servante de la petite ville de Vinci, près de Florence, met au monde un garçon. Le père Ser Piero (messire Piero) est notaire, il se marie avec la fille d’un confrère florentin mais recueille l’enfant qui le prénomme Léonardo et donne à Caterina une dot. La mère de Léonard épousera de son côté un paysan surnommé Cattabriga (le batailleur), dont la ferme appartient aux Piero. Léonard grandit entre son père et sa belle-mère. Il passe une grande partie de son temps à courir la campagne et à capturer les animaux pour les observer minutieusement. Léonard qui dessine fort bien persuade son père de le laisser s’inscrire à la Corporation des peintres et d’entrer à l’atelier d’Andrea del Verrochio qui, durant huit ans va l’initier aux arts mécaniques, dessin, peinture, ciselure, coulage du bronze. Génial adolescent, Léonard peint sur commande l’un des anges du Baptême du Christ, puis La Vierge à l'œillet et L’annonciation.

En 1482 il part pour Milan, où il va rester dix-sept ans. Sur la ville règne Ludovic le More, devenu duc. Pour plaire à Ludovic, passionné de musique, Léonard lui offre un luth de son invention, bizarrement orné, en forme de crâne de cheval. Les deux hommes s’entretiennent surtout d’un projet auquel le duc tient beaucoup, qui doit immortaliser la gloire des Sforza : un gigantesque cheval en bronze, plus grand que celui de Troie et qui sera la merveille de Milan. Léonard se met au travail durant 15 ans sur ce projet, il est nécessaire de fondre pour cela 100 tonnes de bronze, mais la guerre va mettre un terme à ce projet qui ne verra pas le jour. Les arbalétriers français détruisent le prototype en argile du cheval.

Depuis, plusieurs tentatives de reconstitution du majestueux cheval ont eu lieu à différentes échelles. Mais personne ne saura véritablement à quoi aurait vraiment ressemblé l’imposante œuvre de Léonard si elle avait été achevée. On peut malgré tout admirer plusieurs répliques, parmi lesquelles un exemplaire de taille réduite de 2,5 m à Vinci, la ville natale de Léonard, ou encore une statue grandeur nature située devant l’Hippodrome de Milan.

 

cheval de bronze de léonard de vinci
Reproduction du Cheval de bronze de Léonard de Vinci

 

L’importance des animaux dans les œuvres picturales de Leonardo da Vinci

Le duc demanda à l’artiste de peindre la belle Cécilia Gallerani (1473-1536) dont il était épris. Ludovic souhaitait immortaliser son amour pour Cécilia en passant la commande à Léonard de ce qui est La dame à l’hermine (1490). L’hermine, prénommée Livia, est un animal de compagnie sur les genoux de la jeune femme. Représentée en position allongée, avec des oreilles ourlées d’un liseré blanc et un museau effilé, Livia avait été offerte par Ludovic qui chassait dans les hauteurs à plus de 1.000 mètres dans les massifs français. Les critiques d’art soulignent que l’hermine symbolise le duc lui-même dans les mains de sa maîtresse.

Un autre animal représenté dans son œuvre picturale est l’agneau dans le tableau : Sainte Anne, la Vierge, l’Enfant Jésus sans doute exécuté après 1499 et que Léonard n’a jamais vraiment terminé. Le tableau met en scène certains personnages du christianisme. Il s’agit de Marie assise sur les genoux de sa mère Anne, et tendant les bras vers son fils Jésus qui, à ses pieds, chevauche un agneau.


 Léonard végétarien et non vegan

“Ne fais pas de ton ventre un cimetière” dit Léonard à une époque où il pouvait passer pour extravagant parce que tout le monde mangeait de la viande. Il se sentait si proche des animaux qu’il ne pouvait les consommer. Il se régalait de fruits, de légumes, de céréales, de champignons, de pâtes avec une prédilection pour le minestrone. Mais Léonard n’était pas végétalien car il mangeait du fromage, des œufs, ou encore du miel. S’il aimait les animaux, ses pinceaux étaient fabriqués à partir de poils de zibeline ou de porc. Il a également dessiné sur du vélin, soit la peau des veaux, des chevreaux et d’agneaux. Le sépia, un pigment brun rougeâtre profond, provient du sac d’encre de la seiche. Et la simple peinture tempera est faite avec des œufs.


La personnalité originale du génie

On raconte que Léonard de Vinci se promenait bien souvent sur les marchés et qu’il achetait des oiseaux en cage pour le seul plaisir de leur ouvrir la porte et les voir s’envoler.
On l’a décrit comme un grand homme mesurant plus d’1m90, élancé, élégant, raffiné, avec des boucles blondes, un regard vert plutôt mélancolique, une tunique courte de drap noir gansée de velours sur laquelle il jetait son beau manteau rouge.

Il s’est initié au latin à 40 ans, mais il est le génie des génies, peintre, architecte, sculpteur, ingénieur, botaniste, géologue, mathématicien, metteur en scène, musicien, danseur. Et sage de la Renaissance.

 

Jill Bordellay

Jill Bordellay

Critique d’art pour des revues d’art à Paris, docteur en philosophie et collaboratrice à l’encyclopédie Universalis, elle aussi écrit des essais et des nouvelles sur l’art et la relation entre les humains et les animaux.
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Marie Astrid Roy

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