

Grande première dans le transport ferroviaire italien : le premier TGV privé d'Italie, appartenant à la société NTV, roule depuis peu sur le trajet Milan-Naples. C'est le début d'un véritable duel à grande vitesse entre NTV et trenitalia, David et Goliath des temps modernes
(photo NTV)
Depuis le 28 avril, plus rien ne sera comme avant en Italie dans le domaine du transport de passagers. Cette date marque en effet un tournant décisif dans l'histoire des chemins de fer italiens : c'est le jour de la mise en service du train à grande vitesse de la compagnie NTV (Nuovo Trasporto Viaggiatori), premier opérateur privé italien dans le domaine du transport de passagers, fondée par un petit noyau d'industriels d'envergure : Luca Cordero de Montezemolo (président de Ferrari), Diego Della Valle (Tod's) et Gianni Punzo (un entrepreneur napolitain aux multiples facettes). Les passagers peuvent désormais choisir d'effectuer le voyage Milan-Naples en empruntant un train Alstom de nouvelle génération, l'AGV. Un nom qui signifie tout simplement "automotrice à grande vitesse", trop prosaïque au pays de Dante? Voilà donc notre AGV rebaptisé Italo (une manière élégante de souligner l'appartenance nationale d'une société dont la SNCF possède 20% des parts ?). Sans surprise, c'est la couleur rouge qui a été choisie pour ce nouveau train : elle symbolise le luxe dans un pays où il existe une nuance de rouge bien particulière, le rouge Ferrari? Son concurrent direct est le TGV de Trenitalia, appelé Frecciarossa (la flèche rouge). Aucun détail n'étant laissé au hasard, le design des wagons est signé Italdesign ? Giugiaro.
Le wagon-cinéma pour les voyages au long cours... (photo NTV)
Confort et technologie
Italo propose trois classes : l'espace Club, divisé en petits salons privés, où règne le calme ; la Prima, l'équivalent de la classe Business (à noter l'absence de wagon-restaurant, car la restauration rigoureusement signée Eataly est proposée sur place à chaque voyageur, comme dans les avions ; et la classe Smart, économique. Partout, le wi-fi est gratuit. NTV mise donc sur le confort et la technologie. Le prix du billet Milan-Rome va de 45 à 130 euros en fonction de la classe choisie et de la flexibilité désirée (billets remboursables ou non, changement possible de date ou d'horaire).
Pour le moment seule une ligne est desservie, mais dès janvier 2013 NTV devrait assurer le transport des voyageurs le long de trois axes principaux reliant Turin à Salerne, Venise à Rome et Rome à Bari, en passant par Naples, Florence, Bologne, Milan et Padoue. L'objectif avoué par Luca Cordero di Montezemolo est d'arriver à 20-25% du marché d'ici 2014. Un pari difficile en période de crise, mais la concurrence devrait permettre une amélioration du service et une baisse des prix également en ce qui concerne le transport aérien?
Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) lundi 18 juin 2012









































