La SNCF a eu gain de cause en remportant vendredi 6 mars un recours contre l’opérateur italien Rete Ferroviaria Italiana. La compagnie française pourra lancer ses trains à grande vitesse en Italie dès septembre 2027. L’autorité italienne de la concurrence oblige RFI à proposer 18 sillons quotidiens sur les lignes Turin-Venise et Turin-Rome.


La voie se libère pour les TGV SNCF en Italie. La compagnie ferroviaire française va pouvoir se lancer sur le marché italien des trains à grande vitesse après avoir gagné vendredi 6 mars un recours juridique contre l’opérateur local. Rete Ferroviaria Italiana (RFI) va devoir proposer au moins 18 sillons quotidiens à SNCF Voyageurs sur les lignes Turin-Venise et Turin-Rome, a indiqué l’autorité italienne de la concurrence (AGCM) dans un communiqué.
SNCF Voyageurs s’est félicité de cette décision qui va lui permettre de lancer « une nouvelle offre pour la grande vitesse dans le pays » à partir de septembre 2027, a indiqué la société dans un communiqué. Ces créneaux de circulation sur le réseau, avec des horaires encore à préciser, seront disponibles pendant dix ans, un temps nécessaire à la stabilisation de son offre, selon l’AGCM.
Avec ce projet, la filiale SNCF Voyages Italia mettra en service 15 trains à grande vitesse de nouvelle génération sur le marché italien, sur les deux axes majeurs de la Botte.
À deux étages, ces nouveaux trains pourront accueillir un plus grand nombre de voyageurs dans un confort optimal, à des prix compétitifs et offrant une expérience de voyage durable. En présentant sa stratégie en 2024, SNCF Voyageurs avait indiqué qu’elle espérait conquérir 15 % des parts du marché italien de la grande vitesse d’ici une décennie et transporter dix millions de passagers par an entre Turin, Milan, Rome, Naples et Venise.
Avec l’ouverture prochaine de ces lignes, la compagnie française viendra concurrencer Trenitalia et Italo (détenue à 50 % par l’armateur MSC), présent sur ce marché depuis 2012.
La SNCF opère déjà en Italie depuis près de 15 ans avec sa filiale SNCF Voyages Italie (SVI) sur la liaison Paris-Turin-Milan avec trois allers-retours par jour. Un service qui sert entre 700.000 et 800.000 voyageurs par an. Trenitalia, de son côté, est en concurrence avec la SNCF en France depuis quatre ans, avec des trajets depuis Paris vers Lyon, Marseille et Milan.
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Un projet retardé pour blocage
La SNCF prévoyait initialement d’étendre son offre locale en 2026. Mais le projet a été retardé. La compagnie a en effet accusé RFI de chercher à bloquer son arrivée en faveur de sa société nationale Trenitalia, en bloquant l’attribution de sillons.
Si RFI n’a pas été reconnu coupable d’une infraction d’« abus de position dominante », la mesure annoncée vendredi vise toutefois « à rendre l’entrée du nouvel opérateur sur le marché efficace et durable », a souligné l’autorité italienne de la concurrence.
Une décision jugée insuffisante
La décision de l'AGCM, bien qu'elle constitue un progrès, est jugée insuffisante par SNCF Voyages Italia pour lui permettre la mise en œuvre de l'intégralité du plan, qui prévoit un total de 13 liaisons aller-retour quotidiennes (neuf de Turin à Naples et quatre de Turin à Venise). « Sans ce niveau d'activité minimal, l'entreprise ne dispose pas des conditions nécessaires pour justifier l'investissement et maintenir son exploitation », indique SVI.
Et d’ajouter : « Il sera donc essentiel pour l'opérateur d'assurer la mise en œuvre rapide des engagements supplémentaires, en suivant l'évolution des critères d'attribution des capacités, afin de garantir à SNCF Voyages Italia l'accès aux créneaux horaires supplémentaires demandés à court terme. »
Par ailleurs, l'introduction de la nouvelle offre de SNCF Voyages Italia en Italie dépend encore d’une autre condition essentielle, à savoir la garantie d'un accès aux installations de maintenance et l'obtention de l'homologation des trains.
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